Pages Navigation Menu

"À Paris, place au peuple !"

Intervention contre les JO, sur la délibération “opération de célébration de la journée Olympique”

 

 

Mme Danielle SIMONNET. – Moi, je la trouve amusante, en fait, cette délibération. C’est vrai, c’est quand même un aveu d’échec. Il n’y a pas d’adhésion, il faut absolument alimenter, entretenir. Ah, si seulement il pouvait y avoir un jour ou l’autre une adhésion aux Jeux olympiques… Mais non, il n’y a pas d’adhésion et il n’y aura pas d’adhésion et, en plus, plus on va s’approcher de la date, plus le niveau de conscience de l’aberration de ces Jeux pharaoniques sera l’objet, du coup, d’un rejet de plus en plus important. Je pense que la journée du 17 sera intéressante. Allez vous promener sur les différents blocages qu’il y aura et demandez-leur : “Que pensez-vous des Jeux olympiques ?” Vous verrez leurs réponses. A mon avis, ce sera terrible.

Pourquoi ? Partout où l’on demande aux citoyens et aux citoyennes de s’exprimer sur les Jeux olympiques, à Calgary au Canada le non aux J.O. l’a emporté largement et cela fait suite à Budapest, Rome, Boston, Hambourg. Parce que personne ne veut gaspiller de l’argent public pour des Jeux olympiques pharaoniques antisociaux et anti-écologiques.

Vraiment, Paris est la dernière ville à avoir refusé de demander, finalement, l’avis aux citoyennes et aux citoyens. Et d’ailleurs, elle est restée la dernière ville en course et elle les a donc eus faute de concurrents.

Mais vous voulez faire une journée qui entretient l’adhésion. Regardez ce qui se passe. Vous nous aviez promis, dans l’un de vos engagements, que le fait de candidater et d’avoir les Jeux olympiques allait être le levier qui allait dynamiser l’ensemble de la politique du sport. Que se passe-t-il depuis ? Depuis, suppression des contrats aidés, avec ce qu’il en coûte pour bon nombre d’associations, de petits clubs, d’avoir tout d’un coup les seuls emplois qu’ils étaient en capacité d’avoir, supprimés. Attaque sans précédent de mise à mort du Ministre des Sports.

Je peux vous dire que cela va avoir des conséquences catastrophiques sur l’ensemble des territoires, l’ensemble des départements en termes de déconstruction, de déprofessionnalisation et de mainmise du sport dans les intérêts privés, comme si ce secteur avait besoin d’une plus forte marchandisation qui était déjà bien entamée. Mais le sport, l’éducation, le mouvement d’éducation populaire sportive, c’est sa dernière mise à mort, à travers cela.

On pourrait aussi développer sur les équipements, parce que, néanmoins, les interventions de midi sur le Charles-de-Gaulle Express montrent bien que la priorité des grandes infrastructures est en fonction des Jeux olympiques : relier les aéroports et les sites olympiques, et absolument pas d’améliorer les dessertes quartiers-quartiers, banlieues-banlieues, et de correspondre aux distances domicile-travail et des infrastructures qui y répondent.

Donc, évidemment, puisqu’il s’agit d’une délibération où l’on verse 500.000 euros du C.O.J.O. en direction de la Ville pour financer ses animations, sachant qu’une partie de l’argent de la Ville avait servi à financer le C.O.J.O., et qu’une autre partie, c’est aussi l’argent de l’Etat, on finit par s’y perdre dans ces circuits. On n’est pas sur une délibération pour ou contre les Jeux olympiques. Par principe, je n’adopterai pas ces délibérations parce que l’on fait une espèce de bourrage de crâne pro-J.O. à travers ces événements à chaque fois. Si vous étiez bien plus attachés au débat démocratique, on devrait permettre aussi des débats contradictoires lors de ces manifestations, débats contradictoires pour ou contre les J.O., débats contradictoires pour ou contre la pratique du sport populaire. Voilà.

Sans surprise, je ne suis pas du tout d’accord, ni plus aujourd’hui qu’hier, avec l’organisation de ces Jeux olympiques et paralympiques, en sachant que le paralympique est rarement mis en valeur. On ne peut pas dire que l’accessibilité, hélas, fasse de grands progrès malgré l’organisation de ces J.O.

Je vous remercie.