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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur le déclassement du domaine public et de la nouvelle gestion du site des “Frigos”

Que veut-on faire de ce lieu ? C’est vraiment la grande question que l’on pourrait se poser. Qu’est-ce qu’on veut faire de ce lieu de façon pérenne ? On sait bien qu’il n’y a pas une surface à Paris qui ne soit pas l’objet d’intéressements pour des logiques spéculatives, ne soyons pas des grands naïfs. Tout mètre carré à Paris est regardé de très près par toutes celles et ceux qui seraient intéressés pour faire de la spéculation immobilière.

Quand on a des lieux comme cela où il y a une telle richesse d’activité culturelle, artistique… En plus, disons-le, à part dans son quartier, il y a une histoire, une âme dans les Frigos, même si je ne suis pas de cet arrondissement.

Pourquoi prendre le risque – à moins que ce ne soit l’objectif – de faire en sorte que le cadre juridique, celui de baux commerciaux puisse permettre finalement des reventes ultérieures possibles, pour que la surface rentre dans une logique purement spéculative avec tout le danger sur la non-pérennité soit des activités, soit du type de profil, qui est aujourd’hui implanté et développé.

Vraiment, je suis en total désaccord avec ce choix qui a été fait et qui montre a minima une absence totale d’innovation sociale. Mon collègue précédemment parlait de S.C.I.C., dont on a parlé tout à l’heure justement pour les livreurs à vélo. Le statut de coopérative particulière, dans lequel la collectivité peut rentrer, peut être une piste intéressante qui permet de faire en sorte qu’un projet comme celui-ci échappe aux logiques de la spéculation immobilière et qu’il puisse y avoir une vraie implication, association de ces acteurs.

De plus, je trouve que cela repose, comme chaque fois, la logique de la

S.E.M.A.-EST. A un moment donné, cette logique est toujours de remettre dans le domaine privé les baux qu’elle peut quelque part “préempter”, même si ce n’est pas le terme précis d’un point de vue juridique. Je ne suis pas d’accord avec cette logique et je trouve que cela porte atteinte à la pérennité de l’âme de ce lieu, du statut de ce lieu, je voterai contre cette délibération.

Je vous remercie.