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"À Paris, place au peuple !"

Conventionnement rue Pali Kao : Zone à gentrification ?

Mme Danielle SIMONNET. – Sur cette délibération, un autre aspect pose question. Rue Pali Kao, villa des Trois Couronnes, à travers ce programme de conventionnement en PLS de 39 logements dans le cadre d’une rénovation de Plan Climat, ne s’agirait-il finalement pas d’un cas de Z.A.G., de “zone à gentrifier” ? On se situe en bas du parc de Belleville, dans un quartier encore populaire, mais en contact avec la rue de Belleville et de la rue des Noyers. On voit bien comment se fait la gentrification, laquelle a dépassé depuis belle lurette le centre de Paris et se fait sentir, sur les arrondissements populaires comme le 20e, de manière de plus en plus irréversible. Il s’agit d’une opération de rénovation et de montée en gamme de prix.

Sur la question écologique, il est évidemment très important de mettre en place des réhabilitations-rénovations Plan Climat, surtout que ces logements étaient de véritables passoirs thermiques : 34 appartements, 5 maisons. Pourtant, comme le disait Yves CONTASSOT, il n’est pas du tout garanti que les leviers utilisés soient les plus optimums d’un point de vue écologique. Surtout, il nous manque des éléments d’information et de précision dans cette délibération.

Par ailleurs, le nouveau niveau de loyers est de 12,80 euros le mètre carré, sans compter les loyers accessoires autorisés pour les terrasses et jardins. Par exemple, une terrasse de 20 mètres carrés, c’est 20 euros supplémentaires mensuels. J’aimerais savoir, Monsieur Ian BROSSAT, quel était le niveau des loyers avant cette opération – car ce n’est pas précisé dans cette délibération – pour voir s’il y aura un “changement” de peuplement avec cette opération. Je pense qu’il est à craindre.

Nous sommes face à une situation où ce sera du logement pour la préfecture à raison de 30 % et pour la Ville à 20 %. Cependant, comme ces logements sont réservés PLS, nous savons que ce seront plutôt des cadres. Bon nombre d’opérations de rénovation ayant eu lieu depuis 2001, dans le 20e arrondissement et dans d’autres quartiers populaires de Paris, se sont finalement soldées par une réduction très forte du nombre de logements au loyer accessible.

Tout en faisant du logement social, on a réduit le nombre de logements au loyer accessible en prenant, certes, à bras le corps la lutte contre le logement insalubre. Cette lutte, d’ailleurs, n’est pas finie mais nous pouvons être très fiers : il n’y a pas de commune mesure entre la situation parisienne et la situation marseillaise, par exemple. Pour autant, il faut également être en capacité de se dire que nous n’avons pas à gentrifier nos arrondissements.

Or, il s’agit toujours du même problème : on veut mettre à chaque fois 30 % de logements PLS sur les nouvelles opérations et ce faisant, on opère une discrimination sociale inacceptable. Les demandeurs de logement PLS ne représentent que 10 % de la totalité des demandeurs de logements sociaux. On sait donc pertinemment que, lorsqu’on développe 30 % de logements PLS et que les opérations dans ces quartiers n’ont que du PLS, cela se solde par une modification du peuplement d’un micro-quartier, et donc une accélération de la gentrification d’un micro-quartier.

Voilà le problème auquel nous sommes confrontés. J’aimerais donc vraiment, Monsieur le Maire, savoir exactement ce qu’il en est et quels étaient les montants des loyers auparavant.

Pour conclure, on trouve dans ces logiques d’urbanisme des situations paradoxales : il s’agit ici clairement d’une zone de gentrification ; parfois, ce sont des zones comme Bercy-Charenton, de totale aberration avec les tours, les bureaux et la bétonisation tous azimuts. D’ailleurs, j’interviendrai sur une autre délibération qui est un triste exemple de bétonisation.

Je vous remercie.