Budget de Paris : Hidalgo attaque l’éducation et la culture !

Voici les vœux et amendements que j’ai défendus dans le cadre du débat budgétaire :

Quel dommage, Mme HIDALGO est déjà partie, sans doute un train à prendre.

Dans ce débat budgétaire, il y a en fait deux débats.

Le premier devrait être comment faire sauter le verrou de l’austérité imposé par le Gouvernement ? A cette question essentielle, vous ne répondez finalement que par le bidouillage des loyers capitalisés. La baisse continue des dotations de l’Etat, engagée sous Nicolas SARKOZY, n’en déplaise à Mme Rachida DATI, s’est poursuivie sous François HOLLANDE. Et vous ne l’avez pas contestée, préférant cet artifice comptable des loyers capitalisés à toute bataille, remettant en cause l’orientation libérale de votre propre parti, le Parti socialiste.

Résultat, aujourd’hui sous Emmanuel MACRON, ce budget subit la réforme sur la taxe d’habitation non suivie d’une refonte de la fiscalité locale, la non-prise en compte des dépenses Covid par l’Etat pour Paris, une baisse telle des dotations de l’Etat et une hausse des péréquations que Paris dorénavant contribue au budget de l’Etat et non l’inverse.

C’est le principe même républicain de la libre administration des communes qui est attaqué. Le projet néolibéral est bien de les réduire à des instances de gestionnaires sommés de tout céder au privé, faute de moyens, étranglés par le chantage de la dette. Notre budget dépend de la spéculation et du tourisme, alors même que l’objectif poursuivi devrait être l’urgence sociale et écologique incompatible avec ces logiques-là.

Madame la Maire, vous êtes également candidate à la présidentielle. Que dites-vous sur ces verrous de l’austérité imposés aux collectivités qui ne déclinent rien d’autre que la vieille rengaine de la règle d’or des 3 % à l’échelle européenne ? Vous ne dites rien et c’est sans doute en grande partie pour cela que cette règle des 3 % hante votre campagne.

Le deuxième débat : dans ce cadre contraint, quelles priorités prendre ? Vous avez fait le choix de sabrer dans l’éducation et la culture pour prioriser la police municipale notamment : 95 postes en moins pour l’enseignement, 90 postes en moins d’animateurs, 21 millions d’euros en moins pour les travaux dans les écoles, 40.000 euros en moins pour les colonies de vacances. Mais quelle schizophrénie quand on ne cesse d’entendre la candidate clamer vouloir un avenir pour tous les enfants.

Côté culture, cela sabre aussi. C’est 5,6 millions d’euros en moins qui s’inscrivent dans une baisse quasi constante des moyens alloués à la culture depuis cinq ans et qui, cumulés, s’élèvent à 21,6 millions d’euros en moins.

Et dernier mensonge, ne prétendez pas que ce budget est à la hauteur des enjeux écologiques. Paris est très loin d’être engagée dans la bifurcation écologique qui devrait s’imposer au lieu de laisser les intérêts privés bétonner, elle devrait bien plus par exemple préempter.

Je voudrais terminer par une question à M. Nicolas NORDMAN. L’an dernier, vous disiez que la création de la police municipale, si on englobait toutes les dépenses afférentes y compris les salaires, représentait 184 millions d’euros. Qu’en est-il car la lecture de ce budget rend la réponse très compliquée à trouver ? Les Parisiens ont le droit de savoir, à défaut d’être associés.

Pour conclure, j’entends la droite vouloir mettre Paris sous tutelle. Cela montre bien déjà que rien ne la distingue des politiques d’Emmanuel MACRON. En vérité, mes chers collègues, je crains que l’on ait le même budget à l’arrivée. L’alignement des planètes libérales ne date, hélas, pas d’hier.

Je vous remercie.

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