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"À Paris, place au peuple !"

Intervention en faveur de la création d’une coopérative SCIC de coursiers à vélo pour lutter contre l’uberisation

Mon vœu en faveur de la création d’une coopérative SCIC de coursiers à vélo. Co-écrit avec les coursiers, il a été adopté :

 

Mon intervention :

Mes chers collègues, je suis très fière et très enthousiaste de vous présenter ce vœu.

Comme vous le savez, l’”uberisation” de notre société fait rage et notamment s’attaque prioritairement aux grandes villes et aux capitales. Dans le domaine de la livraison à vélo ayant pour objet la mise en relation de restaurateurs et clients pour la livraison de repas, un certain nombre de plateformes se développent : Foodora, Take Eat Easy, Deliveroo, Tok Tok Tok, Stuart.

La réalité sociale derrière tout cela, c’est un véritable esclavage. Les plateformes n’embauchent pas les livreurs à vélo, ils sont sommés de se mettre en statut d’autoentrepreneur, statut soi-disant “indépendant”. En fait, ils sont dans une subordination totale avec les plateformes, qu’il s’agisse des horaires de la zone de travail contraints, du port d’une tenue particulière, de la fixation des tarifs qui d’ailleurs baissent généralement une fois qu’il y a suffisamment de livreurs.

Finalement, selon tous ces indices, ils sont en capacité de pouvoir exiger devant les Prud’hommes la requalification de leur statut en salariés. Ils mènent en même temps une bataille pour avoir d’autres statuts sociaux. Leur projet est de pouvoir se développer en coopérative. Une forme de coopérative toute particulière permettrait l’implication de la Ville dans ce beau projet, c’est la S.C.I.C.

Puisque la Ville est très engagée à la fois en faveur de l’innovation sociale et le soutien à l’économie sociale et solidaire, puisque la Ville est engagée en faveur du vélo, y compris de la pratique du vélo dans le cadre professionnel mais que cela se fasse dans le respect de ceux qui travaillent, dans l’intérêt général, puisque la Ville est également pour soutenir la diversité des petits restaurateurs, je propose à travers ce vœu, qui a été rédigé avec notamment un collectif de livreurs à vélo dont je salue la présence d’un de ses représentants qui assiste à nos travaux, que la Ville puisse étudier et engager une réflexion qui associe des livreurs à vélo et les représentants des différents collectifs qui se constituent en vue d’envisager un modèle économique, social et coopératif innovant ; et notamment dans ce cadre, que l’on étudie la possibilité de créer une société coopérative d’intérêt collectif à laquelle la Ville s’associerait en tant que collectivité.

Je vous remercie.

Mes réponses à l’exécutif :

Mme Danielle SIMONNET. – Oui, cette histoire est totalement scandaleuse. On voit vraiment des patrons voyous sans aucun scrupule. Et puis, comme l’a dit mon collègue, c’est donc suite à un accident du travail de l’un de leurs collègues qui, actuellement, est toujours hospitalisé à Cochin, que la grève des travailleurs sans papiers s’est déclenchée, non seulement pour exiger que l’accident de travail – puisqu’il s’agit d’un accident de travail – soit bien déclaré et pris en charge par l’employeur et que cette situation de surexploitation de travailleurs sans droits cesse, c’est-à-dire que ces travailleurs doivent être déclarés avec des contrats de travail, avec des feuilles de paye. Ils doivent avoir toutes leurs feuilles de paye et pouvoir, avec ces feuilles de paye, se battre pour exiger la régularisation de leur situation administrative.

Mais je rajouterai que, dans cette affaire, il y a aussi le groupe COVEA qui est le maître d’œuvre du chantier, qui se comporte d’une manière totalement scandaleuse puisque COVEA, maître d’œuvre du chantier, a assigné en justice les ouvriers qui tiennent un piquet de grève pour demander leur expulsion. Le groupe COVEA a même exigé qu’aucun soutien, y compris les syndicalistes, ne puisse accéder aux ouvriers grévistes. Dans quel monde vivons-nous et dans quel siècle sommes-nous ?

A travers ce vœu, comme le vœu présenté par le groupe Communiste – Front de Gauche, je demande qu’à la fois la Maire de Paris interpelle le Ministère du Travail, le Ministère de l’Intérieur et la Préfecture pour la régularisation de la situation administrative des travailleurs du 46, avenue de Breteuil, et que la Mairie de Paris engage une médiation dans le conflit de l’avenue de Breteuil avec l’ensemble des protagonistes et œuvre à ce que la grève soit reconnue et que les demandes d’expulsion du piquet de grève soient abandonnées, que les accidents du travail qui ont eu lieu soient reconnus et indemnisés comme tels, et que les revendications des grévistes soient prises en compte, comme la reconnaissance et l’édition du contrat de travail et des feuilles de paye pour l’ensemble des travailleurs concernés.

Comme, en plus, sur ce lieu, je pense qu’il y a du logement et qu’il doit bien y avoir aussi une part de logement social dans ce chantier…

Mme Danielle SIMONNET. – Il me semble que la Ville a tous les arguments dans la main pour pouvoir peser de tout son poids.

Je vous en remercie.