Hôpitaux, Ehpad : recensons les besoins avec l’opération “Allo Ségur” !

En ce dernier week-end de juillet, les député-es LFI, à l’initiative notamment de Damien Maudet, étaient présent-es devant des hôpitaux dans 20 villes de France, pour recueillir dans le cadre de l’opération “Allo Ségur” les doléances des soignant-es et des usagers et alerter sur l’état d’urgence absolue où se trouve notre service public de santé en ce milieu d’été.

J’étais pour ma part présente devant l’hôpital Tenon dans le 20e pour échanger avec les usager-es en leur posant la question suivante : “L’urgence à l’hôpital, pour vous, c’est….?”

Nombre de personnes ont répondu à notre porteur de parole pour exprimer leur grande solidarité avec les soignants. Beaucoup d’entre eux ont souligné l’urgence de revaloriser les salaires (et non pas de passer par des primes !), d’améliorer les conditions de travail des soignants et de recruter davantage de personnels soignants pour améliorer la qualité du service public. Ils et elles ont aussi dénoncé les temps d’attente pendant des heures aux urgences, les délais bien trop longs pour obtenir un rendez-vous, les déserts médicaux qui se multiplient y compris à Paris avec la grande difficulté pour obtenir des rendez-vous chez les spécialistes et même chez les généralistes.

Bref, les citoyen-nes en ont pleinement conscience : l’hôpital craque du fait du manque de moyens et de personnels, de la rémunération insuffisante des agents, des conditions de travail imposées qui sont extrêmement dégradées. Ils soulignent aussi l’insuffisance de la prime Ségur et la nécessité de réintégrer les soignants non vaccinés. Pour résumer, une citoyenne nous a dit que l’urgence, selon elle, était que l’hôpital redevienne tout simplement un service public !

C’est effectivement notre objectif : faire passer les besoins des patients et des soignants avant les impératifs financiers qui si souvent actuellement président aux décisions prises concernant le service public de santé. Ainsi, nous proposons de reconstruire le service public hospitalier, notamment par l’instauration du 100% Sécu et le remboursement de tous les soins, par la réouverture des services d’urgences, des maternités et des EHPAD publics assurant un service de santé public de proximité, par un plan pluriannuel de recrutement et de pré-recrutement des professionnels du soin et du médico-social, par la revalorisation des métiers et des revenus.

Prochaine étape de cette “commission d’enquête populaire” : je souhaite à la rentrée visiter l’hôpital pour continuer de recueillir les doléances des agents, tout en continuant à échanger avec les syndicats de l’hôpital, que j’ai déjà eu l’occasion de rencontrer à plusieurs reprises. Je prévois également une lettre ouverte aux soignants de Tenon afin de recueillir leurs témoignages, leurs analyses et leurs doléances. J’invite d’ailleurs les soignant-es ou usager-es à m’envoyer d’ores et déjà leur témoignage par mail à danielle.simonnet@assemblee-nationale.fr !

Dans la même préoccupation de recueillir des témoignages sur les problématiques rencontrées dans le secteur du médico-social, j’ai également rencontré vendredi dernier l’équipe de l’Ehpad Alquier-Debrousse, Ehpad public dépendant du CASVP. L’équipe témoigne de difficultés de recrutement de médecins. Pour pallier aux problèmes de recrutement, nous proposons avec L’Avenir en commun une revalorisation salariale de l’ensemble des personnels, la généralisation des CDI à temps plein, et de rompre avec la dégradation des dotations allouées aux EHPAD ces dernières années en donnant des moyens humains, matériels et financiers à ces structures afin d’offrir une prise en charge graduée, adaptée, bienveillante et qui respecte la dignité de chaque personne.

Il est également nécessaire de lancer un plan de recrutement pour atteindre un ratio de 6 soignants pour 10 résidents et un membre du personnel par résident. C’est ce que proposait Caroline Fiat dans le rapport de la mission d’information qu’elle a menée avec M. Iborra dans la précédente législature.

Nous avons échangé avec l’équipe de l’Ehpad sur ces propositions et sur leurs souhaits de réforme du cadre législatif du grand âge et de la dépendance. Là encore, je vous invite, que vous soyez soignant-es/agent-es en Ehpad, ou famille de résident-es, à m’envoyer vos témoignages à danielle.simonnet@assemblee-nationale.fr

Je continuerai à la rentrée à échanger avec les acteurs de ma circonscription sur ces sujets si importants : il est urgent d’instaurer à toutes les échelles une politique qui part des besoins des citoyens et des professionnels, et adapte les moyens à ces besoins, au lieu de vouloir imposer des impératifs de rentabilité et d’austérité financière, qui ont pour conséquence une dégradation dramatique des services publics !

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