L’hypocrisie derrière les conseillers numériques France Service…

Je ne vais pas voter contre cette délibération, puisque la Ville va pouvoir recruter 11 conseillers numériques France Service par le biais du plan de l’Etat. On ne va pas s’opposer à ce qu’il y ait ces 11 personnes.

Mais je tenais à dire ma réprobation sur la politique globale conduite par le gouvernement en la matière.

Quel foutage de gueule ! On a un gouvernement qui n’a eu de cesse de profiter de la dématérialisation et d’accélérer la dématérialisation de tout un tas de démarches pour pouvoir casser les services publics en présentiel, à tous les niveaux.

Je suis déjà intervenue il y a deux ans sur toute la bataille au niveau des finances publiques par exemple, contre la suppression et la fusion de centres des impôts, que le gouvernement justifie du fait de la dématérialisation des déclarations.

Pas plus tard qu’hier ou avant-hier, lorsque nous débattions de la situation du surtravail des travailleurs sociaux, du fait de la dématérialisation de services de l’Etat, C.N.A.F., C.A.F., C.P.A.M. et j’en passe, nous savons qu’à chaque fois, cela impacte énormément, parce que toutes celles et tous ceux qui subissent la fracture numérique, cette dématérialisation qui s’accompagne d’une suppression des guichets humains, du service public par l’humain, se retrouvent totalement en situation d’exclusion numérique.

Les 4.000 promesses d’embauche de conseillers numériques France Service, c’est une goutte d’eau. Le gouvernement se donne un beau rôle, alors qu’il ne cesse de casser nos services publics, et la fracture numérique est bien là dans le pays.

Maintenant, ne parlons plus d’hypocrisie. Tout le monde se souvient d’avoir vu la Maire de Paris en campagne présidentielle découvrir dans ses déplacements, que pour acheter un billet de train, là aussi la S.N.C.F. fermait nombre de guichets, et que l’on était face à des machines. Tout d’un coup, elle découvrait ce phénomène et s’en insurgeait.

A Paris aussi, on a dématérialisé bon nombre de démarches. Même s’il y a des soutiens à différents dispositifs pour lutter contre la fracture numérique, le compte n’y est pas.

On voit bien d’ailleurs l’affluence dans les mairies d’arrondissement vers les agents et agentes, le nombre d’hommes et de femmes qui ont besoin d’être accompagnés dans ces démarches, et le rôle d’ailleurs essentiel de notre réseau des bibliothèques, par exemple, pour aussi accompagner individuellement dans ces démarches.

Bien sûr, je ne voterai pas contre cette délibération, mais ne sabrons pas le champagne sur ces 11 recrutements. Et ne sabrons pas le champagne sur les 4.000 promesses d’embauche en France dans ce domaine.

Je vous remercie.

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