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"À Paris, place au peuple !"

Vœu relatif aux travaux dans les logements d’Elogie Siemp et de Paris Habitat dans le quartier Plaine du 20e et Lefébure Soult du 12e arrondissements de Paris

Alors, pour commencer, pas de faux débats. Les locataires sont favorables à des travaux de réhabilitation thermique dans leurs bâtiments et aux ambitions écologiques qu’ils représentent. Mais quel est le problème ? En fait, depuis au moins le mois de janvier 2018, je relaye ici, dans cette assemblée, la colère de ces locataires et d’associations de locataires, qui représentent quand même plus de 1.500 logements à Paris Habitat et à Elogie-Siemp, parce qu’ils estiment qu’ils ne sont pas associés depuis le conventionnement des immeubles à la définition des travaux qui doivent en découler. Que disent-ils ?

Ils disent qu’ils ont une certaine expertise d’usage de fait en vivant dans ces appartements, et que, pour eux, l’enjeu est à la fois d’engager l’insonorisation et la réhabilitation thermique, et que, pour ce faire, ils estiment qu’il faut alerter sur les problèmes d’infiltration d’eau de façade, des balcons, des fuites répétitives de canalisations d’eaux pluviales et d’eaux usées, une mauvaise isolation thermique des toitures, le désenjointement des briques rouges de certains bâtiments poreux à refaire, des problèmes d’isolation phonique sources de nombreux conflits entre voisins, besoin de remplacer des éléments et équipements vétustes, besoin d’installation de chauffage dans les cuisines, de volets dans les appartements non équipés. Parce que la question de la réhabilitation thermique exige de réduire les consommations énergétiques en hiver, mais aussi de penser au confort de l’été, avec les problèmes de pic de chaleur.

En fait, ils ont l’impression qu’ils n’ont pas été associés aux travaux in fine qui leur sont imposés. Je rappelle que si le “Plan Climat” prévoit la nécessité d’une ventilation, rien dans le plan n’oblige à opter pour la V.M.C. Donc, il y a plusieurs hypothèses qui peuvent être réalisées et, finalement, les bailleurs ont choisi leurs propres hypothèses sans avoir un véritable débat. Attention, pour construire, il faut construire du consentement sur les travaux. Et cela exige de respecter un processus démocratique qui, aujourd’hui, ne l’est pas. Avec, évidemment, toute l’angoisse de la réhabilitation en site occupé, sachant qu’il y a des personnes âgées en situation de maladie. Vous avez aussi, en période de Covid-19, tout le problème.

Je termine pour dire : c’est pour cela que le vœu propose un moratoire sur les travaux, afin de prendre l’analyse des besoins en termes de travaux et l’étude des différentes options de travaux, avec une consultation au final organisée avec l’ensemble des locataires pour que les choix des travaux ne leur soient pas imposés arbitrairement.

Je vous remercie.