La honte : on ne peut pas laisser les cantinières (sur)vivre avec 530€ par mois !

Voici l’amendement que je défendais pour améliorer les conditions de travail et d’emploi des cantinières du 20e, qui reprend les revendications qu’elles ont exprimé lors de leur grève le 11 décembre. Cet amendement a été rejeté.

Mme Danielle SIMONNET.- Monsieur François-Marie DIDIER, je ne suis pas d’accord avec vous. S’il y a une partie du sujet qui est propre au 20e, il y a bien un sujet qui est valable pour l’ensemble des mairies d’arrondissement. Alors reprenons les différents points.

Oui, sur la caisse des écoles du 20e arrondissement, vendredi dernier, il y a eu une grève qui a surpris les parents qui ont dû le jour même s’organiser avec leurs enfants. Les établissements ont été très déstabilisés pour essayer de faire en sorte que les enfants qui ne pouvaient pas revenir à la maison puissent néanmoins avoir à manger. Il y a eu parfois des livraisons qui n’ont commencé qu’au début de l’après-midi et tout cela a été très compliqué.

Que s’était-il passé ? En fait, les agents de la caisse des écoles avaient déposé avec leur syndicat CGT un préavis de grève dès le 20 novembre précédent, un préavis qui courait pendant tout le mois de décembre. Je pense que ce préavis de grève n’a pas été pris au sérieux. Donc tout n’a pas été fait par anticipation pour déminer le conflit. Et je regrette que la directrice de la caisse des écoles ne nous ait absolument pas informés au Conseil d’administration de la caisse des écoles de l’existence de ce préavis.

Visiblement, il y a un passif sur la caisse des écoles du 20e qui fait qu’une directrice de la caisse des écoles cumule avec la fonction de DRH. Je sais que M. le Maire du 20e, Éric PLIEZ, est conscient de cette difficulté et souhaite contribuer à faire en sorte qu’une autre gestion puisse être faite à l’avenir. De ce fait, il y a forcément des difficultés de dialogue social propres à ce passif dans le 20e arrondissement. J’ai appris par ailleurs que, dès lundi dernier, les représentants syndicaux ont été reçus par le maire du 20e pour pouvoir aborder l’ensemble de leurs revendications.

Maintenant, venons-en au cœur du sujet.

Si des choses peuvent être améliorées au niveau de la caisse des écoles du 20e, c’est-à-dire restaurer vraiment tous les cadres de discussion et de concertation possibles au niveau de l’arrondissement et de la caisse des écoles, les C.H.S.C.T., les C.T., les groupes de travail sur la question de l’absentéisme – je pense qu’il y a eu d’ailleurs des engagements en ce sens, c’est une bonne chose et je remercie le maire pour cela -, il y a un bon nombre de leurs préoccupations, de leurs revendications qu’il faut que nous entendions ici dans cet hémicycle.

Les femmes qui sont cantinières travaillent pour la plupart 5 heures par jour. Quand vous travaillez 5 heures par jour et donc 25 heures par semaine, vous avez une feuille de paye à l’arrivée de 530 euros par mois ! Avec 530 euros par mois, comment voulez-vous vivre à Paris ? Réalisez que quand vous voulez faire des écoles parisiennes la capitale de la ville du quart d’heure, des femmes qui travaillent et nourrissent nos enfants vivent bien en dessous du seuil de pauvreté : 530 euros par mois ! Et elles ont généralement entre 2 à 3 heures de transports par jour pour faire leurs 5 heures dans les caisses des écoles. Et on s’étonnerait qu’il y ait de l’absentéisme et qu’elles baissent les bras ? Mais enfin !

En plus, elles sont en contrat CDD renouvelés x fois et il faut attendre au moins six ans pour qu’elles puissent passer en CDI. C’est un vrai scandale ! Mais le problème est qu’il faudrait qu’elles puissent faire un volume horaire bien plus conséquent. Pour cela, il faudrait reconnaître que quand on travaille 5 heures, avec en plus l’amplitude horaire dans laquelle il y a le déjeuner, elles n’ont pas le droit, pas le temps de déjeuner parce qu’elles ne sont pas assez, donc il faut reconnaître qu’il va falloir augmenter les effectifs pour qu’elles puissent quand même faire des pauses déjeuner pendant ce temps de travail.

Mais il va falloir aussi reconnaître que l’on ne peut pas vivre avec un contrat de travail de 5 heures. Donc comment augmente-t-on l’amplitude horaire ? Pour les responsables, on a augmenté leur amplitude horaire à 8 heures et elles sont de fait titulaires de catégorie B, adjoints techniques de restauration parisienne, je crois – excusez-moi si j’ai oublié le terme – et elles sont donc fonctionnaires de la Ville. Pourquoi ce qui est possible pour les catégories B ne le serait pas en dessous ? Il faut en plus leur permettre d’accéder à un corps pour qu’il puisse y avoir aussi une possibilité d’évolution de carrière.

Je pense que l’urgence est que l’on puisse enfin discuter au niveau de tous les arrondissements, pour que celles qui travaillent dans les caisses des écoles puissent accéder à un corps de fonctionnaires de la Ville de Paris, quitte à être déconcentré en gestion par les délégués aux caisses des écoles, si vous souhaitez absolument garder l’autonomie des caisses des écoles. Je pense que c’est possible de faire cela, mais c’est vital parce qu’il est honteux, honteux que l’on surexploite ainsi !

Je n’ai plus de temps. Voilà le sens de l’amendement que je présente lié à cette délibération.

Je vous remercie.

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