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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur la filialisation de la propriété de 59 structures d’hébergement collectif de Paris Habitat

La DLH 90 entérine la filialisation de la propriété de 59 structures d’hébergement collectif de Paris Habitat.

La propriété de ces lieux, CHRS, pensions de famille, foyers, est donc transférée à une société anonyme d’HLM, filiale de Paris Habitat, l’Habitation confortable S.A.

De quoi s’agit-il ? Il s’agit en fait d’une privatisation et d’une marchandisation en marche du service public du logement. On commence, mes chers collègues, à mettre en filiale, mais on nous dit, ne vous faites pas de souci, cela reste propriété 99 % de Paris Habitat, tout va bien.

On a pu constater ce que cela a donné pour E.D.F. S.A., G.D.F S.A, France Telecom S.A., Orange, ce mouvement de marchandisation des offices publics de H.L.M des sociétés d’économie mixte, de la Caisse des Dépôts, S.N.I, de S.A de HLM, est encouragé depuis les gouvernements SARKOZY, poursuivi par les gouvernements HOLLANDE.

On encourage à la création des filiales pour tout : accession à la propriété, foyer, logement intermédiaire, bref, devenez des opérateurs immobiliers. La privatisation finale en sera plus facile et le gâteau sera croqué par les opérateurs du marché.

Concernant l’argument avancé d’une soi-disant meilleure compétence d’une filiale privée pour gérer ces propriétés, franchement, merci. Merci pour le personnel de Paris Habitat. En quoi c’est un inconvénient de créer une direction spécialisée au sein de Paris Habitat avec les agents de Paris Habitat ? Pourquoi avoir besoin de créer cette filiale ?

Il est convenu que l’ensemble des services support serait assuré néanmoins par Paris Habitat. Prenons différents cas de figure. Imaginons que l’association gestionnaire d’une pension de famille veuille faire des travaux. Elle s’adresse à l’Habitation confortable S.A., mais qui elle-même doit s’adresser au service concerné de Paris Habitat. J’aime autant vous dire que l’on n’est pas près de réparer l’ascenseur. Cette convention risque fort d’être moins pérenne que la propriété transférée à l’Habitation confortable S.A. Bientôt, ce seront des privés qui feront tout. Le risque est grand de payer par ailleurs deux fois la même prestation au vu de l’absence de clarté dans la répartition des tâches.

Cette situation va aussi provoquer une inégalité de traitement entre les salariés de Paris Habitat et les salariés de la filiale, car ce ne seront pas les mêmes avantages et les mêmes types de contrat. Il y a un véritable problème à vouloir spécialiser financièrement tout en gardant le support de Paris Habitat. La mise en place d’un service spécialisé au sein de Paris Habitat aurait dû être amplement suffisante.

Enfin, on peut fortement critiquer l’effet rétroactif de cette délibération. Une fois de plus, on nous fait voter sur quelque chose qui a d’ores et déjà été tranché. Le conseil d’administration de Paris Habitat s’est déjà prononcé avant l’autorisation donnée par la maire de Paris, avant le débat au sein de cette assemblée. A quoi servons-nous, mes chers collègues ? Est-ce acceptable ? C’est un fait accompli apparemment couvert par les partisans de la privatisation des services publics au sein même de cet Exécutif, et je le déplore grandement.

Et donc je voterai contre cette délibération et j’invite mes collègues à voter également contre cette délibération.