Pas de dark-kitchen à “La Fabrique des transitions alimentaires agricoles”

Mes chers collègues, je voterai également cette délibération, et ce projet est important.

Vous connaissez mon attachement à ce quartier, Python-Duvernois, qui mérite toute notre attention et véritablement d’être soutenu.

La délibération DAE 310 sur le projet Serpollet vise à soutenir la création d’une fabrique des transitions alimentaires agricoles, et d’allouer une subvention de 1.292.500 euros à la R.I.V.P. dans le cadre de l’appel à projets de l’Arc de l’innovation.

Le projet est déjà bien enclenché, puisque tout ce qui est permis de construire est derrière nous. Les financements des travaux ont déjà été anticipés.

La délibération, j’ai un peu du mal à comprendre que d’un point de vue financement, on est sur une aide d’investissement alors qu’en réalité, cette subvention sera intégralement répercutée aux entreprises locataires sous la forme de rabais de loyer par rapport au prix du marché. Ce, en fonction par ailleurs des loyers supportables par les entreprises accueillies, en fonction de leur maturité afin, de ce que je comprends dans l’esprit, de bien aider à ce que les entreprises que l’on accueille, liées aux transitions alimentaires agricoles, soient des entreprises engagées dans une certaine éthique, dans une certaine démarche.

C’est pourquoi il faut les aider et les soutenir en contribuant à baisser les loyers.

Je souhaiterais que l’on soit plus précis dans cette convention. C’est pourquoi j’ai fait un amendement. D’abord, la convention précise l’existence d’un comité de sélection des entreprises locataires devant associer la Ville de Paris. Je propose que l’on puisse associer également les habitants du quartier Python-Duvernois, car on doit être dans une démarche aussi d’impliquer les habitants dans la vie de leur quartier et dans cette implantation d’activité économique dans ce quartier.

Vous savez comme moi que le quartier Python-Duvernois est un quartier populaire dont la population est confrontée à un taux de chômage très important, bien plus important que la moyenne de l’arrondissement, qui déjà est plus importante que la moyenne parisienne.

La volonté de la Ville de contribuer à la ville du quart d’heure, et donc à la réduction des distances domicile-travail, doit également contribuer à ce que les implantations de créations d’emploi permettent aussi, en retour, que la population au chômage localement puisse s’y intégrer pour reprendre, par exemple, aussi l’esprit “Territoires zéro chômeur” qui nous rassemble tous.

On doit également réfléchir en ce sens. C’est pourquoi j’ai fait un amendement pour dire : trouvons les formes pour associer les habitants du quartier à cela.

Je souhaite que l’on précise, deuxième chose, la nature des activités, car cela va mieux en le disant. Comprenez bien mon amendement, je suis persuadée que vous ne souhaitez pas que dans cette future fabrique des transitions alimentaires agricoles, on se retrouve à devoir héberger les “dark kitchens” ou les restaurants fantômes, ces structures qui se sont développées avec l’explosion de l'”ubérisation” et la livraison des plats à domicile.

Elles font que, sur Paris et sur la Région Ile-de-France, on se retrouve avec ces plateformes qui décident carrément de prendre des hangars et de se passer des restaurants, et du coup de créer elles-mêmes leurs restaurants fictifs. Elles vous font croire si jamais, mais j’espère que vous ne le faites pas, vous commandez vos repas par ces plateformes, que ce sont des petits restaurants de quartier, alors que ce sont de grandes plateformes et l’exploitation est à son comble.

Je préférerais qu’on note dans la convention, que l’on se rassure et que l’on soit bien précis en disant : “on ne veut pas de “dark kitchens” ou restaurants fantômes”. C’est pourquoi mes deux amendements, l’un propose que les habitants du quartier Python soient associés au comité de sélection des futures entreprises locataires.

Je souhaite proposer également que l’on amende en disant : “seront exclues les entreprises de préparation de repas vendus via des plateformes de l'”ubérisation”, de livraison à domicile” et que l’on rajoute : “les entreprises relevant de l’économie sociale et solidaire, les projets adossés aux circuits courts soutenant une agriculture paysanne, saine et si possible bio seront priorisés”.

C’est totalement dans l’esprit de la délibération, mais afin de bien le préciser.

Je vous remercie.

Amendement à la délibération DAE 310 visant à bien réserver les affectations à venir de “La Fabrique des transitions alimentaires agricoles” aux structures de l’économie sociale et solidaire, soucieuses des circuits courts, de l’agriculture paysanne, bio et locale :

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