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"À Paris, place au peuple !"

Intervention contre la privatisation d’une partie de la Parisienne de la Photographie

 

 

Mme Danielle SIMONNET. – Ecoutez, la “Parisienne de photographie”, c’est un fonds que tout le monde connaît. Tout le monde connaît cette photo historique de Jaurès, par exemple. Tout le monde l’a en mémoire. C’est ce fonds historique d’une grande importance patrimoniale qui est enjeu. Comme le disait Raphaëlle PRIMET – le groupe Communiste – Front de Gauche est déjà intervenu à plusieurs reprises ; le groupe Ecologiste, également sur ce dossier – on en arrive à un point triste de la bataille sur ce sujet.

On parlait tout à l’heure de Brel. Vous connaissez la chanson “Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?” On pourrait la refaire : “Pourquoi ont-ils vendu Jaurès ?” Certes, il y a des difficultés financières de la “Parisienne de photographie”, mais elles découlent d’une volonté absurde, je pense, qui est de vouloir à tout prix autofinancer la numérisation et la conservation d’un fonds photographique exceptionnel. Si l’on peut entendre qu’une partie de ces tâches puissent être financées par le paiement des droits sur les photographies, notamment par la presse, l’édition, il faut admettre de financer autrement que par la privatisation. C’est un enjeu culturel important. Là, ce n’est pas le choix pris. La décision est de déléguer au privé une partie de l’activité de la “Parisienne de photographie” : l’exploitation, la diffusion, la valorisation du fonds Roger-Viollet.

Cela pose un problème, car le cœur du métier doit être de produire des photos, de les numériser, de les mettre en valeur – un fonds qui appartient au patrimoine de la Ville de Paris – et non pas de faire du “cash” à tout prix pour financer les activités de numérisation. La photographie patrimoniale est un enjeu culturel d’intérêt général et non pas simplement la reproduction numérique de photos à vendre au plus offrant.

Je soutiendrai bien évidemment les vœux du groupe Communiste – Front de Gauche, qui sont liés au reclassement des salariés. Je suis un peu surprise, d’ailleurs, par les vœux de l’Exécutif qui restent assez flous à ce sujet, mais sans doute l’Exécutif précisera les raisons.

Je voterai contre cette délibération. La décision que vous prenez est un crève-cœur culturel.