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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur la piétonnisation des voies sur berge

Mes chers collègues, la pollution tue. Nous devons donc prendre nos responsabilités et défendre l’intérêt général. Ce qui s’impose donc, c’est bien la piétonnisation des voies sur berges. C’est l’inverse qui est assassin.

Près de 2.500 personnes meurent chaque année à Paris. Cela veut dire 60 fois plus que les morts des accidents de la route. Cela fait 6 à 7 décès par jour. L’absence de pollution ferait gagner deux ans d’espérance de vie aux Parisiennes et aux Parisiens. Cette pollution touche les publics vulnérables, les bébés, les enfants, les personnes âgées et les milieux défavorisés qui cumulent des conditions de vie plus dégradées.

Alors, oui, même si ce sera la galère pour certains, nous devons assumer et piétonniser la voie Georges Pompidou, cette autoroute urbaine de 3,3 kilomètres. Moins il y a de voies rapides, moins il y a de voitures, moins il y a de pollution. La baisse du trafic routier sur la capitale a permis déjà, entre 2002 et 2012, de réduire de 30 % les émissions d’oxyde d’azote. Nous devons donc poursuivre.

Maintenant soyons clairs : évidemment que la fermeture des voies sur berges ne va pas suffire, évidemment qu’il faut continuer à dissuader l’usage de la voiture individuelle. Cela nécessite aussi de penser l’enjeu de la fabrication même des véhicules, mais surtout repenser l’aménagement du territoire afin de réduire les distances domicile/travail subies. C’est la raison principale qui fait que 23 % des ouvriers utilisent leur voiture quand il ne s’agit que 12 % des cadres en région Ile-de-France.

L’augmentation du passe Navigo imposée par Mme PÉCRESSE, en accord avec le Gouvernement, est une aberration. Alors qu’il faudrait, au contraire, tendre vers plus de gratuité. Le plan réaménagement des lignes de bus sur Paris, hélas, est prévu à moyens constants. Et que dire de la galère dans les trajets en RER ? Les conditions ne cessent de se dégrader du fait des coupes budgétaires et notamment de la maintenance qui est sacrifiée.

Quelle décision prend notre Gouvernement de mettre au contraire en concurrence et de privatiser de fait des T.E.R., de développer des cars Macron, sans parler du scandale des autoroutes ? Les logiques libérales, d’où qu’elles viennent, sont anti-écologiques.

Sachez par ailleurs que l’égoïsme des riches pollue. Quand l’usage de la voiture chez les ouvriers est contraint par le travail et par la distance domicile/travail du fait de la spéculation immobilière des centres villes, il n’en est pas de même pour la population du 16e arrondissement où 19 % de la population très aisée utilisent les déplacements en voiture quand ce pourcentage n’est que de 10  % sur la capitale.

Il n’est pas étonnant d’entendre les échos de discours irresponsables des rangs des Républicains. Combien de morts faudra-t-il attendre pour réviser votre logiciel de pensée pro-voitures ?

J’espère également que la libération de la Seine ne se traduira pas par une nouvelle emprise des intérêts privés des grandes enseignes. Oui, même s’il reste tant à faire, je voterai pour cette délibération.

Mes chers collègues, la santé avant tout !