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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur la création du Fonds de dotation Mécénat

 

Décidément, vous n’en finirez pas de me surprendre. La réalité de votre libéralisme dépasse mes propres projections !

 

Dans cette délibération, vous nommez “financements innovants”, le retour à la Rome antique, à Caius Cilnius Mæcenas, au mécénat des princesses médiévales ou à son âge d’or avec la renaissance italienne et Laurent de Médicis.

 

“A votre bon coeur les riches ! “ On en appelle à votre générosité pour financer nos politiques publiques ! Quelle modernité !

 

Et c’est une belle aubaine, les sommes seront déduites de vos impôts ! Car au vu des dispositions fiscales, le mécénat n’est pas si désintéressé que cela.

La loi Aillagon de 2003 permet 60 % de déductibilité fiscale des dons effectués pour le mécénat d’entreprise, voire de 90 % dans le cas d’une aide à l’acquisition d’un trésor national. La loi Tepa a augmenté la déductibilité de l’.I.S.F. des dons. Les entreprises mécènes peuvent bénéficier, en outre, de contreparties valorisées à hauteur de 25 % de la valeur des dons. J’attends avec impatience de savoir ce que pourront être les contreparties parisiennes.

 

Regardez donc l’absurdité de la logique : Vous encouragez le développement du mécénat pour financer nos politiques publiques. Forcément vu les baisses des dotations de l’état imposées, il manque des sous ! Mais en retour, l’argent qui sera accordé par les mécènes, amoureux de Paris, riches particulier et grosses entreprises, fera l’objet d’une défiscalisation qui contribuera à appauvrir l’Etat.

 

Par effet ricochet, il faudra donc recourir plus encore au mécénat, car l’Etat appauvri justifiera de nouvelles baisses. Mais quelle logique !

 

Et le comble, c’est que vous assumez que vous allez “placer” ces ressources du mécénat. Mais à quel niveau de risque raisonnable ? Quelle va donc être la logique de placement financier ? C’est une logique libérale sans fin…

 

C’est par l’impôt, l’impôt progressif sur les revenus, l’ensemble des revenus, l’impôt sur le patrimoine, l’impôt qui devrait taxer plus le capital que le travail, l’impôt sur la rente, que nous devons financer nos politiques publiques qui relèvent de l’intérêt général social et écologique ! L’impôt, c’est une des bases de la République.

 

Je vous fais cadeau mes cher-e-s collègues de cette citation de Robespierre “En matière de contributions publiques, est-il un principe plus évidemment puisé dans la nature des choses et dans l’éternelle justice, que celui qui impose aux citoyens l’obligation de contribuer aux dépenses publiques, progressivement, selon l’étendue de leur fortune, c’est-à-dire, selon les avantages qu’ils retirent de la société ?”

 

Je souhaite profiter de mon propos pour vous demander ce qu’il en est de ces assises de la fiscalité locale que vous deviez organiser ? Et je vous le redis. Collègues socialistes, vous gouvernez, encore, quasiment à tous les étages. Alors qu’attendez-vous pour mettre en place une grande réforme fiscale ?

 

A ne pas revendiquer une révolution fiscale, et à accepter l’austérité, voilà donc Paris, capitale de la République réduite à quémander des riches leur bienveillante contribution !

 

Alors non, Madame la Maire ne nommez pas cela en plus “innovation” !

 

Ceux qui innovent, ce sont les grecs de Syriza. Ils ont refusé le mémorandum de la troïka. ils refusent le chantage à la dette par lequel on veut leur imposer le transfert aux intérêts privés de tout ce qui relève de l’intérêt général. Ils entendent au contraire engager la Grèce dans une réforme fiscale en profondeur pour remettre en cause les vantages fiscaux, s’attaquer à l’évasion fiscale, taxer les riches et le capital pour financer leurs politiques publiques en réponse aux besoins sociaux et aux impératifs écologiques. cela s’appelle tout simplement la redistribution des richesses.

 

Madame Hidalgo, ne courrez pas derrière les recettes libérales. Inspirez vous de Tsipras plus que de Hollande. Exigez que les richesses cumulées par la rente soient enfin réellement taxés. Comme vous avez su par exemple exiger l’augmentation sur la taxe de séjour ou l’instauration de la taxe sur les résidences secondaires.

 

Et surtout, refusez enfin réellement les baisses des dotations de l’état plutôt que d’en appeler à la charité des riches.

 

Car à ne pas résister, on se résigne à se soumettre.

 

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