Explosion de la rue de Trévise : il est urgent de soutenir et d’indemniser enfin les victimes !

Mes chers collègues, il est essentiel que nous ayons tous une pensée pour l’ensemble des victimes qui ont subi ce terrible drame. Une pensée pour toutes ces femmes, ces hommes, qui ont perdu un proche et ont, comme cela a été dit précédemment, beaucoup de souffrances pour se reconstruire, pour pouvoir se projeter dans l’avenir et vivre autrement.

Je souhaite, par ailleurs, remercier Mme la Maire, Mme BÜRKLI, parce que l’on sent bien que vous avez été une maire et une élue infatigable auprès des victimes. Je pense que c’est le rôle des maires que d’accompagner quand une telle épreuve arrive, et qu’enfin, on arrive à une situation où les choses, j’espère, vont se dénouer, puisque la délibération acte la création d’un fonds d’accompagnement des victimes d’un montant de 20 millions d’euros et autorise la maire à signer un accord-cadre en cours de négociation.

Néanmoins, je suis désolée – je ne suis qu’une élue du 20e arrondissement – je ne comprends pas que tout cela prenne autant de temps. Je ne comprends pas et je souhaite aussi relayer ce que les associations de victimes dénoncent. Elles nous interpellent – nous, élus – pour que l’on comprenne et que l’on puisse faire en sorte que ces méandres administratifs ne se reposent plus, si, par malheur, un nouveau drame équivalent devait avoir lieu. Que disent les associations de victimes ? Que cela fait presque trois ans qu’elles attendent l’indemnisation, un accompagnement, et qu’entre-temps, elles n’ont pas eu de soutien de la Ville de Paris dans son ensemble. Qu’il y a eu pour elle, comme seule obsession, de nier toute responsabilité de sa part dans ce drame et qu’elle a manqué d’humanité pour les victimes.

Franchement, pour me souvenir du dernier débat que nous avons eu dans cette assemblée, j’ai été particulièrement choquée que Mme la Maire de Paris, Mme HIDALGO, au dernier Conseil de Paris, puisse soit mentir, soit se tromper en séance sur des situations individuelles de victimes, notamment sur les questions de proposition de logement, qui nous étaient dites publiquement et, manifestement, ne correspondaient pas à la réalité de ce que disaient les victimes, premières concernées.

Je ne comprends pas que les victimes n’aient toujours pas de visibilité précise sur le calendrier de signature de cet accord-cadre, que ce soit par la presse qu’elles apprennent les éléments qui ne leur sont pas communiqués préalablement, qu’elles vivent un calvaire depuis trois ans, qu’elles aient des difficultés à être reconnues comme victimes et se retrouvent, pour certaines, à ne pas avoir accès à un logement adapté à leur situation. Il s’agit, une fois de plus, du problème de logement avec accessibilité, et aussi du logement où il n’y a pas cette problématique du gaz. Parce qu’il faut comprendre que, pour pouvoir passer le traumatisme, on ne doit pas les remettre dans la situation d’un appartement où il y a du gaz.

C’est une bonne chose que la Maire puisse débloquer enfin les fonds. Mais qu’en est-il de la signature ? Où en est-on concrètement ? Combien de temps va-t-il être nécessaire avant que les victimes puissent bénéficier de ces indemnités ? Je reprends les questions préalables : est-ce que les indemnités seront données en totalité en une seule fois ou en plusieurs fois ?

Plus largement, il faut sortir du déni de la Ville de toute responsabilité dans l’accident. Quelle que soit la vérité, il faut surtout se dire que l’on a un devoir d’augmenter les moyens dans la prévention. Il faut un audit du réseau de gaz, un plan de rénovation du réseau si nécessaire. Cela s’impose. Il y a une commission de suivi du réseau du gaz. Est-ce qu’il est possible d’avoir un peu plus d’informations en Conseil de Paris sur ces travaux ?

Car, je vous rappelle que l’on avait eu à l’époque des articles, où, notamment les syndicalistes, la C.G.T. des gaziers, étaient très critiques et disaient qu’à l’occasion du drame de la rue Trévise, ils avaient réaffirmé ce qu’ils clamaient depuis des années, c’est-à-dire qu’il y avait des problèmes de fuites qui étaient connus depuis des années dans Paris, qu’elles étaient souvent réparées de manière provisoire sept ou huit fois d’affilée. Que disait la C.G.T. ? Comme G.R.D.F. se facture à chaque intervention sur une fuite, la logique de G.R.D.F., parfois, faisait que l’entreprise préférait multiplier des opérations de rafistolage plutôt que de rénover réellement certains tronçons du réseau. Pour le syndicat, la rentabilité l’emporte sur la sécurité. Finalement, depuis la privatisation du gaz parisien, l’entreprise, au niveau de ses obligations de rentabilité, préfère gonfler la part des actionnaires plutôt que d’assurer la sécurité. C’est grave, comme constat. En 2017, je vous dis cette citation.

Mme Danielle SIMONNET.- “Cette somme versée aux actionnaires est trois fois supérieure à celle consacrée à la sécurité”.

La Ville est donneuse d’ordre. Que pilote-t-elle, que contrôle-t-elle face à une entreprise privée qui ne recherche visiblement que du profit au lieu de se comporter comme un service public ?

Je vous remercie.

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