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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur les subventions aux associations pour l’orientation scolaire

Mes chers collègues, je vous rassure tout de suite, je voterai cette délibération qui propose d’allouer une subvention de 35.000 euros à une association qui, même si son titre s’intitule “Association pour le dialogue et l’orientation scolaire”, en fin de compte son objet est différent. Son objet, c’est offrir aux jeunes du quartier de la Goutte-d’Or un accompagnement dans leur scolarité, ainsi qu’un cadre des activités destinées à développer leur autonomie et leur sens des responsabilités.

On y découvre dans l’exposé des motifs, et pour ceux qui connaissent bien cette association, qu’elle travaille à la fois à l’accueil individualisé, l’accompagnement scolaire, les sorties culturelles, les camps de vacances, les chantiers de jeunes, les ateliers hebdomadaires sportifs, culturels, de loisirs, des animations sur le quartier, sur l’espace public. Toutes ces choses et en plus c’est une association qui s’implique vraiment dans une démarche d’éducation populaire et qui vise à associer les jeunes de 14 à 17 ans, notamment dans la co-élaboration du programme d’activité.

Donc on est vraiment sur une association de quartier ancrée dans une démarche d’implication citoyenne.

Si je me suis inscrite à cette délibération, c’est que dans son objet il y a quand même une confusion, dans l’intitulé “Association pour le dialogue et l’orientation scolaire” et je souhaiterais solliciter l’Exécutif municipal pour qu’il puisse ultérieurement, à un autre Conseil, nous éclairer sur le nombre de subventions et, de fait pas celle-ci, qui sont allouées à des associations pour des activités cette fois-ci totalement étroitement liées à l’information scolaire et professionnelle.

Pourquoi ? Parce que, comme vous le savez, le Département de Paris a pris l’initiative de ne plus assumer la responsabilité des dépenses de fonctionnement des C.I.O. départementaux, estimant qu’ils devaient être transférés à l’Etat et que cette décision du Département de Paris était soi-disant forcément accompagnée d’une volonté déterminée de défendre l’implantation des C.I.O. vis-à-vis du Gouvernement, et la négociation entre le Département de Paris et le Gouvernement, par l’intermédiaire du Rectorat, a été si efficace, excusez-moi du peu, qu’en cette rentrée scolaire, nous avons cinq centres d’information et d’orientation en moins. Le C.I.O. du Centre ? Fermé. Le C.I.O. du 18e ? Fermé. Le C.I.O. du 6e et du 14e ? Fermé. Le C.I.O. du 11e et du 12e ? Fermé. Le C.I.O. du 7e et 15e ? Fermé.

Voilà le brillant résultat de la bataille et du rapport de force mis en place par le Département de Paris après qu’il se soit lavé les mains en ayant transféré les C.I.O. départementaux à l’Etat.

Vous comprenez que dans ces circonstances il ne serait pas acceptable que l’on continue, que l’on augmente, à subventionner des associations qui, elles, feraient la mission de service public, alors que les membres, malgré toute la bonne volonté qu’ils pourraient avoir, n’en auraient pas le métier.

Or, d’ores et déjà, des associations sont financées par le Département pour faire ce métier. C’est un peu comme si la réforme du collège menait à la suppression de l’enseignement du latin dans un certain nombre de collèges et que l’on subventionnait des associations pour transmettre l’enseignement du latin.

Cela a beau être des associations loi de 1901, nous ne sommes pas d’accord pour que des missions de service public essentielles, qui doivent être assurées par le service public de l’Education nationale, soient discrètement transférées au mouvement associatif, qui lui, peut contribuer à accompagner, à compléter, mais pas à se substituer du mouvement associatif.

J’ai été alertée par l’intitulé et rassurée par l’exposé des motifs, mais il me semble que la problématique que je soulève mériterait qu’à un prochain Conseil, on puisse avoir une information plus précise.

Combien d’associations et pour quels montants on finance l’orientation scolaire et professionnelle au sens pur du terme.

Je vous remercie.