Elle subit une agression exhibitionniste, une menace de mort et se fait traîner plusieurs mètres par un scooter en plein Paris…

Le 12 février, à 5h15 du matin, Madame S sort d’un bar avec une amie dans le quartier des halles. Deux hommes les accostent et l’un sort son sexe et se masturbe. Photographe Journaliste de profession, Madame S a le réflexe de prendre l’individu en photo ainsi que celui qui l’accompagnait. Les deux individus la menacent de mort si elle transmet les photos réalisées à la police. 

Quelques mètres plus loin, alors qu’elle marche pour rentrer chez elle, les deux hommes sur leurs scooters s’approchent et l’un deux lui dit qu’il n’aimait pas les menaces et que ceci était un premier avertissement. Il la tire par le poignet, la traînant sur la chaussée sur de nombreux mètres pendant que le scooter roulait. Cette agression physique s’est soldée pour elle par une côte cassée et de multiples contusions à la main qui sont en train d’être examinées avec des examens médicaux, d’autant plus graves que Madame S est photographe de profession. 

Apercevant un camion de pompier, elle accourt vers lui pour trouver de l’aide. Le camion s’arrête, les pompiers l’écoutent, rient et repartent. 

Depuis le 13 février, les services de police ont la plainte de Madame S. Ils ont les photos des agresseurs. Ils ont les photos des scooters avec une partie de leur plaque d’immatriculation. Ils ont la possibilité d’accéder aux vidéos des nombreuses caméras de vidéosurveillance du quartier. L’amie de Madame S, présente au moment des faits, se tient également à la disposition de la police pour être auditionnée comme témoin, mais n’a à ce jour pas été contactée. Il est essentiel que cette enquête aboutisse. Dans ce quartier, la vie nocturne est dense. De nombreuses femmes sont en danger avec les agissements de tels individus en liberté. Madame S vit dans ce quartier depuis 25 ans et se retrouve dans l’angoisse de re croiser son agresseur dont les menaces de porter atteinte à sa vie ont été clairement formulées. 

Depuis le 13 février, Madame S est totalement anéantie psychologiquement par la violence de cet acte gratuit dirigé contre une femme. Pourquoi aucun soutien psychologique ne lui a-t-il été proposé ? Quand Madame S l’a demandé, on lui a signalé la nécessité de solliciter une réquisition judiciaire au commissariat tout en l’informant que de toute façon, il n’y aurait pas de rendez-vous possible avant septembre. 

Depuis le 13 février, Madame S ne comprend pas non plus pourquoi les pompiers ne sont pas venus à son aide, ont juste ri et sont repartis.

J’ai écrit au Préfet de police avec copie à Madame la Procureure de la République car il Il est essentiel que cette enquête aboutisse et vite. J’ai également demandé qu’une enquête en interne puisse être diligentée afin de comprendre les raisons qui ont conduit les pompiers à ne pas venir en aide à cette femme. J’ai également signalé le dysfonctionnement qui ne permet pas à Madame S de bénéficier rapidement d’un soutien psychologique.

Il est inacceptable de subir ces agressions d’exhibitionnistes sexuelles parce qu’on est une femme. Il est inacceptable de subir des menaces de mort parce qu’on est une femme. Il est inacceptable de risquer de telles agressions physiques parce qu’on est une femme. En pleine journée comme à 5h du matin, la liberté de circulation des femmes doit être garantie. A Paris comme ailleurs. 

A l’approche du 8 mars, plus que jamais, que les femmes témoignent et s’organisent contre toutes les agressions sexuelles. 

A l’approche du 8 mars, plus que jamais, exigeons du gouvernement le milliard contre les violences faites aux femmes. 

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