Soutenir clairement l’éducation populaire !

Je suis intervenue pour représenter Jean-Luc Mélenchon aux rencontres organisées par le CNAJEP et la ville de Poitiers. Cet article pour réaffirmer le rôle central pour l’Union populaire et son programme l’Avenir en commun de l’éducation populaire. 

Alors que Macron a financé des cabinets de conseil privés pro de l’évasion fiscale comme Mc Kinsey pour plus d’1 milliard d’€, pour in fine décider par exemple de faire les poches des locataires de 5€ sur leurs APL, imaginez si 1 milliard d’euros avait bénéficié aux mouvements associatifs de l’éducation populaire ! Nous pouvons bâtir une société de l’entraide, qui repense totalement ses modes de vie face aux urgences climatiques, nous avons besoins non pas de plus de biens mais de plus de liens ! 

C’est bien un enjeu central de l’élection présidentielle. Et par nos bulletins de vote, nous pouvons la construire, en éliminant Le Pen au premier tour et en battant Macron au 2nd avec le bulletin de vote Jean Luc Mélenchon et le programme de l’union populaire, l’Avenir en Commun ! 

Pour nous, l’éducation populaire, ce n’est pas l’éducation du peuple mais bien la co-éducation du peuple par le peuple. Et l’éducation populaire, en tant que secteur d’intervention de professionnel·les comme de bénévoles ou de militant·es et en tant que posture et démarche, ne sauraient être neutre. L’éducation populaire vise un objectif politique : l’émancipation, c’est-à-dire l’abolition de tous les rapports de domination. 

Elle procède d’une méthode, celle qui vise à créer de l’implication citoyenne en créant des cadres collectifs pour co-comprendre le monde dans le but de le transformer socialement, culturellement, et radicalement, c’est-à-dire avec l’objectif de remettre en cause la racine même des rapports de domination.

Elle part d’un changement de posture : elle ne procède pas d’une posture descendante mais horizontale. En mettant en commun nos histoires singulières, et le savoir chaud construit, acquis, se construit et s’acquiert entre citoyen·nes un savoir collectif et un pouvoir d’agir collectif. 

Nos pratiques militantes dans cette campagne sont directement inspirées de l’éducation populaire.  

Notre Parlement de l’union populaire vise à fédérer toutes celles et ceux qui luttent. Tout le programme l’Avenir en Commun a été co-écrit en s’appuyant sur nombre d’auditions de collectifs, de syndicats, d’associations, intégrant des contributions de citoyens comme de chercheurs. Le mode d’organisation de la campagne, via l’application Action Populaire, encourage l’auto-organisation militante de façon horizontale. Nos formations aux portes à portes se sont inspirées tant des démarches d’enquêtes conscientisantes que de la méthode de l’entraînement mental : partir de ce qui préoccupe chaque citoyen et citoyenne, pour engager un échange d’égalité et s’apprendre mutuellement. La France Insoumise est d’ailleurs le seul mouvement politique a s’être lancé dans l’aventure des conférences gesticulées, en co-animant des stages “monte ta conf’”. 

Le projet politique de l’union populaire et de son programme l’Avenir en commun défendu par la candidature de Jean-Luc Mélenchon s’inscrit dans une stratégie de révolution citoyenne et s’adosse donc naturellement sur un fort soutien et besoin du mouvement et des démarches d’éducation populaire. 

Jean-Luc Mélenchon élu Président, convoquera une assemblée constituante pour permettre aux citoyen·nes de réécrire la constitution, passer à la 6e République et envisager l’ensemble des contre pouvoirs citoyens à instaurer. Que ce soit pendant l’élection de l’assemblée constituante ou pendant le déroulement de ses travaux, c’est la société dans son ensemble qui devra débattre pour redéfinir les règles du jeu. Le rôle de toutes les structures d’éducation populaire sera déterminant dans l’animation des débats partout en France et avec toutes et tous. 

L’instauration et l’usage d’un RIC (Référendum d’initiative citoyenne) pour révoquer un·e élu·e, abroger ou porter une loi déclenchera un processus d’éducation populaire qui s’enrichira de l’implication de celles et ceux qui maîtrisent les démarches d’éducation populaire. 

Nous ambitionnons d’instaurer dans le pilotage de tous services publics des comités d’usagers et de syndicalistes : il faut re-créer du collectif à tous les niveaux. 

