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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur le rapport de la mission “Animaux en ville”

 

 

Intervention sur le rapport de la mission “Animaux en ville” et présentation de mes voeux rattachés (cirques sans animaux, interdiction de la pêche à Paris, etc.)

Mme Danielle SIMONNET. – Eh, oui. Merci, Monsieur le Maire.

Je commencerai peut-être par dire : tout ça pour ça ? Parce qu’en fait, l’exécutif parisien a créé cette mission “Animaux en ville” il y a plus de deux ans – souvenez-vous – en réponse à un vœu du groupe Europe Ecologie Les Verts demandant l’interdiction des cirques avec animaux sauvages dans Paris. Je salue tout le travail et les discussions, notamment avec les circassiens. Mais, avec plus d’un an de retard, la mission “Animaux en ville” a enfin présenté son rapport, pour, au final, ne pas s’engager à interdire les cirques avec animaux sauvages, contrairement à d’autres villes, comme Montpellier ou Strasbourg. C’est pourtant une mesure souhaitée par 67 % des Français, selon un sondage IFOP pour “30 millions d’Amis”. Donc, tout ça pour ça. Quel manque de courage !

Cette question des cirques sans animaux sauvages est pourtant essentielle, à la fois pour une question de prise en compte de la souffrance animale. Oui, les animaux sont des êtres sensibles, et dorénavant, c’est inscrit dans les textes de loi votés à l’Assemblée nationale. C’est une question – cela a été rappelé – de respect de la biodiversité. Concernant les animaux en voie de disparition, on doit refuser le commerce, la chasse, le braconnage, et quelle très mauvaise image on donne à donner à voir des animaux sauvages dans nos cirques. Mais c’est aussi une question, je dirais, plus philosophique, plus civilisationnelle. Là, je citerai, moi aussi, Louise Michel – une citation courte : “Plus l’homme est féroce envers la bête, plus il est rampant devant les hommes qui le dominent”.

On comprend bien, à un moment donné, la fonction qu’ont pu avoir ces manifestations, soi-disant de loisir, où les hommes montrent leur pouvoir sur les animaux et leur capacité de les faire souffrir, quelle fonction symbolique dans les rapports sociaux de domination, cela peut avoir. Donc, oui, c’est aussi une question philosophique, pas simplement pour le respect de la condition animale, mais dans la remise en cause des rapports de domination entre les hommes eux-mêmes. Il y a des travaux, d’ailleurs fort intéressants, qui ont fait une corrélation entre les rapports de domination animale et les conditions des rapports de domination patriarcale. Mais je ne développerai pas plus ici.

Donc oui, je propose, à travers mes vœux notamment, que la Ville de Paris s’engage au plus vite à n’autoriser sur le territoire parisien que des cirques sans animaux sauvages. Paris ne doit plus cautionner les conditions indignes de souffrance et d’enfermement imposées aux animaux sauvages dans ce type de structure.

Sur le reste du rapport “Animaux en ville”, j’ai entendu beaucoup de collègues saluer et féliciter la richesse des propositions. Pour ma part, je suis beaucoup plus critique. Je trouve qu’il manque énormément de choses. Pour pallier cela, je souhaiterais que l’on crée un poste d’adjoint à la condition animale, comme c’est le cas dans nombre de grandes villes françaises – Toulouse, Marseille, Lille – et de villes européennes – Berlin, Hambourg. Il faudrait bien sûr doter une administration dédiée à cette délégation.

Pour améliorer concrètement la condition des animaux à Paris, je propose aussi d’autres vœux. Qu’un parc parisien soit aménagé de manière expérimentale pour l’accueil des animaux liminaires : lapins, moineaux, pigeons, ramiers, écureuils, hérissons. C’est important de penser à un parc expérimental, parce que vous savez que, dans nos parcs, même si l’on a des animaux liminaires, tout est pensé avec la centralité de l’homme et de la femme, et de leur capacité à se promener. Penser, à un moment donné, à un parc expérimental avec, d’abord et avant tout, une organisation de l’espace et des habitats naturels pour préserver la biodiversité et ces animaux liminaires, nécessite de repenser, avec les éthologues, les urbanistes et les paysagistes, l’ensemble de l’organisation des parcs.

Je propose, de nouveau, que la pêche soit interdite sur le territoire parisien. Je reviens avec ce sujet et déplore qu’il soit totalement absent du rapport de la commission en ville. Quand il y a un sujet qui ne fait pas l’unanimité, même quand on est en désaccord, c’est bien de le citer. Je pense que c’est une question de respect démocratique des débats. Vous savez qu’il est interdit de manger les poissons de la Seine et de l’Ourcq pour des raisons de santé publique. C’est donc aussi interdit de les vendre. Or, des ventes sauvages continuent à avoir lieu à Paris. Plus la précarité et la misère vont augmenter, plus cela va avoir lieu. Il ne faut plus pêcher le poisson. Pour ceux qui sont attachés à la pêche de loisir, je dirais : écoutez, si vous croyez que les poissons ne souffrent pas… Arrêtez de considérer les poissons comme un jeu. Ce n’est pas un loisir.

Je propose, pour finir, que les fermes de Paris deviennent des refuges pour animaux abandonnés ou maltraités, avec une sensibilisation aux enjeux de la protection animale, et de soutenir les alternatives aux logiques d’élevage intensif productiviste non respectueux du bien-être animal, et que la Ville renonce aux fermes mobiles.

Je propose que la Ville assume financièrement l’entretien des animaux âgés qu’elle a employés.

Pour finir, j’ai une question à poser à Mme VIEU-CHARIER. L’association “Paris Animaux Zoopolis” a joué un rôle extrêmement important dans tout le débat que nous avons eu sur la mémoire des animaux de la Première Guerre mondiale. Il me paraîtrait impensable qu’ils ne soient pas associés au groupe de travail autour de cette (?). Je voudrais savoir ce qu’il en est.

Je vous remercie.

 

Mes vœux rattachés défendus : 

 

  1. Vœu relatif à une délégation à la condition animale, 
  2. Vœu relatif aux cirques avec animaux sauvages
  3. Vœu relatif aux fermes de Paris
  4. Vœu relatif à l’interdiction de la pêche,
  5. Vœu relatif à l’aménagement d’un parc parisien pour l’accueil des animaux liminaires
  6. Vœu relatif à la contribution financière de la Ville de Paris aux frais d’entretien des animaux adoptés par des associations et auparavant employés par la municipalité