Stop à la casse du service public de la petite enfance : Revalorisons les métiers !

Ce mardi 30 août je suis allée soutenir la grève des professionnel.les des crèches qui s’est tenue devant le siège de la Direction des Familles et de la Petite Enfance (DFPE) dans le 12ème arrondissement à Paris. 

Avant d’aborder leurs revendications parisiennes, commençons par le contexte national. Le gouvernement de Macron agit selon un agenda politique bien précis : la casse froide et méthodique des services publics et la diffusion de principes concurrentiels à l’ensemble de la société et du monde du travail. 

L’objectif est clair, transformer progressivement les hôpitaux et les écoles en entreprises, régies par des principes de compétitivité et de rentabilité, selon les lois du marché. Il y a une triste continuité dans les réformes qui ont été mises en place depuis le début du premier quinquennat Macron sur la question du fonctionnement des hôpitaux (fermeture de lits, manque de recrutement de personnel…) comme sur la question de l’enseignement (réformes scolaires, précarisation du corps enseignant, recours à des contractuel-les…). 

Après le chaos à l’hôpital, le chaos dans les écoles publiques, ce sont les crèches qui subissent de plein fouet les logiques mercantiles, de casse des services publics et de casse sociale de la Macronie.

La grève de ce matin répondait à l’appel à la mobilisation de plusieurs organisations syndicales, suite au vote par un Comité Technique programmé par la DFPE d’une nouvelle fiche de poste pour les Agent-es Spécialisé-es des Crèches (ASC) le 22 juin dernier. 

Cette nouvelle fiche de poste est synonyme pour les ASC d’un principe de normalisation des glissements de tâches, qui dévalorise le métier et peut causer des tensions au sein des groupes de travail, les ASC étant amené-es à réaliser des tâches pour lesquelles ils et elles n’ont pas été formé-es, et qui incombent initialement aux auxiliaires de puériculture. Les ASC et les auxiliaires de puériculture n’ont pas le même diplôme, donc pas les mêmes compétences ni les mêmes champs d’action. 

Cette décision de la part de la DFPE entraîne de fait une forte dégradation des conditions de travail, dans la mesure où elle répond à une logique de casse de la qualification professionnelle sans pour autant aller de pair avec une hausse des rémunérations ou des effectifs compétents. 

La grève de ce matin avait une double résonance : le 4 août dernier, le gouvernement a publié un arrêté permettant le recrutement de personnes non diplômées, et dont l’article 3 concernait spécifiquement les crèches et les professionnel-les de la petite enfance. Dès ce mercredi 31 août, les crèches privées ou publiques pourront recruter des candidat-es non diplomé-es, à qui elles devront disposer des formations en accéléré, nettement inférieures aux formations nécessaires pour accomplir les tâches qui seront demandées aux personnes embauché-es. Le gouvernement doit cesser de placer les agents, par les sous-effectifs, en situation de maltraitance institutionnelle potentielle ! 

En tant que députée de la NUPES, je soutiens les revendications des grévistes : extension de la prime Ségur à tous-tes les professionnel-les de la petite enfance et non au cas par cas, revalorisation des grilles indiciaires, augmentation des salaires et des effectifs. Avec les autres député-es insoumis-es et de la NUPES nous ferons tout notre possible pour continuer de soutenir les luttes des travailleur-euses dans ce contexte particulièrement intenable d’inflation généralisée et de casse des services publics. Sur le terrain comme à l’Assemblée, je continuerai de mener la bataille contre le démantèlement des services publics, le détricotage du code du travail, et bien sûr contre la vie chère. 

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