Agir contre la précarité énergétique

 Merci. Mes chers collègues, je pense également qu’il y a une sous-estimation du nombre de personnes en situation de précarité énergétique à Paris, et que la situation est bien plus catastrophique que celle décrite, et qui fait entendre qu’il y aurait 70.000 personnes en situation de précarité énergétique à Paris.

Il est bien rappelé dans la délibération que la précarité énergétique est liée à trois facteurs : le coût de l’énergie et de l’explosion de la hausse du coût de l’énergie ; les faibles revenus ; et ensuite, la mauvaise qualité du bâti.

Sur le premier point, sur le coût de l’énergie, l’Exécutif parisien fait exactement comme CASTEX. Vous n’avez pas une orientation très différente de celle du gouvernement. Le gouvernement a décidé de bloquer les prix, mais ne s’attaque absolument pas aux profits qui ont explosé. Les fournisseurs d’énergie, il faudrait taxer leurs profits pour permettre de faire peser sur leurs profits le blocage des prix de l’énergie.

Or, le gouvernement a décidé de “bloquer” les prix que pour une petite période, après les hausses successives que l’on a connues ces derniers mois. Résultat, on sait très bien que c’est par le contribuable que tout cela va être financé.

Et vous, finalement, au niveau de la municipalité, Paris a la main sur la C.P.C.U., mais ne l’a pas complètement parce que vous avez décidé que la C.P.C.U. continuerait à être gérée par Engie, une entreprise privée. Résultat, Engie fait, sachez-le, entre 6 à 13 millions de dividendes par an.

La bataille pour bloquer les prix d’Engie doit se poursuivre, car il n’est pas acceptable que dans les années passées, on ait connu autant d’augmentation sur le prix de l’énergie issue du chauffage urbain.

Donc oui, nationalement, il faudrait une politique alternative, la renationalisation de l’énergie, un blocage des prix, faire payer pendant la période intermédiaire les fournisseurs d’énergie, et du point de vue municipal, municipaliser la C.P.C.U., les fournisseurs d’énergie parisiens.

Sur la question ensuite des aides, parce qu’une partie de la population à Paris a de faibles revenus, une victoire vient d’être obtenue par la Fondation Abbé-Pierre, c’est la fin des coupures, enfin ! Mais il faut aussi augmenter les aides tant qu’il n’y a pas une augmentation des salaires et une baisse des loyers à la clé.

L’augmentation des aides pour le F.S.L., pour Paris Energie Familles, exigerait un cadre national, qui, pareil, dans l’attente de la création d’un pôle public de l’énergie, fasse que les profits des fournisseurs d’énergie soient automatiquement dans l’obligation d’abonder à ces aides.

Il va y avoir la création d’un observatoire parisien de la précarité énergétique. C’est une bonne chose, parce qu’il va falloir beaucoup plus analyser qui sont les personnes en situation de précarité énergétique, pour pouvoir faire en sorte que dans la période transitoire, les aides que nous pouvons distribuer soient au montant qui correspond aux besoins.

Or, pour l’instant, je pense que l’on est dans une situation où les besoins sont bien supérieurs aux aides que nous sommes en capacité d’attribuer, et l’information en tous les cas, sur les personnes qui pourraient avoir droit à ces aides, est bien trop faible. Et il y a peu de connaissances, je pense, de la population en situation de précarité énergétique, sur les aides dont elle pourrait bénéficier.

D’où l’intérêt par ailleurs du dispositif du Service local d’intervention pour la maîtrise de l’énergie. J’imagine que ce service ne va pas simplement aider les familles à mieux comprendre comment réduire leur consommation énergétique chez elles, mais aussi quelles sont les aides dont elles vont pouvoir bénéficier. Et que l’on soit dans une politique véritablement d’aller vers.

Je voudrais dire pour conclure, sur la mauvaise qualité du logement, cela fait 20 ans que vous dirigez Paris, que vous êtes par ailleurs en capacité à Paris Habitat, à la R.I.V.P., à Elogie-Siemp, sur une grosse partie du logement social, d’agir directement.

Or, il y a des problématiques de précarité énergétique dans le logement social, y compris chez les bailleurs de la Ville. Vous avez encore beaucoup de logements qui sont de vraies passoires, des locataires qui sont complètement pris en otage par les factures d’E.D.F. de radiateurs grille-pain, complètement exorbitantes.

Il y a une urgence avant même l’aboutissement de l’ensemble des plans Climat, d’entendre les familles sur ces problématiques. Je vous remercie.

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