1 million d’euros offerts par la Ville de Paris à des hôtels notamment de luxe des beaux quartiers !

Mme Danielle SIMONNET.- J’attends que le compteur soit remis à zéro. Me voilà une fois de plus avec seulement deux minutes, pour huit délibérations et pour présenter deux vœux. Je vous rappelle que c’est antidémocratique et contraire au CGCT.

Je voterai contre pour commencer la délibération DAE 194, par laquelle vous allez accorder 1 million d’euros à des hôtels, notamment de luxe, des beaux quartiers, pour financer 80 % de leurs travaux de rénovation…

Mme Danielle SIMONNET.- Je ne peux pas !

Mme Danielle SIMONNET.- Me voilà donc seulement avec deux minutes pour intervenir sur huit délibérations et présenter deux vœux.

Je voterai contre la DAE 194 par laquelle vous allez accorder 1 million d’euros à des hôtels, notamment de luxe, des beaux quartiers. Alors certes, pour des travaux de rénovation, notamment énergétique, mais dans le lot par exemple nous avons deux hôtels du groupe Accor, groupe très puissant, très bien coté en Bourse, qui a certes subi la crise sanitaire, mais qui s’en est plutôt bien sorti et tellement bien sorti les années précédentes que pour lui cela va.

Ce groupe est par ailleurs connu pour abuser de la sous-traitance et notamment maltraiter les femmes de chambre.

Cette délibération est révélatrice de votre libéralisme aussi “hollandien” que “macroniste”, et là j’avoue que le théâtre avec le groupe LR m’a un peu surpris, parce que sur ce sujet du soutien économique, vous êtes totalement dans la même cohérence idéologique.

Il faut cesser de financer les entreprises privées sans exigences, et sociales et écologiques, les deux à la fois. La Ville devrait prioriser le soutien à l’économie sociale et solidaire et non aux entreprises du modèle capitaliste, fût-il vert, car le problème, ce n’est pas la couleur. Penser l’écologie urbaine exige de rompre avec la notion d’attractivité, le modèle libéral du développement d’hier. L’attractivité, c’est la concurrence, la concurrence entre les territoires, la compétition entre les métropoles et en même temps, à l’intérieur de chaque métropole, la compétition entre le cœur et les communes autres.

Donc, pour réduire les distances domicile-travail, notamment penser pour reprendre vos mots, la ville du quart d’heure, il faut au contraire se dire que Paris doit cesser d’être excédentaire en emploi, et relocaliser l’emploi dans les communes où il est déficitaire.

Il faudrait cesser de construire des bureaux, et plutôt s’inspirer de la démarche “Territoire zéro chômeur”, en partant des besoins à satisfaire et non des logiques de l’offre.

Enfin, c’est à Paris que se développe le plus l’ubérisation, qui n’est qu’un suicide social collectif, un modèle, qui en faisant miroiter des services “low-cost” se passe du Code du travail, brise la Sécurité sociale, appauvrit l’Etat par l’évasion fiscale.

À la Ville, je souhaite que l’Observatoire de l’économie parisienne étudie particulièrement l’évolution de l’ubérisation sur la capitale, que Paris exclue tout financement des plateformes, garantisse des financements pérennes par exemple pour CoopCycle, qu’on nous informe où en est l’application par taxi promise.

Je me suis bien retrouvée d’ailleurs dans les interventions de Barbara GOMES et de Jérôme GLEIZES que je félicite, et j’ai bon espoir que mes vœux, que j’ai rapidement présentés, qui sont si raccord, pourront être votés également par vos groupes.

Je vous remercie.

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