Pas une minute de plus ! Contre la suppression de 8 jours de congés pour les agents de la Ville

Mme Danielle SIMONNET.- Bonjour mes chers collègues, Madame la Maire, ma question d’actualité porte sur le sujet ô combien important qui va être finalement la mise en œuvre de la loi de transformation de la Fonction publique au niveau de la Ville de Paris.

Comme vous le savez toutes et tous, mes chers collègues, la question de la réduction du temps de travail a de tout temps été constamment au cœur du combat du mouvement ouvrier. Si l’on reprenait des dates importantes, la révolution de 1848 a permis l’instauration de la journée de travail limitée à 12 heures, et c’est à la suite de toutes les grèves dans les mines, et notamment dans les industries du textile, qu’en 1906 les droits des salariés ont permis l’accès à un jour de repos hebdomadaire. En 1919, la journée est passée à 8 heures. En 1936, sous le Front populaire, c’était la semaine de 40 heures maximum. En 1982, les ordonnances sous François Mitterrand ont permis la semaine de 39 heures. Je pense également à la semaine de 35 heures mise en place à partir des années 2000.

Depuis, on assiste plutôt à un mouvement contre-révolutionnaire, néolibéral qui vise au contraire à l’annualisation du temps de travail avec les discours de Nicolas SARKOZY “travailler plus pour gagner plus”, puis par la suite les lois EL KHOMRI et les ordonnances MACRON, ou la volonté de casser et déréguler le temps de travail.

Or, cette question de la réduction du temps de travail est essentielle à la fois en termes de progrès social pour émanciper la femme et l’homme du temps contraint au travail et gagner le temps libéré, le droit à la paresse, pour reprendre cette fameuse phrase, et cette émancipation du temps de travail par la réduction du temps de travail, c’est un projet de société, selon moi, émancipateur d’un point de vue aussi social et écologique.

La question qui est posée à la Ville est : que va-t-elle décider ? On a ce cadre de loi, mais on n’est pas obligé de l’appliquer jusqu’au bout. On est tout à fait en capacité de faire en sorte, même quand une régression très forte est mise en place par le gouvernement MACRON, de garder une protection de l’ensemble des salariés. Il faut savoir qu’à la Ville de Paris, les acquis du statut des fonctionnaires ne sont pas tombés du ciel, c’est parce qu’eux-mêmes ont lutté. Et donc, ils résultent de leur mobilisation.

On sait que les fonctionnaires de la Ville de Paris paient le gel du point d’indice pour l’ensemble des fonctionnaires, cela veut dire que leurs revenus n’ont pas augmenté de plus de 1,2 % en 10 ans. Par ailleurs, beaucoup de fonctionnaires de la Ville de Paris n’ont pas un logement à Paris et ont des temps de transport contraints extrêmement forts, d’où la nécessité, sauf que votre directeur des Ressources humaines, M. Antoine GUILLOU, a eu cette déclaration indiquant que hors sujétion, le temps de travail ne pourra plus être inférieur à 1 607 heures annuelles, ce qui signifie qu’ils pourraient perdre 8 jours de congé.

Voilà pourquoi ils seront en grève ce jeudi à l’appel de la quasi-totalité des organisations syndicales. Je vous remercie.

Mme Danielle SIMONNET.- C’est beau de citer Jaurès, je vous propose qu’on fasse mieux que de le citer et qu’on l’applique, donc que l’on se donne les moyens de ne pas appliquer cette grande régression qu’impose le gouvernement MACRON.

Déjà, dans la loi, vous n’êtes pas obligés de recourir aux contractuels. Il faut au contraire que vous teniez les engagements d’une ville qui veut aller jusqu’au bout de la déprécarisation et je vous assure qu’il y a hélas énormément de marges de progression afin de déprécariser.

Ensuite, il faut assumer de désobéir, de mettre en place le rapport de force. L’histoire du mouvement ouvrier est d’abord et avant tout une histoire de la lutte des classes et du soutien politique, à vous de choisir votre camp. La Ville se doit et s’honorerait de mobiliser l’ensemble des collectivités pour refuser cette régression que va provoquer cette loi de transformation de la Fonction publique et vous avez les moyens, y compris dans le cadre légal, de faire en sorte qu’il n’y ait pas, pour reprendre le slogan d’ailleurs de l’ensemble des organisations syndicales, “temps de travail : pas une minute de plus de travail imposé aux fonctionnaires de la Ville de Paris”.

Je vous remercie.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.