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"À Paris, place au peuple !"

Question d’actualité au sujet du DGS

  • Question d’actualité au sujet du Directeur Général des Services de la Mairie du 20e, suite aux révélations de discriminations après le décès de Sabine Vorin, agente du nettoyage. 

 

 

 

Mme Danielle SIMONNET. – Madame la Maire.

En septembre dernier, je vous avais interpellée au sujet du décès de Mme Sabine Vorin, agente de nettoyage qui se trouvait en situation de travail isolé dans une bibliothèque du 20e. Depuis une réorganisation du travail a été opérée pour qu’il n’y ait plus de situation de travail isolé.

Mais nous avons appris par le biais du site CJL que Mme Vorin travaillait auparavant à la mairie du 20e et avait été déplacée ailleurs grâce à son supérieur hiérarchique pour la protéger, suite à des comportements et propos harcelants, racistes, sexistes et grossophobes qu’aurait eu à son égard le directeur général des services de la mairie du 20e.

Dans le cadre de l’enquête du C.H.S.C.T., des témoignages auraient corroboré ces déclarations.

Je n’ai pas été surprise. J’étais d’ores et déjà intervenue en 2014 au Conseil d’arrondissement et en Conseil de Paris, toujours via une question d’actualité concernant le harcèlement moral, sexuel, des discriminations racistes et la souffrance au travail liés au comportement de ce D.G.S. Je vous avais alertés, mais vous m’avez répondu que tout allait bien. Comme si la Mairie de Paris et la mairie du 20e n’avaient strictement rien à se reprocher et que les dispositifs, pour garantir aux agents la défense de leurs droits en toute sécurité, étaient assurés.

Depuis dix ans, en mairie du 20e, pour certains agents, c’est un calvaire, un cauchemar, des discriminations, des humiliations, des dépressions, et personne ne peut dire : je ne savais pas.

Janvier 2010 : le syndicat UNSA dénonce un management particulièrement agressif et autoritaire, des manœuvres discriminatoires du D.G.S.

Mars 2011 : la CGT saisit la commission administrative paritaire des A.S.G. et la Halde concernant les discriminations infligées à un agent par le D.G.S. au motif qu’il s’exprime avec un fort accent.

Mars 2012 : une plainte est déposée au Parquet pour harcèlement et agression sexuelle par un agent. Soutenu par l’association “AVFT” contre le D.G.S. de la mairie du 20e. L’Inspection générale a bien diligenté une enquête mais à charge contre l’agent. L’objet de la demande de la mission ordonnait d’investiguer sur les activités professionnelles annexes de l’agent en arrêt maladie, alors que sa plainte faisait état de harcèlement sexuel, d’agression sexuelle et de harcèlement moral. Que cherchait-on alors à établir ? Je vous informe que le parquet va être saisi par un fonctionnaire et son avocat au titre de l’article 40 contre ce D.G.S.

En 2014, c’est ce même D.G.S. qui avait notifié l’interdiction faite aux agents de parler une langue étrangère au nom de la laïcité, assimilant une langue étrangère à une religion. Cette directive reprenait finalement celle prise trois mois auparavant par le maire FN du 7e arrondissement au secteur de Marseille, Stéphane RAVIER.

Juin 2017 : au C.H.S.C.T., une alerte pour danger grave et imminent a été posée. A l’origine, une situation de propos dégradants et gestes déplacés, et j’en passe.

Il y a bien plus qu’un faisceau d’éléments graves et répétés qui devrait suffire à alerter la Ville sur le fait que ces comportements du D.G.S. ne sont pas admissibles. La peur doit changer de camp.

Madame la Maire, je vous ai envoyé copie de ma lettre à la maire du 20e, Frédérique CALANDRA, avec copie à Mme BIDARD, à Mme LEVIEUX, où je demande une enquête de l’Inspection générale des services en mairie du 20e. Vous l’avez diligentée et je remercie Mme LEVIEUX de m’avoir tenue au courant.

Je vous demande aujourd’hui qu’elle puisse se dérouler dans un cadre protecteur pour l’ensemble des agents et que des garanties en ce sens leur soient accordées, que le D.G.S. soit suspendu de ses fonctions hors de la mairie du 20e tout au long de l’enquête jusqu’à ce qu’elle puisse rendre ses conclusions.

Je souhaite aussi qu’il y ait une autre enquête qui permette de comprendre pourquoi l’inspection missionnée en 2014 a pu étouffer sous silence à ce point les problématiques a minima de souffrance au travail, de harcèlement moral et de discrimination en mairie du 20e sous la responsabilité du D.G.S. et que soit mise au clair toute la chaîne des responsabilités.

Je vous remercie.

 

Mme Danielle SIMONNET. – Ah bon ; je croyais que la maire du 20e voulait prendre la parole.

Madame LEVIEUX, je vous remercie. Je vous remercie sincèrement, parce que prendre cette décision de décharger de ses missions temporairement le directeur général des services va permettre, je le souhaite vivement, de créer une ambiance de retour à la confiance. Je pense que les agents ont besoin de retrouver la confiance pour pouvoir enfin parler.

Mais je peux vous dire qu’hier soir encore, j’en avais au téléphone qui me disaient : “Non, on ne parlera pas, on préfère encore attendre deux ans”. Or je pense qu’il faut qu’ils parlent. Et je dis vraiment à l’ensemble des agents : “Cette situation doit cesser, cette situation cessera mais parlez, témoignez, soyez solidaires entre vous et d’ailleurs, pour la suite, syndiquez-vous”. Comme l’écrit la C.G.T., par les témoignages qu’elle a collectés, le déplacement d’agents hors de la mairie du 20e, en raison de leur couleur de peau, de leur corpulence, de leur accent ou tout simplement parce que leur tête ne convenait pas au D.G.S., n’a probablement pas concerné seulement Mme Sabine Vorin mais bien d’autres personnes.

Pendant toutes ces années, le D.G.S. a été, hélas, défendu et protégé. Et je vous assure qu’il y a un véritable problème. J’ai mille sujets sur la table en 2014 ; dans une question d’actualité que je vous demande à toutes et à tous de relire. Or il ne s’est rien passé depuis 2014, depuis cette question d’actualité où tous les termes sont toujours autant d’actualité. Maintenant, il faut que cela change.

D’ailleurs, je souhaite le dire aussi à Mme BIDARD. Quelles sont les actions que vous avez engagées alors que le problème des discriminations avait été soulevé ? Je ne crois pas qu’il y ait eu des actions spécifiques dans cette mairie du 20e. Il est vraiment essentiel par ailleurs de repenser par la suite, de fond en comble, un autre dispositif qui soit garant des préventions des risques psycho-sociaux, qui mette réellement en confiance les agents pour qu’ils puissent alerter en cas de maltraitance, de harcèlement et de discrimination.

Sachez par ailleurs que concernant le dossier pénal…

 

Mme Danielle SIMONNET. – Et je terminerai. En 2017, s’est constituée partie civile et un juge d’instruction est désigné. Je peux donc vous dire que la procédure concernant un autre cas va bien se poursuivre.

Je vous remercie.