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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur le règlement des Parcs et Jardins

 

 

Mme Danielle SIMONNET. – Mes chers collègues, cette question des parcs et jardins est extrêmement importante pour plusieurs raisons.

Comme cela a été dit précédemment par plusieurs collègues dans cette assemblée, c’est d’abord un enjeu écologique. Les parcs et jardins montrent la nécessité de prendre en compte le droit à la nature en ville, mais aussi la nécessité de la responsabilité collective sur le fait de créer des espaces en respect de la biodiversité. Faut-il rappeler le rapport WWF qui nous alerte de manière extrêmement inquiétante sur la situation ? Les villes ont un rôle à jouer extrêmement important.

Je ne peux pas, là, redévelopper le vœu que j’avais présenté, dans le cadre du débat sur la commission “Animaux en ville”, sur la nécessité d’expérimenter des parcs aménagés avec un axe qui est le respect des animaux liminaires en ville.

Il me semble aussi essentiel de bien prendre conscience que nos parcs et jardins, ces îlots de fraîcheur, sont déterminants dans le cadre de la lutte contre le dérèglement climatique. Nos parcs et jardins sont non seulement, finalement, des capteurs de CO2, mais ils sont aussi essentiels pour offrir à toutes et à tous des cadres de fraîcheur pendant les pics de chaleur. Paris est la ville la plus dense d’Europe, avec 5 mètres carrés d’espaces verts par habitant si on ne compte pas les bois. Il faut donc aller bien plus loin et augmenter le nombre de parcs et jardins, aujourd’hui au nombre de 430 mais avec des réalités extrêmement diverses.

Deuxième préoccupation qui doit être la nôtre, c’est bien considérer que ces services publics sont nos bien communs. Ils doivent être considérés comme des espaces de repos, de balades, de jeux pour les enfants où on se retrouve en famille ou entre amis, des espaces de loisirs en dehors de toute activité lucrative. Il est important de préserver et de retrouver pleinement, dans les parcs et jardins, des espaces de gratuité libérés des intérêts privés. Il me semble essentiel de revenir sur ce qu’ont dit d’autres collègues sur le fait qu’il ne doit pas y avoir de publicité dans les parcs et jardins. Il ne doit pas y avoir de manifestations à caractère lucratif. Par contre, on doit pouvoir aussi y organiser des animations associatives, culturelles tout en respectant aussi des temps de repos où il ne se passe pas grand-chose, pour que tout simplement on puisse profiter du calme des parcs et jardins.

Dans chacun de nos parcs et jardins, nous avons des aires de jeux pour les enfants. Concernant ces aires de jeux, le problème, c’est qu’on est toujours dans des logiques d’appel d’offres et que bien souvent on privilégie des grosses entreprises qui font des jeux, et je trouve cela dommage car on a vraiment une uniformisation. C’est quelque chose qui me tient à cœur car je suis enfant d’artistes sculpteurs qui faisaient des jeux pour enfants, et qui en font toujours d’ailleurs, impliqués dans des associations. Il y a beaucoup de créateurs de jeux pour enfants et je trouve qu’il y a encore trop peu d’expérimentations dans les parcs et jardins, où on prend le risque d’associer la population, on prend le risque d’aller chercher des créateurs pour penser des aménagements poétiques, créatifs, artistiques dans ces parcs et jardins.

Dernière chose. Sur la question des horaires, il faut évidemment faire évoluer les horaires et cela a déjà été le cas selon les saisons, mais attention, vouloir à tout prix laisser ouverts les parcs et jardins de jour comme de nuit est d’abord contraire à un impératif de respect de la biodiversité des animaux qui ont leur rythme aussi. Il faut donc également respecter le fait qu’à partir d’une certaine heure, les parcs et jardins sont fermés, et on respecte les rythmes des uns et des autres en ville.

Les parcs et jardins ne doivent pas forcément être ouverts de jour comme de nuit, parce qu’il faut aussi assumer le fait que l’on doit ralentir la vie en ville. De la même manière que l’on ne doit pas avoir le même rythme d’intensité de vie le dimanche, il ne faut pas la même intensité de vie la nuit. Mais pas pour les raisons qu’a exposées Christian HONORÉ en stigmatisant les populations dont la Ville, l’Etat et les collectivités ne garantissent pas les accès aux droits, comme si c’était cela, la première problématique. Si on veut régler le problème d’exilés qui trouvent refuge dans les parcs et jardins, ce n’est pas par une interdiction et par une répression, mais tout simplement en créant les structures d’hébergement d’urgence, l’accès aux droits qui répond aux besoins. C’est pareil pour les problèmes d’addictologie : faisons en sorte de nous préoccuper enfin du retard terrible à Paris là-dessus.

Dernière phrase, la question des horaires doit se faire aussi avec les agents. Je tiens à dire que les agents nous alertent assez régulièrement sur le fait qu’ils sont souvent en nombre insuffisant, pas assez respectés et qu’ils ont des conditions salariales assez déplorables.

Je vous remercie.