Logement d’abord : commençons par faire du logement abordable pour les personnes en grande précarité

Le “Logement d’abord”, cette démarche est essentielle. Je souhaiterais saluer la “Fondation Abbé-Pierre”, qui, chaque année, lors de son rapport annuel sur le mal-logement, tente de convaincre l’ensemble des collectivités et les pouvoirs publics sur l’impératif de garantir le droit au logement, et donc, de partir d’une approche “Logement d’abord”, et pas de condamner tout un tas d’hommes, de femmes et de familles à être ballottés de SAAD en SAAD, d’hôtel en hôtel, du dispositif d’hébergement d’urgence à d’autres dispositifs, mais qu’enfin, on garantisse vraiment l’effectivité du “Logement d’abord”.

Dans cette délibération, la Ville de Paris réaffirme s’engager dans la démarche du “Logement d’abord” pour faciliter la sortie de l’hébergement d’urgence et faciliter, pour les personnes sans domicile fixe, l’accès direct à un logement à un prix accessible à leurs revenus, notamment en répondant à l’appel à manifestation d’intérêt – A.M.I. – pour une mise en œuvre accélérée du “Logement d’abord”, lancé par la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement, la DIHAL.

Dans les faits, qu’en est-il ? Sachez que, dans les faits, parce que les chiffres nous en disent beaucoup, environ 8.000 personnes sont actuellement en centre d’hébergement d’urgence à Paris, alors qu’elles ont une demande de logement social active et n’attendent qu’une proposition de logement pour libérer leur place. 8.000 personnes à Paris sont dans l’hébergement d’urgence, alors qu’elles devraient être en logement social. Certes, la compétence en matière d’hébergement relève de l’Etat, mais la compétence en matière de logement social relève de la Ville. Nous avons donc une terrible responsabilité quand on voit que 8.000 personnes n’ont rien à faire dans les centres d’hébergement et devraient être en logement social. Est-ce que cette délibération va répondre à la hauteur de ces 8.000 personnes ? Hélas, non, absolument pas. On en est très loin.

On propose, dans cette délibération, pour mobiliser et développer l’offre de logements, 75 nouveaux logements loués solidaires supplémentaires, une extension de 10 places du dispositif famille migrant sur le modèle ( ?), le financement d’une pension de famille par arrondissement d’ici 2026, et que la Ville de Paris maintienne ses efforts pour atteindre 25 % de logements sociaux en 2025. Autant dire que cette délibération ne répond pas au problème posé, mais alors pas du tout. On est finalement sur plusieurs dizaines de propositions de “Logement d’abord” face à des effectifs qui n’ont strictement rien à voir.

Par ailleurs, sur la politique de logement social, quand je ne cesse de vous dire, de Conseil en Conseil, quand 90 % des demandeurs de logements sociaux sont éligibles aux catégories de logements sociaux P.L.A.I., P.L.U.S., qu’il est injuste et discriminatoire de faire 30 % de logements sociaux pour les P.L.S., c’est une discrimination à l’encontre des plus pauvres. Voilà le résultat. On a, à l’arrivée, 8.000 personnes en centre d’hébergement, parce que l’on n’a pas assez de logements P.L.A.I., P.L.U.S. adaptés aux revenus et en nombre suffisant par rapport aux demandeurs de logements sociaux, qui se retrouvent en situation de détresse et à relever des différents SAAD de l’hébergement.

Vraiment, je vais voter cette délibération, mais, chers collègues, réalisez quand même que les budgets primitifs, de budget en budget, n’ont cessé de montrer une réduction des moyens sur le dispositif “Louez solidaire”. Il y a une difficulté dans la lecture des budgets, parce que les budgets mettaient ensemble “Multiloc’” et “Louez solidaire”. L’Exécutif me répondra sur ce qu’il en est. “Multiloc” et “Louez solidaire” ont toujours été mis ensemble. On a baissé ce budget d’environ 100.000 euros, pour atteindre la somme dérisoire de 0,30 million d’euros au total. Cette baisse est constante, puisque l’on avait 0,70 million d’euros au budget primitif 2018, 0,50 million d’euros au budget primitif 2019, 0,40 million d’euros au budget primitif 2020.

J’avais pourtant fait des amendements à chaque budget et, sans surprise, à chaque budget, mes amendements ont été rejetés. C’est bien d’avoir des intentions et des déclarations d’intentions sur le “Logement d’abord”, mais quand elles ne sont pas accompagnées de moyens à la hauteur, on court à l’échec, une fois de plus, et ce sont des drames humains à l’arrivée.

Je voterai quand même la délibération, parce que mieux vaut ces 75 nouveaux logements “Louez solidaire” supplémentaires que pas 75 logements “Louez solidaire” supplémentaires. Mais je trouve que l’on n’est pas à la hauteur. Mon vœu propose donc à la Ville de s’engager conformément à ses prises de position en faveur du “Logement d’abord”, à créer sans tarder les 8.000 logements sociaux P.L.A.I. ou P.L.U.S. supplémentaires qui correspondent à cette demande, et que la Mairie de Paris développe de manière bien plus conséquente le dispositif “Louez solidaire” comme alternative à l’hébergement d’urgence hôtelier.

Je vous remercie.

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