Prise en charge des seniors : planifions les besoins et augmentons les moyens !

Le débat sur le bilan est important puisque l’on va être amené à devoir travailler le prochain bilan. Avant de se projeter dans l’avenir, il est important d’analyser ce que l’on souhaitait faire et ce que nous avons fait. Déjà, merci pour la démarche. J’aurais tellement aimé que l’on ait la même démarche sur le P.L.U. Hélas, nous ne l’avons pas eue.

Néanmoins, sur le rapport, je trouve que le bilan est très riche, parce que dans la description de tout ce qui a pu se faire et de toutes les innovations qui ont pu être portées par la Ville, ou soutenues et financées par la Ville et portées par des associations, cela permet de montrer à quel point on a pu travailler sur énormément d’aspects importants quand on souhaite garantir une vie heureuse pour nos aînés. Je ne reviendrai donc pas sur tous les éléments de comment lutter contre l’isolement, les actions culturelles ou les actions pour construire de l’intergénérationnel, du lien, de la vie et vivre avec tous les âges de la vie. Cela me semble extrêmement riche et important. Bravo pour toutes celles et ceux qui ont pu y contribuer. Quand on intervient sur un bilan qui est extrêmement riche, c’est toujours frustrant, à un moment donné, de ne donner son propos que sur certains aspects que je souhaite plus critiquer. Mais je souhaitais pondérer mon propos en valorisant le travail qui a été réalisé.

Ce qui me manque plus dans le bilan, c’est, finalement, qu’un bilan doit permettre de confronter les objectifs et les résultats. On n’a pas toujours, sur l’ensemble des dimensions, quelles étaient les analyses et les projections lorsqu’a été élaboré ce projet. On estimait et on évaluait à combien de personnes en perte d’autonomie qui allaient avoir besoin, soit d’aide à domicile, soit d’une place dans un établissement de type EHPAD ou autre, et finalement, on a pu satisfaire quel pourcentage de la demande ? Je n’ai pas ces éléments chiffrés. Autant, on les a sur la petite enfance, par exemple. On a les projections et on peut avoir les réponses de combien de familles par arrondissement ont pu voir leur demande satisfaite ou pas. Autant, sur les personnes âgées, il nous manque ces éléments. Ou alors je n’ai pas suffisamment bossé le rapport.

Je pense que l’on a besoin d’avoir accès à ces éléments lorsque l’on va arriver dans l’étape de travailler sur le plan à venir pour bien confronter les objectifs que l’on se fixera, puisque l’on sait que l’on a du retard. On a du retard en termes d’offres pour être à la hauteur du besoin qui est croissant de rester chez soi, même quand on est en situation de perte d’autonomie. Néanmoins, on a aussi du retard en termes de places en EHPAD, parce qu’il y a des situations où, rester chez soi, n’est plus forcément une bonne solution adaptée.

Je souhaiterais aussi avoir plus d’éléments concernant les aides à domicile. Je ne sais pas si vous avez, chers collègues, vu l’excellent film “Debout les femmes !” de François RUFFIN. Ce film décrit bien la grande précarité de l’ensemble des métiers du lien. Dans ces métiers du lien, il y a notamment celui d’aide à domicile, où la prise en charge des aides à domicile et de leur travail ne tient jamais compte du temps de déplacement, et conduit à des journées totalement hachurées, avec une situation de précarité absolue, et des toutes petites feuilles de paie à l’arrivée qui ne couvrent même pas un Smic. Il est donc important que nous travaillions à cela.

Où en sommes-nous par rapport à cela, puisque nous avons notre propre service de la Ville concernant les aides à domicile ? Comment réglons-nous cette difficulté pour que les femmes qui travaillent puissent avoir un vrai contrat de travail avec un Smic ? Quel travail avons-nous avec les associations ou les entreprises privées d’aides à domicile ? On sait que “l’ubérisation” tend à se développer. Comment peut-on lutter contre le développement de “l’ubérisation” dans ce secteur ? Est-il possible de conditionner les participations financières de la Ville au fait que les aides à domicile soient bien traitées par leurs employeurs ? Excusez-moi de jeter un peu en vrac mes questions. Comment peut-on sortir de ces schémas de grande précarité ? Certains départements ont pu. Dans le film, on parle notamment de l’expérience à Dieppe. A-t-on pu se rapprocher de cette expérience et de son président, M. JUMEL, pour voir comment être aussi exemplaire dans la lutte contre la précarité ?

Mme Danielle SIMONNET.- J’ai déjà terminé. Bien.

Dernière petite chose : attention sur la gratuité des transports. Le rapport raconte quand même un peu n’importe quoi. Enfin, il oublie de dire que s’il y a eu la gratuité depuis 2018, sous critères sociaux, c’est parce que l’on avait supprimé la gratuité deux ans auparavant. L’honnêteté, dans un rapport, c’est toujours mieux.

Je vous remercie.

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