La dignité humaine au thermomètre !

Je viens d’être informée par les associations qu’à peine le plan “grand froid” levé, les mises à la rue reprennent. L’Etat et la Ville de Paris ont un respect de la dignité humaine fluctuant au gré du thermomètre ! 

C’est irresponsable ! Car en cette période de pandémie, tous les acteurs publics devraient prendre conscience de l’impérieuse nécessité de mettre à l’abri l’intégralité de la population. Comment respecter un couvre feu à 18h si vous n’avez pas de toit ? 
C’est irresponsable car les personnes touchées par ces décisions sont en grande souffrance, qui ne peut que s’aggraver si on leur refuse le moindre abri, soumettant ces personnes à des traitements dégradants et aux dangers de la rue.  

C’est illégal !   
Parmi ces personnes, certains sont des jeunes isolés étrangers qui se sont déclarés mineurs mais dont la minorité n’a pas été retenue à la suite de l’évaluation. Or, les directives mentionnées dans le guide ministériel de la protection de l’enfance covid 19 sont claires:
– Il est impératif de réorienter les personnes évaluées majeures vers les dispositifs de droit commun : il convient donc de les réorienter vers l’hébergement d’urgence. 
– Ceux qui ont formé un recours contre le refus de prise en charge notifié par le conseil départemental doivent également en bénéficier, ce recours n’étant pas suspensif. 
– Pour les jeunes présentant les symptômes du Covid-19, une orientation vers un centre d’hébergement spécialisé doit être envisagée compte tenu des organisations locales. 

Ainsi, tous les jeunes dont la minorité n’a pas été retenue, qu’ils aient déposé  un recours ou pas, doivent être orientés vers un hébergement d’urgence. 

Les jeunes isolés étrangers devraient être orientés vers des structures particulières, les centres d’hébergement pour adultes n’étant pas adaptés à cette population jeune.  La ville de Paris a ouvert un centre d’hébergement pour les jeunes évalués majeurs mais en recours. Seulement son nombre de 40 places est insuffisant. 

Il est urgent que des mesures soient décidées en lien avec la Préfecture afin que personne ne se retrouve à la rue et tout particulièrement ces jeunes.

Je relaie la demande des associations pour que des lieux précis soient mis à disposition où elles pourraient orienter ces jeunes en détresse qui les sollicitent.

La protection des sans abris, des jeunes isolés doit cesser de fluctuer en fonction du thermomètre. 

Communiqué de Danielle Simonnet, Conseillère de Paris (LFI)

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