Education : Hidalgo applique les même politiques d’austérité que Macron

Mes chers collègues, je partage ce qu’ont pu dire les différents intervenants pour dire que l’Education nationale, l’école, les affaires scolaires, toutes ces thématiques préparent l’avenir. Ce sont les conditions mêmes de l’émancipation et cela doit donc toujours être la priorité des priorités.

Moi, je souhaiterais intervenir sous un angle un peu différent, notamment de celui de M. AQUA qui estimait que, face à l’austérité des politiques gouvernementales, on pouvait être fiers de l’implication de la Ville.

Evidemment, nous sommes d’accord sur la critique de la politique gouvernementale en la matière, qu’il s’agisse du gel du point d’indice, de toutes les réformes ou plutôt contre-réformes de BLANQUER, des nombreuses suppressions de postes et, de la maternelle à l’enseignement supérieur, de la casse terrible contre l’école, contre l’Education nationale dans le bilan de cette politique gouvernementale.

Est-ce que pour autant tout se passe bien à Paris ? D’abord, nous subissons l’impact de toutes ces politiques qui – je pense que tout le monde en conviendra – sont terribles. Cela veut dire, pour ne donner que quelques exemples, que dans le premier degré on ne retrouve pas les équipes R.A.S.E.D. qui seraient si nécessaires pour la prévention des problématiques de décrochage scolaire et des difficultés d’adaptation.

Que ce soit dans le primaire ou dans le secondaire, les insuffisances de postes sont très problématiques, avec des difficultés fréquentes d’absence de remplacements et une dégradation des conditions de taux d’encadrement avec des augmentations d’absences vraiment problématiques. On le dit souvent, la situation pour les A.E.S.H., pour les enfants en situation de handicap, est vraiment une honte, quand on regarde la faible rémunération, le sous-effectif, et le manque de formation pour celles et ceux qui font ce travail si essentiel du lien et de l’accompagnement des enfants en situation de handicap. Et on pourrait continuer.

Mais dans ce qui relève des compétences de la Ville, prenons d’abord le bâti, les écoles. Eh bien, non ! Il y a plein de difficultés encore au niveau des écoles et cela a beau faire maintenant vingt ans que vous dirigez la ville, sur vingt ans il faudrait un jour quand même faire l’état des lieux des travaux et des retards de travaux sur les écoles.

Alors, certes heureusement il y a les programmes de réhabilitation climat sur les écoles, qui permettent d’accélérer pour certaines, mais on sait que bien souvent la tendance est d’aller chercher dans les budgets participatifs pour pouvoir faire les travaux nécessaires des écoles. Certains élus racontent aussi dans leurs arrondissements comment, y compris pour les toilettes, ils sont obligés d’aller chercher dans le budget participatif pour qu’elles soient au minimum correctes. C’est une situation tout de même gravissime, on ne devrait pas aller piocher dans le budget participatif pour faire ce qui est essentiel.

Concernant les salaires des personnels qui dépendent de l’Education nationale, tout le monde a en mémoire comment la Maire de Paris, candidate à la présidence de la République, a fait cette proposition d’augmenter par deux le salaire des enseignants. Et pourtant, sur la revalorisation des agents qui interviennent auprès des enfants et qui dépendent de la Ville de Paris, qu’il s’agisse des A.S.E.M., des A.T.E., des P.V.P., la situation est beaucoup plus problématique. Ce sont des effectifs qui sont insuffisants, ce sont des primes qui pourraient être allouées et qui ne le sont pas forcément. Je conçois que la Mairie de Paris ne peut pas évidemment à elle seule modifier l’indice, mais il y a plein de leviers sur lesquels elle pourrait agir et elle ne le fait pas.

On parlera d’ailleurs des professeurs des cours pour adultes, je pense en décembre, mais je vous invite à revoir complètement votre copie face à la colère légitime des professeurs des cours pour adultes sur la dégradation de leur salaire que vous vous apprêtez à faire avec votre contre-réforme.

Je n’ai pas assez de temps pour reparler de l’aménagement des rythmes éducatifs sur lesquels il y aurait bien à dire. On pourrait aborder aussi la cantine, où en vingt ans vous n’avez toujours pas réussi à créer les conditions d’une titularisation des cantinières, dont beaucoup restent toujours très précaires avec des salaires de misère. Et certains ont parlé des classes de découverte et des Ateliers bleus, mais combien allons-nous en avoir à l’arrivée ?

Il me reste quelques secondes pour vous poser la question : dans quel axe du P.E.D.T. figure l’action qui vous a amenés à donner 35.000 euros pour promouvoir le porte-avions Charles-de-Gaulle dans les écoles ?

Mme Danielle SIMONNET.- Dans toutes les classes de CM2, un kit a été donné dans les classes pour vanter, avec un petit livre ludique, le porte-avions et les entreprises Naval Group et TechnicAtome qui sont les fabricants du Charles-de-Gaulle. Franchement, revenez sur le harcèlement scolaire, ce serait plus intéressant que ce porte-avions.

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