Hidalgo, la poursuite de la pente libérale-autoritaire dans les pas de Macron..

Ce conseil de Paris de décembre illustre bien comment une orientation politique d’accompagnement libéral du système conduit nécessairement à une dérive antidémocratique et sécuritaire. Budget en baisse sauf pour la police municipale, privatisation de la Gare du Nord, soutien à Lafarge, refus de demander le retrait total de la loi sécurité globale, soutien au Préfet Lallement et remise en cause de la démocratie d’interpellation en limitant à un voeu par élu et par séance : toutes ces mesures dessinent la cohérence d’Hidalgo…

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Anne Hidalgo a décidé à ce conseil de modifier le Règlement intérieur et notamment de limiter à un vœu non rattaché par élu.e et par séance. Pas de doute, cette modification me visait directement car pour les groupes, ayant tous pas mal d’élu.es, cela ne changera pas grand-chose. Seule conseillère de Paris d’opposition de gauche, je ne cesse de relayer toutes les luttes sociales, écologiques et citoyennes au travers de voeux, en moyenne entre 15 et 20 par séance. Voilà pourquoi ils souhaitent me faire taire. Mon amendement de suppression de cette limitation a néanmoins recueilli 30 voix contre 33. Avec les initiateurs de la tribune contre cette limitation des vœux qui constitue une remise en cause de la démocratie d’interpellation, je souhaite que nous poursuivions la bataille et l’élaboration de propositions. Le conseil de Paris, censé être une assemblée délibérative, devient de plus en plus une chambre d’enregistrement avec une reine à sa tête. C’est que le recours à ces vœux non rattachés permet de forcer la majorité à se positionner sur nombre de sujets non inscrits à l’ordre du jour. 

Ce conseil a adopté le budget pour Paris de 2021. Hors dispositions covid, tout baisse, sauf pour la sécurité et la police municipale, alors que la pauvreté explose et que le secteur de la culture aurait tant besoin de plus de soutien. Aucune initiative n’a été prise pour réellement contester les baisses de dotations de l’Etat. Paris ville capitale aurait pu être à l’initiative d’une mobilisation populaire entraînant les autres collectivités dans le bras de fer face à Macron. Mais sur le fond ils ne pensent pas qu’une autre politique serait possible alors que l’urgence serait d’exiger l’annulation des dettes et la rupture avec les logiques d’austérité. Sur la forme, ils sont incapable de penser une politique adossée à une mobilisation citoyenne. Ce conseil devait également adopter le budget de la Préfecture de Police. Comme les groupes communistes, écologistes et Générations, j’ai voté contre et réaffirmé la demande de démission du préfet Lallement. Qu’a fait la maire de Paris ? Elle a pris la défense du Préfet Lallement ! D’ailleurs, si le groupe PS à l’Assemblée nationale a voté contre la loi sécurité globale, au Conseil de Paris ils ont voté contre les vœux l’exprimant et se sont cantonnés à critiquer 2 articles de la loi. Normal, Anne Hidalgo a négocié un amendement à cette loi avec Darmanin pour pouvoir créer sa future police municipale..

Dans les séances précédentes, toujours via des voeux, comme les écologistes et les communistes, j’avais défendu la nécessité que Paris s’exprime en faveur d’un moratoire sur la 5G en attendant l’obtention des études d’impacts sanitaires et environnementaux. Hidalgo avait préféré mettre en place une conférence citoyenne. Sauf que son objet n’était pas pour ou contre le déploiement, mais “quel accompagnement du déploiement de la 5G”. Le biais était énorme. S’ils ont pu auditionner plusieurs experts, comme par hasard aucun ne s’opposait à la 5G. Malgré toute cette manipulation, la conférence citoyenne a quand même exprimé dans ses recommandations “la nécessité de réaliser une étude d’impact environnemental par un bureau d’études indépendant afin de définir précisément les impacts et les bénéfices de la 5G avant son déploiement”, ce qui revient à demander un moratoire ! Mais dans la lignée du mépris de Macron envers la conférence citoyenne sur le climat, Hidalgo n’a nullement l’intention de prendre au sérieux cette recommandation… 

Sans organiser le moindre débat au conseil de Paris, et exploitant au maximum les pouvoirs qui lui sont délégués, la maire de Paris avait signé en novembre un accord avec la SNCF sur le projet de réaménagement de la Gare du Nord. Il s’agit d’une privatisation, le groupe Auchan en devient propriétaire aux ⅔ pour 46 ans. Incapable de penser leur politique en s’appuyant sur le rappport de force des habitantes, usagers et salariés, l’exécutif prétend avoir signé un bon compromis. A moins que ce soit leur adhésion libérale aux partenariats publics privés qui les amène d’emblée à ce choix, usant juste de la communication pour faire croire à leur impuissance. N’oublions pas que la maire avait fait ce choix d’aménagement de la gare du Nord avant de dire qu’elle s’y opposait puis d’en signer l’accord… C’est la même logique dans le dossier de la centrale à béton Lafarge de Javel dans le 15e. La mobilisation citoyenne a contraint Lafarge à abandonner son projet d’agrandissement. La ville aurait dû user de tout son poids dans le rapport de force face à la préfecture, à Haropa-Ports de Paris et au gouvernement pour exiger la fermeture de la centrale face aux scandales liés à la pollution et la nécessité de réduire le recours au béton. Au lieu de cela, l’exécutif préfère mentir et faire croire que le nouveau projet de reconstruction de la centrale répond aux attentes des riverains, ce qui est totalement faux… La mairie cède aux injonctions d’une grande multinationale et de l’Etat, à moins que depuis le début elle n’y soit favorable, le premier adjoint ayant si souvent martelé “On a besoin de béton”. 

Qu’il s’agisse de la Gare du Nord comme de la centrale à béton Lafarge, aucune de ces deux sujets majeurs n’étaient inscrits dans l’ordre du jour, ils n’ont été abordés que grâce aux vœux. D’où l’intérêt pour Anne Hidalgo de les limiter… L’accompagnement libéral du système doit faire taire celles et ceux qui le contestent. Il se traduit par une plus forte concentration du pouvoir et par la mise en avant de choix sécuritaires. Hidalgo n’échappe pas à cette logique. Cette séance du Conseil de Paris montre bien à quel point la poursuite de sa pente libérale-autoritaire s’inscrit dans les pas de Macron…

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