Service PAM : les personnes handicapées doivent être entendues

Mon vœu défendu : Vœu relatif au fonctionnement du service PAM 75 – Danielle Simonnet, Conseillère de Paris

Il s’agit d’une délibération qui va montrer que jusqu’à la régionalisation du service avec lancement en mars 2023 de PAM régional, Ile-de-France Mobilités va déléguer au Département de Paris la gestion du service PAM 75, ce qui se traduit par la convention présente sur laquelle nous délibérons. Ensuite, j’ai présenté un vœu rattaché parce qu’on a toujours énormément de problèmes et de difficultés avec le dysfonctionnement du système PAM en tant que tel.

D’abord, en introduction, je dirai que si nous défendons l’accessibilité universelle, comprenons bien qu’il faudrait, tant que les bus et le métro ne garantissent pas l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, tant qu’on ne peut pas se déplacer par les autres modes de transports en commun, pouvoir bénéficier d’un service PAM au même tarif que le Pass Navigo.

C’est ainsi que devrait fonctionner l’accessibilité universelle. Pour les personnes en situation de handicap, ce n’est pas de leur faute, ce n’est pas du fait de leur handicap, c’est du fait de la société qui ne garantit pas l’égalité de déplacement avec ou sans handicap. Or, hélas, on sait que la politique, qui est menée en termes de mobilité, est très loin de respecter cette accessibilité universelle.

Néanmoins, le service PAM répond, au moins partiellement, à ce gros déficit, à ce grand retard, mais il faut tout de même regarder ses dysfonctionnements et exiger qu’il s’améliore.

D’abord, on a un problème de visibilité de PAM 75 et on aura un problème de visibilité de PAM Ile-de-France. Sa visibilité est insuffisante, parce qu’en dehors des personnes en situation de handicap, qui sont d’ores et déjà suivies par des organismes médicaux et sociaux, beaucoup de personnes en situation de handicap ne connaissent que très peu voire pas du tout le service. Il serait nécessaire, pour renforcer cette visibilité du service PAM, que l’on envoie par exemple des courriers d’information à toutes les personnes susceptibles d’en avoir l’usage ou que la M.D.P.H. fasse de vraies campagnes d’information et de sensibilisation.

Mais dans les difficultés en termes de fiabilité avec le service, on me remonte régulièrement des difficultés à joindre le service, parce qu’on a visiblement un défaut dans le dispositif téléphonique du fait d’un manque de personnel, et des difficultés d’accessibilité des véhicules quand c’est nécessaire. Du coup, cela engendre aussi des problèmes de ponctualité qui font que nombre de personnes vont subir des retards qui sont très préjudiciables, aussi bien pour des examens médicaux que pour des obligations professionnelles et personnelles.

Le coût, qui reste par ailleurs à la charge des usagers, est aussi très important et on est donc très, très loin du coût d’un Pass Navigo pour un transport.

Ces différents dysfonctionnements affectent de manière importante le service rendu aux personnes. A chaque fois, c’est lié à une insuffisance de moyens alloués.

Il faudrait impliquer davantage les usagers et leurs représentants dans la définition de l’amélioration du dispositif PAM et cette implication sera d’autant plus nécessaire dans la perspective de la régionalisation du service. Soyons clairs, la régionalisation est nécessaire car beaucoup de personnes, qui se déplacent d’un département à un autre, doivent pouvoir être pris en compte dans le cadre régional, tout comme le Pass Navigo est pris en compte dans un cadre régional.

A travers ce vœu, je souhaite que la Ville de Paris s’engage, en lien notamment avec la M.D.P.H., à des campagnes de communication et d’information sur le service PAM, qu’elle engage une négociation avec Ile-de-France Mobilités et la Région Ile-de-France afin d’augmenter les moyens en effectif du service PAM, en envisageant notamment d’augmenter sa propre contribution au service et en engageant ses partenaires à faire de même pour améliorer notamment la ponctualité du service et la plateforme téléphonique, et aussi pour contribuer à en réduire les coûts pour les usagers.

Il faut également initier un réel diagnostic partagé avec les associations de personnes en situation de handicap, avec les usagères et les usagers pour améliorer le fonctionnement de ce service, qu’il s’agisse de la plateforme téléphonique, du coût, de la ponctualité, et cela en anticipant justement la régionalisation prévue en 2023.

Je vous remercie.

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