Retour sur la visite de l’Assemblée avec les militant-es du 20e

Après plusieurs mois de campagne avec nombre de citoyennes et citoyens du 20e, investis dans l’Union populaire et/ou la NUPES, j’ai eu le plaisir de recevoir, pour une visite de l’Assemblée Nationale, celles et ceux qui ont permis notre victoire dans la 15e circonscription de Paris, où j’ai été élue.

Une occasion de faire un peu d’histoire, de retourner 200 ans en arrière et de se rappeler ce que furent les premières assemblées nationales : des assemblées révolutionnaires. 

Souvenons-nous de ce mois de juin 1789, alors que le roi s’enlise dans les Etats Généraux, ne parvient pas à faire voter la taxe qu’il souhaite imposer au peuple et qu’il refuse le vote par tête, favorisant celui par ordre et donc la préservation des intérêts de la noblesse. Le 17 juin, les députés du Tiers État, représentant 96% de la population, se déclarent Assemblée Nationale. Le doyen, Bailly, est choisi pour présider cette Assemblée. Le 20 juin 1789, l’Assemblée se voyant privé d’accès aux États Généraux, se retrouve dans la salle du jeu de Paume et prête serment de ne pas se séparer sans avoir doté la France d’une constitution.

Trois jours plus tard, le 23 juin 1789, alors que la tension est forte et que le roi a envoyé son émissaire, le marquis de Dreux-Brézé pour sommer l’Assemblée de se dissoudre ; Mirabeau s’élance et dit “Nous sommes ici par la volonté du peuple, nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes”. Cet évènement, au commencement même de la Révolution Française et de ce qui deviendra plus tard une République, a été représenté dans un bronze par Dalou. Symboliquement, ce bronze situé devant l’entrée de l’hémicycle en soutient toute la structure. 

Se souvenir de cet évènement c’est se rappeler que nous sommes ici par la force du peuple pour accomplir un idéal inachevé, l’idéal républicain de liberté, d’égalité et de fraternité. C’est dans ce lieu que de grandes conquêtes sociales, sous l’impulsion permanente des mouvements militants, associatifs et syndicaux, se sont faites. De Victor Hugo à Aimé Césaire, en passant par Jean Jaurès, Simone Veil et tant d’autres, nous inscrivons notre bataille parlementaire dans les pas de ces grandes figures qui ont marqué le quotidien des françaises et des français.

Cette visite était une occasion de visiter avec les militant-es et citoyen-nes du 20e ce monument, dont nous devons faire en sorte qu’il puisse redevenir la maison du peuple. Nous, député-es, n’y sommes que par la volonté du peuple, et nous devons constamment entretenir le lien entre celles et ceux qui nous ont élu et les institutions, en construisant collectivement les textes de loi, en multipliant les ateliers des lois, assemblées populaires et autres agoras citoyennes de plein air, aussi impliquantes que possible grâce aux méthodes de l’éducation populaire. D’ici là, avec les forces de la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale, nous revendiquerons sans cesse des avancées pour plus de justice sociale, pour la bifurcation écologique, et pour construire enfin une 6e République réellement démocratique, accomplissant notre idéal inachevé.

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