Les poneys sont des êtres sensibles pas un loisir consumériste

De quoi s’agit-il ? Pour ces promenades ludiques à poney, qui existent à la fois au parc Monceau, au Bois de Vincennes, au lac Daumesnil, au lac de Saint-Mandé, au Bois de Boulogne, dans les Buttes-Chaumont, au parc Montsouris, au parc Georges Brassens, au jardin du Ranelagh, et j’en oublie certainement, est-ce qu’il s’agit d’une activité d’équitation ? Personnellement, je n’ai pas fait d’équitation, je dois vous l’avouer, mais j’ai fait des colonies de vacances et je me souviens très bien d’une colonie de vacances où on a pu faire de l’équitation.

La première chose qu’on nous apprenait, c’était à rentrer en communication avec l’animal, à essayer d’échanger, de le connaître, d’en prendre soin et de ne pas en avoir peur. Il y avait toute une vertu pédagogique dans le rapport à l’animal. C’était très déstabilisant mais très instructif. On le soignait d’abord, on le brossait, on s’en occupait, on lui donnait à manger, avant de commencer à monter l’animal et avant d’apprendre. Je me souviens que j’étais tétanisée au début de ces vacances, mais on était vraiment dans un rapport de respect de l’animal et d’apprendre d’abord à le connaître.

Je n’ai franchement pas le sentiment que ce soit cette construction de relation et de rapport à l’animal qui se fait avec ces balades à poney. Soyons honnêtes, on est là sur de la consommation rapide : on met l’enfant sur le poney, on fait un petit tour, on a payé et on passe à autre chose. On mettrait l’enfant sur un poney ou sur un manège métallique que ce serait pareil. Il n’y a pas de temps où vous permettez à l’enfant d’apprendre à connaître ce poney.

Et que vit ce poney ? Je pense franchement qu’il y a un rapport totalement différent dans un centre équestre, dans le rapport qui peut être construit entre une personne qui fréquente un centre équestre et l’animal, et ce qui se fait dans un jardin sur ces petits manèges. Je le pense sincèrement, sans être une spécialiste.

Alors je voterai pour les amendements des écologistes à ce sujet et je remercie l’intervention de Douchka MARKOVIC, parce qu’il me semble important que nous continuions notre exigence d’impulser un autre rapport à la condition animale, de ne pas les considérer comme de simples objets de loisirs mais bien de prendre en compte que ce sont des êtres sensibles. Je pense que l’on devrait pouvoir concevoir d’autres rapports, y compris en ville, entre les enfants et l’animal.

C’est en sachant que ces poneys subissent aussi des déplacements constants. La maire du 14e, Carine PETIT, le disait elle-même pour son arrondissement. On ne peut pas garantir à ces poneys qu’ils ne subissent pas un transport pénible et qu’ils soient dans de bonnes conditions de repos et de nourriture. C’est pourquoi il va falloir le repenser.

Par ailleurs, ces poneys subissent un dressage très tôt et ils ne sont pas accompagnés des mêmes types de professionnels que dans un centre équestre. Pour certains, même si ce n’est pas pour tous, les associations comme “Paris Animaux Zoopolis” nous alertent qu’ils peuvent avoir parfois une longe façon colbert utilisée, qui devrait être plate avec ruban pour pouvoir glisser, alors qu’il s’agit dans certains cas de longes épaisses tressées qui provoquent une douleur sur les animaux, ce qui est aussi problématique.

Pour toutes ces raisons, il faudrait objectivement ne plus avoir ces petits manèges à poney et penser, dans certains parcs où ce serait possible, à une autre rencontre entre les enfants et les poneys dans un autre cadre.

A minima, c’est faire un vote séparé dans cette délibération et qu’on limite à un an cette convention. Si la convention est à trois ans, on aura beaucoup d’exigences au début du vote et les structures pourront se dire : d’ici trois ans, ils auront oublié et ce sera renouvelé immédiatement. Alors qu’un an, c’est un temps court et cela veut dire que c’est tout de suite, cette année, qu’il faut des premiers changements pour pouvoir faire vraiment un état des lieux.

Par ailleurs, il faut des travaux de réflexion dans les mairies d’arrondissement où il y a ces parcs, entre les enfants, les parents et les associations pour réfléchir à comment permettre, par le biais de centres de loisirs ou de colonies de vacances, d’autres expériences pour les Parisiennes et les Parisiens avec des animaux et dans un environnement qui serait beaucoup plus respectueux des animaux. Travaillons à cela parce qu’il y a un manque dans la construction de la relation enfants et animaux pour permettre l’éveil de la conscience du respect de la condition animale.

Je crois que j’en ai fini sur cette délibération et je vous remercie, en espérant que les amendements seront adoptés.

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