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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur les orientations budgétaires

 

 

Mme Danielle SIMONNET. – Cette année, on a droit en fait à un faux débat budgétaire, puisque la Ville s’est mise sous tutelle de Bercy par le biais de la contractualisation. Tout juste sommes-nous face à une démarche de type budget participatif, organisé par le ministre, M. DARMANIN, à laquelle Mme HIDALGO et sa majorité ont décidé de participer en acceptant, de fait, cette perte d’autonomie de notre gestion communale.

Hélas ! Paris n’a pas résisté. Paris a même été une des premières villes à signer cette contractualisation, affaiblissant considérablement les autres collectivités. Paris avait pourtant les moyens de s’y opposer. Si Paris s’y refusait, elle prenait le risque seulement de perdre sa dotation globale de fonctionnement qui n’est que de 75 millions d’euros. D’ailleurs, M. Emmanuel GRÉGOIRE lui-même disait à l’époque que la Ville n’était pas contrainte, pour mieux argumenter son adhésion sur le fond.

Donc, Paris avait les moyens de prendre la tête de la contestation, d’embarquer nombre de collectivités dans ce bras de fer, et surtout de mobiliser les Parisiennes et les Parisiens. Mais la majorité a préféré jouer au contraire les bons élèves, les premiers à rendre la copie, en allant au-delà des demandes de la tutelle de Bercy. Non seulement la Ville s’engage à ne pas dépasser 1,14 % de hausse des dépenses de fonctionnement au lieu des 1,2 % attendus, mais vous vous vantez d’une augmentation de 0,34 % hors péréquation seulement en moyenne sur la mandature, et vous nous annoncez pour cette année 0,6 % seulement d’augmentation.

Si vous aviez assumé d’aller au moins jusqu’au taux fixé comme limite par l’exigence macronienne de 1,2 % d’augmentation des dépenses, vous aviez 50 millions d’euros de plus cette année. Si vous aviez assumé de désobéir et d’aller jusqu’à à 2 % d’augmentation de ces dépenses, qui restent un taux très modéré, c’était 110 millions d’euros de plus que vous pouviez consacrer à l’hébergement des personnes sans-abris, à l’accompagnement des femmes victimes de violence, à la culture, pour subventionner des associations écologiques et solidaires, pour améliorer les services publics en recrutant plus de fonctionnaires, pour accroître les espaces verts, encourager les jardins partagés, étendre de nouveaux espaces de gratuité, développer la pratique du vélo.

110 millions d’euros, ce n’est tout de même pas rien. C’est une somme et pourtant ! Il y a tant d’urgences auxquelles il faudrait pouvoir répondre et vous y renoncer par pure adhésion idéologique à la doxa libérale.

Pourquoi ? Ce n’est pas seulement parce que la majorité comprend des adjoints macronistes, mais surtout parce que beaucoup d’élus, tous groupes confondus dans cette majorité, sont d’ores et déjà macronisés dans leur tête. Et vous avez visiblement, Madame la Maire, toujours l’espoir aux prochaines municipales d’être soutenue in fine par la Macronie, ne serait-ce qu’au second tour.

En acceptant cette vassalisation de Paris aux logiques libérales et austéritaires du monarque Macron, tout le reste de votre politique est contrainte de s’y conformer par la poursuite des coups de rabot et du recours aveuglé au privé.

Je vous remercie.