La bifurcation écologique que nous souhaitons enclencher, par la planification écologique et la gouvernance par les besoins exige tout azimut de l’implication citoyenne. Elle nécessite de remettre en cause culturellement nos modes de vie et de développement et d’engager un rapport de force contre le système capitaliste productiviste et celles et ceux qui défendent leurs intérêts privés. 

Le meilleur moyen de soutenir l’hôpital public mis à terre par Macron après toutes les attaques subies par les gouvernements précédents exigera de procéder par le recensement des besoins, département par département, dans chaque hôpital et dans chaque service : c’est à partir de ces recensements que les budgets devront suivre, en rupture totale avec les logiques de marchandisation et d’austérité qui ont prévalu jusqu’ici. Il devra en être de même dans tous les domaines. 

Nous aspirons à développer une société de l’entraide et de la coopération contre la société de la concurrence, de la marchandisation et de la paupérisation imposés par les tenants du modèle néolibéral et la société de la division, de la xénophobie et de la haine qu’elle engendre in fine. Nous faisons nôtre ce slogan “Pas sans nous”, lancé par les mouvements associatifs des quartiers populaires : aucune politique ne doit être décidée d’en haut, sans l’implication des premiers concernés dans une co-décision. C’est bien toute l‘action politique qui doit être redéfinie, de l’expertise de départ, aux conditions de la délibérations collectives, jusqu’aux modalités des prises de décisions. 

L’éducation populaire doit donc se penser de manière transversale et ne saurait être, comme c’est trop souvent le cas, cantonnée au secteur “jeunesse et sport et éducation populaire.”

Un programme pour libérer et sécuriser le temps libre pour s’impliquer

Pour permettre cette société mobilisée à tous les niveaux, il est nécessaire de libérer et de sécuriser du temps libre. Relancer le fil de l’histoire du mouvement ouvrier pour la réduction du temps de travail, dans la semaine, l’année et la vie est fondamental. Nous défendons la réduction du temps de travail, dans la semaine pour les 35h et vers les 32h, pour l’instauration d’une 6e semaine de congés payés, et la retraite à 60 ans. 

Il nous faut de manière déterminée éradiquer la pauvreté et déprécariser la société. Nous instaurons la garantie dignité (avec systématicité dans l’accès aux droits contre le non recours). Le SMIC sera réévalué à 1400€ et le point d’indice sera dégelé avec rattrapage des salaires dans les 3 fonctions publiques et titularisation de tous les précaires. L’instauration d’une allocation d’autonomie pour tous les lycées professionnels et étudiants au foyer fiscal indépendant de leurs parents d’un montant de 1063€ par mois permettra que les jeunes ne soient plus contraints de cumuler des petits boulots précaires pour financer leurs études. Nous augmenterons également les indemnités de stage en négociant avec les branches patronales les postes ouverts à stages, pour en finir avec la pratique des CDD déguisés. Nous étendrons le droit de réunion et d’association pour les lycéennes et lycéens afin d’encourager l’implication collective et l’engagement dès le Lycée. 

Soutenir les libertés associatives et l’éducation populaire

Le CNAJEP défend une proposition qui nous semble intéressante, celle d’une loi d’orientation et de programmation pour l’éducation populaire concrétisée par 1% du budget de l’État. Cela doit permettre de redéployer l’éducation populaire partout, en privilégiant à la fois les zones rurales désertées de structures collectives et les quartiers populaires. 

Pour redonner du pouvoir et des moyens aux associations citoyennes et aux acteurs de l’éducation populaire, il est impératif de rompre avec les politiques d’austérité.

Il faut mettre fin aux appels à projets. Ces stratégies de mise en concurrence des associations entre elles (et de plus en plus avec d’autres structures cette fois-ci lucratives) constituent une remise en cause du principe même de la loi de 1901, celle de la liberté associative, du respect de ses propres projets. Le mouvement association doit cesser d’être le supplétif du secteur public. Nous souhaitons instaurer et généraliser le financement triennal des associations, non pas sur la base de projets précis bien souvent dictés par les collectivités ou l’Etat, mais plutôt sur la base du respect du projet global de chaque association, sur le modèle des financements des centres sociaux avec la CAF.

