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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur la fixation des montants de loyers plafonds du dispositif MULTILOC

Rapidement, parce que j’approuve les propos qui viennent d’être dits par ma collègue. L’objectif est bien évidemment louable : remettre des logements vacants dans le circuit. Par contre, la méthode, je ne peux y adhérer.

Evidemment, je comprends la difficulté. Vous êtes en exercice à la Ville de Paris et pas au Gouvernement. Cette délibération révèle d’autant plus les failles d’une politique gouvernementale, parce que d’un point de vue gouvernemental, quels leviers devrions-nous avoir ?

D’abord, nous devrions avoir une bien plus forte pénalisation des logements vacants, avec un levier beaucoup plus effectif des maires dans la réquisition des logements vides. Parce qu’il n’est pas acceptable que des spéculateurs immobiliers organisent la rareté pour justement continuer à faire exploser la bulle spéculative du logement.

Deuxième levier, par rapport à la problématique des couches moyennes, voire élevées du salariat, qui peuvent avoir des difficultés pour rester dans les cœurs des grandes métropoles comme Paris, c’est l’encadrement à la baisse des loyers qui devrait faire obligation.

Notre objectif, et l’objectif des politiques publiques, devrait être de permettre de revenir à la valeur d’usage du logement, et abolir cette logique de la rente digne d’une autre époque, antérieure même à la grande Révolution française. Il faudrait abolir ces privilèges de la rente spéculative sur le logement. Voilà la grande rupture qui devrait être opérée.

Ces grandes ruptures, il est évident qu’elles n’ont pas eu lieu malgré des avancées qui ont pu être faites par la ministre Mme DUFLOT à l’époque, qui n’est pas allée jusqu’au bout de l’encadrement à la baisse des loyers, mais d’un encadrement incitatif des loyers, mais qui ne provoque pas de réelle baisse, notamment pour les couches les plus basses du salariat, puisqu’on baisse les loyers les plus élevés, bien, mais qui restent du coup des loyers assez élevés ne correspondant pas à la volonté d’inverser le peuplement des grandes métropoles et de faire revenir les couches populaires et les couches basses et moyennes des classes moyennes.

Résultat, on se retrouve avec une méthode qui nous laisse tellement d’insatisfaction que pour ma part, je ne la trouve pas satisfaisante.

On se retrouve à aider les propriétaires qui ne mettaient pas leurs logements dans le circuit, qui participaient de cette logique, et on leur donne des aides pour faire des travaux, pour enfin respecter le principe que votre logement doit répondre à l’intérêt général et doit être loué.

On va aider des gens qui ont généralement quand même pas mal de moyens. Certes, si la proportion de propriétaires parisiens à faible revenu existe, elle est extrêmement minoritaire. On va donc aider des riches, leur permettre un effet d’aubaine pour pouvoir remettre leurs logements dans le circuit.

Je trouve cela totalement hallucinant que notre argent public serve à cela. Tout cela pour finalement des loyers qui sont certes encadrés, plafonnés pour qu’ils soient un peu en-deçà du prix du marché, mais qui restent au-dessus de la valeur d’usage.

Notre politique devrait prioritairement, quand on voit surtout la crise du mal-logement et le nombre de familles qui soit se retrouvent à la rue, soit sont dans des situations de mal-logement… J’imagine que comme moi, vous avez toutes les permanences qui sont sollicitées par cette problématique n°1 du mal-logement sur la capitale, avec des enfants qui vivent ou survivent dans des conditions catastrophiques, notre priorité, ce doit être l’accès au logement social, et ensuite l’accès au logement public. Mais priorité à l’accès au logement social, qu’il n’y ait plus une seule personne en situation de non-logement et de mal-logement. Priorité à cela avant de faire des cadeaux aux propriétaires pour des couches moyennes plus du salariat qui doivent, elles, trouver d’autres solutions dans l’accès au logement.

Je vous remercie.