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"À Paris, place au peuple !"

Intervention contre le financement des crèches confessionnelles et pour le soutien à la Fasti

Mme Danielle SIMONNET. – Sans surprises, je voterai contre cette délibération. Je me retrouve totalement dans l’intervention de M. Jean-Noël AQUA et je suis en désaccord avec l’intervention de M. Pascal JULIEN qui, par ailleurs, selon moi, mélange tout.

On a affaire à une délibération qui avait été rejetée parce que cette structure confessionnelle posait encore plus de problèmes que les autres crèches confessionnelles pour lesquelles, déjà, je vote contre. La délibération revient par la fenêtre et, excusez-moi, mais je ne vois pas trop ce qui a changé. Mais je pense que l’Exécutif va nous trouver plein de bonnes justifications.

On est face à une structure clairement confessionnelle qui ne respecte pas la laïcité. Lorsque nous finançons ces crèches… Evidemment, elles prétendent, dans le cadre de conventionnements, participer aux commissions, mais, objectivement, il reste combien de places pour la commission pour pouvoir y affecter des enfants ? Généralement, vous savez très bien, comme moi, que ces structures extrêmement communautaristes ont déjà pourvu l’ensemble de leurs places avec celles et ceux qui ont le choix – c’est leur droit le plus strict – de mettre leurs enfants dans des structures confessionnelles communautaristes. Mais ce n’est pas à l’argent public de le faire.

Je le répète une fois de plus : les crèches confessionnelles sont totalement légales en France. Il ne s’agit pas de remettre en cause leur légalité. Mais quand des familles veulent mettre leur enfant dans des structures confessionnelles, à ce moment-là, cela relève de leur choix, de leur droit, de leur devoir de l’autofinancer.

Ce n’est pas à l’argent public de financer des structures qui relèvent des intérêts particuliers et non pas de l’intérêt général. Nous devons être des républicains. Notre argent public, l’argent de l’ensemble des contribuables de la Ville de Paris, doit financer des structures, soit publiques, soit associatives, qui respectent l’intérêt général, c’est-à-dire qui respectent le fait que toutes et tous, quelles que soient nos orientations religieuses, spirituelles, que l’on soit croyant ou pas, quelque confession que ce soit, on puisse se retrouver et mettre nos enfants dans ces structures-là.

Or, je regrette, mais je ne pense pas que tout le monde soit d’accord pour mettre ses enfants dans une structure à ce point-là communautaire et religieuse. En tous les cas, je sais qu’il y a énormément de citoyens et de citoyennes qui ne sont pas d’accord, parce que cela va à l’encontre du principe de laïcité qui régit notre vivre ensemble. Bien.

Argent public à service public. En quoi cela n’a strictement rien à voir avec la F.A.S.T.I. pour laquelle, par ailleurs, je trouve scandaleux que, sous prétexte d’une attaque de la L.I.C.R.A. et d’un élu d’arrondissement, tout d’un coup, l’Exécutif se soit permis de retirer la délibération qui a été votée en…

 

La présidence de séance tente de me couper la parole, alors que je souhaite également contre argumenter face à l’élu écologiste qui défend les crèches confessionnelles au nom de la “tolérance” et estime ce débat lié au soutien à la Fasti contesté par d’autres élus….

 

Mme Danielle SIMONNET. – Dites donc, vous n’avez rien dit pour M. Pascal JULIEN qui s’est permis de faire un long développement, donc je lui réponds et je respecte mon temps de parole.

La F.A.S.T.I. respecte la laïcité, je regrette. Quand la F.A.S.T.I. organise des activités d’accompagnement au niveau des femmes, notamment vis-à-vis des femmes enceintes, elle fait un super-travail. Quand elle fait les permanences d’accès aux droits, quand elle fait tout un tas de travaux pour l’égalité des droits français étrangers, elle le fait dans un respect complet de la laïcité.

Elle n’est pas en train de faire quelque chose de confessionnel pour quelque religion que ce soit. Après, en tant qu’association, comme toute association, elle a sa liberté, son autonomie au niveau de ses points de vue et de son orientation “politique”, au sens “vie de la cité”.

Que l’on soit d’accord ou pas avec ce que peut exprimer la F.A.S.T.I., si l’on est d’accord avec les actions concrètes qu’elle fait, il n’y a aucun problème à partir du moment où elle respecte, en plus, les principes républicains et la laïcité. Sauf que le procès qui lui est fait, c’est que, soi-disant, elle irait à l’encontre de la République, notamment sur son attitude vis-à-vis des attentats.

Je me suis préoccupée des bulletins de la F.A.S.T.I. au lendemain des attentats du 15 janvier, au lendemain des attentats du 13 novembre, et leurs éditos sont clairs et sans aucune ambiguïté. Il y a une condamnation très claire des attentats terroristes. Après, il peut y avoir d’autres points de vue politiques qui sont abordés. Ils ont exprimé, par exemple, un désaccord avec la manifestation du 11 janvier, mais en quoi cela justifierait de leur retirer des subventions pour leurs activités.

Ils sont contre l’état d’urgence, je suis d’accord avec eux, mais c’est leur droit le plus strict. On est dans le cadre du respect de la liberté d’association loi 1901.

Ne confondons pas la liberté d’association loi 1901 et les associations cultuelles. Je sais bien que c’est dans l’air du temps de la “macronisation” des esprits, et que d’ailleurs le Président MACRON est en train de remettre en cause la laïcité…