Coup de gueule : les bailleurs doivent remplir leurs obligations d’assurer un logement digne !

Mon vœu à ce lien :

  • Vœu relatif à des permanences de défense des droits des locataires
  • Mes chers collègues, il est bien évidemment essentiel de contribuer à la rénovation énergétique des bâtiments, des immeubles, des logements sociaux. C’est un impératif quand on voit toutes les passoires énergétiques que l’on peut avoir dans le monde des logements sociaux.

    Mais là, je voudrais faire un coup de gueule : vous êtes majoritaires à la Ville de Paris depuis 2001 et vous êtes majoritaires dans les bailleurs sociaux. Qu’avez-vous fait en 20 ans ? L’entretien des logements sociaux est une catastrophe. C’est une catastrophe !

    Franchement, je peux vous donner des tonnes d’exemples !

    Pas plus tard qu’hier, rue Tlemcen, un bâtiment de Paris Habitat : cela fuit de partout ! Qu’est-ce qui se passe ? Il pleut de l’eau à la fois dans le hall, dans le parking, dans les appartements. Il suffit de faire un “tweet” et, là, Paris Habitat se réveille. Cela fait cinq ans que les locataires se plaignent auprès de Paris Habitat de ne même pas avoir de chauffage l’hiver ! L’hiver dernier, il a commencé en février ! La réponse de Paris Habitat est de dire : “Il y a eu un problème de dégât des eaux parce qu’un locataire a fait une fausse manipulation sur le radiateur.” Or qu’ont entendu les locataires présents sur place de la part du directeur territorial ? Qu’il y avait un problème avec la chaudière centrale. Dans l’appartement, le plombier disait qu’il y avait manifestement un problème de maintenance du radiateur. A chaque fois, on essaie de faire porter la responsabilité sur le locataire !

    Prenez la rue Frédérick-Lemaître : là, ce sont toutes les eaux usées, y compris les toilettes, qui ont reflué des toilettes d’une locataire. Qu’a-t-on dit ? Comme elle était assistante maternelle, on a dit qu’elle avait jeté des couches, sauf que les ouvriers qui sont intervenus avaient bien vu qu’il n’y avait eu aucun entretien pendant des années et que de gros cailloux de calcaire obstruaient les canalisations !

    Ecoutez les locataires ! Arrêtez de mentir ! Vous présidez les bailleurs sociaux depuis des années et des années : exigez d’Elogie-Siemp, de Paris Habitat et de la R.I.V.P. qu’ils écoutent les locataires, qu’ils les respectent et qu’ils arrêtent de mentir. Ils ont encaissé les loyers, les appartements ont été remboursés. Ils doivent assumer leur obligation de garantir un logement digne.

    Maintenant, sur la question des réhabilitations Plan Climat, il faut aussi écouter les locataires. Ce midi, il y avait une manifestation extrêmement importante des locataires du 20e, du 12e et du 5e – des immeubles en brique rouge des années 1930.

    Que disent-ils ? Dans leurs bâtiments, les fenêtres ont été refaites il y a dix ans. A ce moment-là, on ne leur a pas mis la V.M.C. On a refait toutes les fenêtres, il n’y a pas eu de problème, il n’y a pas eu plus d’humidité. On leur impose de mettre en place une V.M.C. Ils disent qu’il n’y a pas d’humidité, que l’aération naturelle fonctionne très bien. Dans ces bâtiments, vous avez des fenêtres dans toutes les salles d’eau. Pourquoi devrait-on y mettre une V.M.C. ? Par contre, ils rapportent d’autres problèmes liés à l’humidité : le problème des eaux pluviales parce que les travaux n’ont pas été faits depuis longtemps, notamment sur les gouttières. Ils aimeraient donc avoir le diagnostic Plan Climat et ils aimeraient comprendre pourquoi on leur impose ces travaux-là et pas ceux qui semblent répondre aux besoins.

    Ce qu’ils découvrent, c’est que, pour avoir les crédits de financement dans le cadre du Plan Climat, cocher la case “V.M.C.” permet d’enclencher beaucoup plus d’argent, de financements pour les travaux. J’aimerais bien que l’on creuse un peu cette question parce qu’il faut des Plans Climat. Pour cela, il faut donc de vrais diagnostics transmis aux locataires avec une véritable évaluation pour vérifier le gain en termes de réduction des consommations énergétiques. Les Plans Climat de la Ville ne sont simplement pas là pour alimenter un capitalisme vert du bâtiment. Là, nous sommes manifestement dans un biais problématique.

    Nous devons faire les travaux qui correspondent aux plus grandes urgences et qui garantissent vraiment une utilité à la fois dans l’amélioration de la qualité de vie des logements et dans la réduction des dépenses énergétiques. Il faut ce travail et cette exigence de transparence !

    Il n’est pas normal que les locataires du quartier Plaine du 20e, du boulevard Soult, n’aient pas eu accès au diagnostic environnemental au début des travaux. Il n’est pas normal que les concertations soient souvent bidon où, de toute façon, tout a déjà été décidé et où l’on se contente d’expliquer ce qui a été décidé sans eux et contre eux.

    Je pourrais aussi donner d’autres exemples de bâtiments dans le 19e arrondissement. Bien que les réhabilitations thermiques, les applications du Plan Climat y étaient urgentes vu les situations de passoire énergétique. On a eu recours à une telle sous-traitance en cascade que la qualité des travaux est catastrophique à l’arrivée. Il faut absolument contrôler cela !

    J’ai été trop longue, mais mon vœu est de vraiment travailler avec les associations de locataires pour qu’il y ait des permanences téléphoniques et en mairie, afin que la parole des locataires soit enfin écoutée et respectée à Paris.

    Mme Danielle SIMONNET.- Bien sûr !

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