Nous sommes clairement pour l’abrogation du Contrat d’engagement républicain. La suspicion du mouvement associatif, l’institutionnalisation de la défiance, ça suffit. Le gouvernement n’a eu de cesse de reprendre les mots mêmes de l’extrême-droite en réutilisant le terme d’islamogauchisme tout en laissant se banaliser le racisme et la stigmatisation des personnes de confession musulmane réelle ou supposée. 

Le soutien aux acteurs de l’éducation populaire et du mouvement associatif exige de lutter contre la précarité des travailleurs associatifs, de re constituer dans les conventions collectives, les conditions d’une revalorisation des qualifications, des formations et des rémunérations, pour des parcours de carrière possibles. 

Nous devons par ailleurs bien avoir conscience que nombre d’associations, de collectifs, sont engagées dans des démarches d’éducation populaire sans être ainsi “labellisées”. Il nous importe de les valoriser et de contribuer à l’auto-organisation dans bien des domaines en favorisant le développement de coopératives, des structures réellement de l’économie sociale et solidaire, associations et collectifs. 

C’est également dans nombre de domaines et d’administrations qu’il faut transmettre la culture de l’éducation populaire. Nous souhaitons que l’Etat n’ait plus recours aux cabinets de conseil privés comme Mc Kinsey. C’est plus d’1 milliard d’€ que les ministères leur ont accordé pour in fine décider par exemple de faire les poches des locataires de 5€ sur leurs APL ! Et ces cabinets in fine ne payent pas d’impôts pour la plupart ! 

Il est un domaine qui nécessite aussi tout particulièrement de l’approche éducation populaire, c’est celui de la culture. Nous souhaitons soutenir la création par toutes et tous et l’appropriation par toutes et tous des œuvres et des pratiques culturelles. Cette appropriation sociale de la culture vise à rompre avec une conception de la culture “privilège de distinction sociale”. Nous nous engageons à encourager les pratiques culturelles amateurs, la valorisation de tous les langages artistiques et culturelles et à favoriser les échanges et rencontres sur la réception des œuvres. La bataille pour les droits culturels passe non seulement par l’École, en réintroduisant par exemple le développement des classes à projets culturels dans les lycées professionnels, en redonnant les moyens et en recréant des structures culturelles dans les quartiers populaires comme dans les zones rurales délaissées. 

La bataille pour la démarchandisation de la formation continue pour adultes, et le développement des universités populaires font également partie des ambitions que nous portons. 

Valoriser les engagements 

Nous sommes favorable à une conscription citoyenne de neuf mois, pour les femmes et les hommes de moins de 25 ans, rémunérée au SMIC,; qui comprend des tâches d’utilité publique d’appui à des associations labellisées d’intérêt général avec une formation gratuite à la conduite et le passage du permis de conduire à chaque jeune. Cette conscription citoyenne sera bien plus utile aux jeunes et au mouvement associatif que l’actuel SNU de Macron. 

Nous souhaitons créer 300 000 emplois spécifiques jeunes plutôt que les services civiques actuels. Ils seront d’une durée de cinq ans, dans le secteur non marchand et public, contribueront à éliminer le chômage des jeunes (qui est de trois fois supérieur à celui de leurs aînés à diplôme égal), rémunérés au moins au SMIC, dédiés à des tâches d’utilité publique. 

Nous souhaitons la sanctuarisation du service public de la jeunesse et des sports. Nous faisons nôtres les revendications de l’assemblée générale jeunesse et sports :il manque des milliers de personnels indispensables, des personnels administratifs aux professeurs d’éducation sportive. Nous entendons également soutenir les MJC, qui sont près de 2000 dans notre pays et subissent des  

difficultés financières du fait de l’indifférence des gouvernements successifs. 

Pour le droit aux vacances 

Nous sommes en total désaccord avec le concept même de “vacances apprenantes” inventé par la macronie au sortir du 1er confinement, qui laisse entendre que des générations et des générations n’auraient rien appris dans les colonies de vacances jusqu’à ce jour. Il faut au contraire permettre par une tarification sociale à tous les jeunes de pouvoir partir en vacances et vivre ces expériences uniques en collectivité grâce au savoir faire des colonies de vacances issues du mouvement de l’éducation populaire. Nous entendons également encourager les vacances familiales et permettre notamment au mères isolées, aux femmes battues de pouvoir se reconstruire dans des séjours sécurisés. 

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