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"À Paris, place au peuple !"

Les JO sont une gabegie, plus que jamais dans le contexte actuel

Eh bien, vous ne serez pas surpris mais moi, je ne voterai pas cette délibération.

Evidemment, il s’agit juste d’une convention d’objectifs pour l’aménagement des espaces publics aux abords du Grand Palais. On peut même se dire que, grâce à la SOLIDEO, on va avoir 5 millions d’euros pour réaliser des travaux de réaménagement des espaces publics aux abords tel le jardin de la Nouvelle-France, améliorer la qualité paysagère, piétonniser l’avenue de Churchill, rénover le trottoir Roosevelt. Pourquoi être contre tout cela, même si, de vous à moi, je ne sais pas si dans les travaux de réaménagement la priorité est bien ces quartiers du 8e arrondissement.

Mais surtout, dans le cadre des Jeux Olympiques, vous n’avez cessé de nous dire qu’il s’agirait de jeux sobres et durables. Or, vous le savez comme moi, les jeux ne seront ni sobres ni écologiques. Durable oui, durable sera la facture. Durable sera la facture à la fois financière pour le contribuable, pour l’Etat, pour les collectivités, et aussi la facture en termes d’empreinte écologique.

Dernièrement, il y avait une tribune extrêmement intéressante – je vous invite à la lire ou à la relire – qui disait clairement qu’il est irresponsable de dilapider l’argent public dans une opération de prestige pharaonique. Elle était signée par une trentaine d’intellectuels et personnalités politiques, allant d’Isabelle BARBÉRIS à Luc FERRY, Fabien OLLIER, Annie SUGIER et bien d’autres. Franchement, personne ne peut nier, en ce contexte de crise sanitaire inouï provoqué par l’épidémie mondiale de Covid-19, qu’on sait tous et toutes que le budget des Jeux Olympiques de Paris 2024, prévu initialement à 6,6 milliards d’euros, va totalement exploser.

D’abord, tous les budgets de tous les J.O. auparavant ont explosé. Je rappelle, par exemple, que pour les J.O. de Tokyo, qui devaient être vraiment exemplaires en termes de sobriété économique, ont déjà pris 2 à 5 milliards d’euros, rien que pour leur report d’un an et la facture s’élève à 18 milliards d’euros pour Tokyo. Dix-huit milliards d’euros ! Vous savez donc très bien que l’on ne sera pas à 6,6 milliards d’euros.

Franchement, l’Etat et notre collectivité ont mieux à faire que de s’aligner sur ce soi-disant idéal olympique, comme le dit la tribune, longtemps rongé par l’affairisme, la corruption, le dopage. A défaut de pouvoir enrayer les crises en cascades que subissent les Français, l’Etat n’a pas vocation à garantir la santé financière des partenaires ou sponsors officiels des Jeux. Voilà ce que dit cette tribune. Et ils dénoncent bien sûr les prétendus jeux verts et le bilan carbone record qui sera assuré.

En fait, les Jeux Olympiques, et la SOLIDEO en est une déclinaison, c’est finalement un immense partenariat public-privé. Et dans les partenariats public-privé, il s’agit toujours finalement de faire en sorte que l’argent public serve les intérêts privés : c’est une subvention par l’argent public pour les intérêts privés parce que les seuls gagnants seront les sponsors.

Alors, pour le Grand Palais, il y a deux scandales. Il y a d’abord la somme colossale et le budget qui explose sur les travaux du Grand Palais. Je sais bien que ce n’est pas l’objet de cette délibération, qui est juste sur les travaux aux abords, mais comment occulter le cœur du sujet ? Et il y a le scandale écologique, qui a été très bien relaté par Jérôme GLEIZE hier sur le pseudo-Grand Palais Ephémère, qui sera, lui, durable, pas au sens écologique mais au sens d’un abandon durable d’un immense espace vert.

Je vous le dis, il faut abandonner ces Jeux Olympiques. Il faut y renoncer ! C’est une mesure responsable que de renoncer à ces Jeux Olympiques dans ce contexte actuel et de prendre le temps de repenser une manifestation internationale du sport. Parce que dans le contexte des pandémies mondiales, on pensera peut-être être sortis du Covid, mais on ne sait pas les autres virus qui peuvent arriver.

On doit donc repenser ces manifestations d’un point de vue des pandémies et d’un point de vue de leur empreinte carbone. Ces déplacements aussi nombreux avec ces émissions de gaz à effet de serre sont des aberrations. Puis les travaux ne correspondent pas aux besoins de la population. Franchement, l’urgence n’est pas de faire des événements pharaoniques qui ne correspondent pas à l’intérêt général.

Je ne m’inscrirai pas sur les autres délibérations, je vous en ferai grâce, mais quand on voit que l’autre délibération juste après porte sur les travaux sur les sites dédiés aux entraînements, pourquoi avons-nous besoin des J.O. pour enfin entretenir l’ensemble de nos équipements sportifs ? C’est honteux. Pour l’autre délibération, pourquoi avons-nous besoin des Jeux Olympiques pour pouvoir financer “Médecine pour tous” et expérimenter le sport sur ordonnance ? Pourquoi il a fallu attendre les J.O. pour qu’il y ait une réflexion sur les politiques sportives ?

Je voterai contre cette délibération et je trouve honteux que l’on fasse du “citizen washing “, du “greenwashing”sur ces Jeux Olympiques qui constituent toujours une immense gabegie.