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"À Paris, place au peuple !"

Paris doit avoir son fleuve et sa rivière : découvrons la Bièvre !

Mes chers collègues, je ne sais pas si vous avez toutes et tous lu Koris-Karl Huysmans, qui en 1890 écrivait ce livre sur la Bièvre magnifique qui retraçait justement la disparition, sous l’effet des travaux d’assainissement, de cette rivière parisienne qui était donc le symbole du Paris pauvre, le symbole du Paris sale, le symbole du Paris opprimé, le symbole du Paris abandonné.

C’est bien par les travaux d’Haussmann que la Bièvre a été recouverte et qu’il fallait absolument oublier cette rivière qui avait été de fait annexée par les activités industrielles comme finalement caniveau dans lequel on déversait les eaux usées, dans lequel on déversait tant de pollution et la Bièvre empestait. Pourtant, la Bièvre n’était pas dénuée de beauté.

Cela fait longtemps que les réflexions sur le fait de redécouvrir la Bièvre ont été posées. D’ailleurs, l’APUR avait commencé des études. Pourquoi depuis 2001, n’avons-nous pas avancé sur ce dossier ? Hélas, parce que d’autres investissements ont été priorisés. D’autres conceptions de la Ville et de son urbanisme ont été privilégiées. Notamment dans les trois mandatures précédentes, il était prioritaire de mettre des millions pour des centres commerciaux comme la rénovation du chantier les Halles en les vendant à Unibail, ou dans des tours de bureaux, ou bien dans la fuite en avant dans les Jeux Olympiques qui n’auront rien d’écolo.

On était donc sur une autre conception du développement d’urbanisme qui a prévalu hélas à vos trois majorités successives, qui était finalement la financiarisation de la Ville.

Est-ce qu’enfin, la prise de conscience écologique va faire en sorte que l’exécutif change totalement de braquet et se dise : finalement, mieux vaut investir des sommes, certes conséquentes, importantes, pour redécouvrir la Bièvre, plutôt que de continuer à bétonner Paris ?

Parce que redécouvrir la Bièvre comme l’ont dit d’autres collègues avant moi, c’est permettre à Paris qui a déjà son fleuve, de retrouver la rivière et donc de retrouver une autre respiration. C’est considérer que Paris doit réinventer un autre rapport ou requestionner son rapport à la nature, au vivant végétal et animal.

Et cet autre rapport au vivant est nécessaire face au réchauffement climatique pour avoir cette capacité d’irriguer, de rafraîchir la Ville. C’est aussi nécessaire pour protéger, développer et réinstaurer une biodiversité, et c’est aussi permettre une ville écologique qui soit et verte et bleue, et permette de retrouver des promenades rafraîchissantes.

La question sociale viendra aussi avec. L’embellissement de la Ville pour que l’on ne se retrouve pas dans un contresens total par rapport à la disparition de la Bièvre doit aller de pair avec la volonté d’une ville populaire.

Je souhaite et je fais le vœu que la redécouverte de la Bièvre n’accompagne pas non plus une spéculation et une gentrification hors pair autour de sa redécouverte si nous y arrivons, et qu’il y ait bien un accompagnement pour qu’il y ait aussi du logement social et populaire autour de cette Bièvre. La Bièvre doit permettre une balade, une promenade gratuite et un autre rapport à Paris.

A qui cela bénéficiera-t-il ? Il ne peut pas y avoir d’écologie qui ne soit pas populaire.

Je souhaite donc vraiment que la découverte de la Bièvre puisse être un des grands chantiers de cette mandature, dès 2014 je soutenais également cette redécouverte de la Bièvre, de l’air, libérons la Bièvre. Je vous remercie.