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"À Paris, place au peuple !"

Territoire “zéro chômeurs” : poursuivons les expérimentations !

Bien évidemment je voterai cette délibération et je soutiens cette démarche “Territoires zéro chômeur” qui permet vraiment de changer complètement de paradigme. C’est-à-dire qu’il faut sortir, comme le dit ATD Quart-Monde, de la logique de personnes qui seraient inemployables. Ce discours, qui vise à culpabiliser les chômeurs et à estimer que c’est de la responsabilité des chômeurs s’ils sont au chômage, est vraiment une impasse néolibérale avec laquelle il faut rompre.

De la même manière qu’il faut rompre aussi avec les logiques de politique de l’offre, au mépris des politiques de la demande, qui ont conduit par exemple les gouvernements successifs par le biais du C.I.C.E. à dégager des sommes astronomiques qui finalement ont permis de créer bien peu d’emplois et avec un coût par emploi hallucinant, tellement l’argent est de toute façon allé plutôt directement dans les caisses des grandes entreprises et redistribué en dividendes.

Là, il s’agit sur un territoire de penser quels sont les besoins de ce territoire, pour de fait créer des emplois qui puissent répondre à ces besoins. Cette démarche est importante dans un accompagnement des chômeurs de longue durée pour leur permettre d’accéder à ces créations d’emplois. Cette logique est importante.

Evidemment, certains aimeraient que ce soit une politique à neutralité financière, c’est-à-dire que le coût de l’emploi créé corresponde aux économies de R.S.A. et de différentes aides sociales correspondantes. Or, je pense qu’il faut aussi sortir de cette logique, comme le dit d’ailleurs l’économiste OLGA, car cela va forcément coûter plus cher, dans la mesure où il faut un accompagnement et surtout parce que l’on est face à un public qui bien souvent est dans le non-recours aux droits ; il n’y aura donc pas d’opération nulle d’un point de vue financier. Par contre, il y a des gains inestimables en termes de dignité de la personne, de reconstruction sociale. Les évaluations en termes de gains de bien-être, certes déclaratifs, en témoignent. Egalement, les expériences qui ont été menées montrent qu’il y a beaucoup moins de renoncements aux droits de la part des personnes qui ont participé au dispositif.

Je pense très important de développer ces expérimentations de “Territoires zéro chômeur”. Derrière cela, que l’on soit en “Territoires zéro chômeur” ou hors “Territoires zéro chômeur”, il faut que l’on comprenne bien que le soutien à des associations, des structures coopératives d’économie sociale et solidaire qui permettent de créer des emplois localement et de répondre à des besoins, est une stratégie bien plus payante que toutes les sommes pharaoniques, parfois distribuées sous prétexte de soutien aux start-up, à l’innovation, et qui ne sont pas toujours adossées à une évaluation des impacts sociaux et environnementaux.

Je terminerai en disant que j’espère que ces expérimentations de territoire feront un jour prendre conscience qu’il faut un changement radical de politique à l’échelle nationale en faveur de la création d’emplois qui répondent aux besoins. C’est dans cette logique – je disais aussi hier sur la mission locale que l’on ferait bien nationalement de créer 100.000 emplois jeunes, ce qui serait bien plus utile – de créer un dispositif, dans la lutte contre le chômage et pour la conquête du plein-emploi, avec évidemment d’autres leviers comme la réduction du temps de travail, où l’Etat se devrait d’être employeur en dernière instance.

Il pourrait y avoir aussi, dans l’expérimentation des “Territoires zéro chômeur”, une réflexion de la part de la collectivité : comment elle peut, elle aussi, à un moment donné assumer d’être employeur en dernière instance, pour qu’enfin on change de paradigme et que l’on pense à la satisfaction des besoins et à la nécessité que toutes et tous puissent avoir la dignité d’accès à un travail qui, par ailleurs, réponde à ces besoins.

Je vous remercie.