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"À Paris, place au peuple !"

Faire peuple uni

Dimanche dernier, place de la République à Paris comme dans de très nombreuses villes en France, nous sommes retrouvé.es pour partager notre émotion, notre indignation et colère après l’assassinat du professeur d’Histoire à Conflans Sainte-Honorine. Ce crime monstrueux commis par un terroriste islamiste s’est attaqué à l’école de la République, pilier de notre triptyque Liberté, Egalité,Fraternité.  Tout notre soutien aux proches de Samuel Paty, ses élèves, ses collègues. Ce mercredi devant la mairie du 20e, j’étais également à l’hommage rendu par Eric Pliez, maire du 20e et à la minute de silence avec les agent.es de la mairie d’arrondissement et des habitant.es.

La sidération devant le crime horrible de Conflans commis par un terroriste islamiste ne doit pas nous faire perdre la raison républicaine. L’objectif des terroristes est de nous terroriser et de nous diviser. Notre réponse doit être au contraire de faire bloc, de démontrer l’unité du peuple, son attachement à la Liberté, à l’Égalité et à la Fraternité. 

Mais au lieu de préserver cette unité que l’on doit aux proches de la victime comme à l’ensemble des enseignant.es, différentes voix ont préféré polémiquer de façon abjecte et ont accusé notamment la France Insoumise, de complicité avec les terroristes islamistes, sous le vocable d’islamo gauchiste, du fait de sa participation à la manifestation du 10 novembre 2019. Manuel Valls, Xavier Bertrand, Bernard Cazeneuve puis le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer et ce matin encore Marlène Schiappa s’en sont donné à coeur joie, semblant plus déterminés à lutter contre Jean Luc Mélenchon que contre les terroristes, allant jusqu’à l’insulter de collabo dans l’hémicycle. Cette même insulte odieuse a été taguée ce week-end sur la façade du siège du Parti communiste. Toute ma solidarité avec les militant.es communistes, parti dont la participation courageuse et décisive à la Résistance doit être rappelée. Les mensonges au sommet de l’Etat libèrent la haine de certain.es. Ainsi, la violence inouïe dont nous sommes la cible est un terrible cadeau fait tant à l’extrême droite qu’aux islamistes dont les intérêts convergent.

De quoi nous accuse-t-on ? D’avoir participé à la manifestation du 10 novembre 2019. C’est pour faire bloc, pour démontrer cette même unité du peuple que nous avions manifesté ce 10 novembre 2019 en réaction à un autre attentat terroriste de l’extrême droite contre la mosquée à Bayonne. Nous y étions et nous l’assumons, comme d’autres responsables politiques, André Chassaigne du PCF, Benoît Hamon de Générations ou encore d’autres membres d’EELV, comme y appelaient d’ailleurs la CGT, la FSU, Solidaires, des associations antiracistes et de défense des droits de l’homme comme la LDH, le MRAP et d’autres. Oui, nous avons marché le 10 novembre pour exprimer toute notre fraternité avec nos concitoyen.ne.s de confession musulmane réelle ou supposée, pour dénoncer le racisme anti musulman.e.s et condamner l’acte terroriste qui aurait pu tuer, attentatoire à la liberté de culte, droit indissociable de la liberté de conscience, inscrit dans la loi de 1905 de séparation des églises et de l’État, instituant la laïcité comme principe organisationnel de notre communauté politique. Ni le Président de la République, ni même un ministre n’avait daigné se déplacer devant la mosquée à Bayonne pour exprimer la solidarité de la Nation. 

Si des organisations et groupuscules prônant l’islam politique étaient également présents à cette manifestation, l’écrasante majorité des dizaines de milliers de manifestants ce 10 novembre n’en étaient aucunement solidaires. Ils ont dénoncé la stigmatisation et la haine envers les musulmans et la marche s’est terminée au chant de la Marseillaise.  Ne laissons jamais aux groupuscules obscurantistes le rôle de défenseur d’une communauté religieuse quelle qu’elle soit.  

Nombre d’entre nous avaient auparavant manifesté le 28 mars 2018, après la mort de Mireille Knoll à l’initiative du CRIF alors que s’y trouvaient également des groupuscules d’extrême droite tels que la LDJ, interdit dans de nombreux pays car considérée comme organisation terroriste, ainsi que le RN en la personnalité de Marine Le Pen, qui ont, à cette occasion déversé leur haine, menaçant y compris physiquement les manifestants insoumis. Nombre d’entre nous ont également marché le 15 janvier 2015, malgré la présence de certains dictateurs, prônant l’islam politique, ou finançant directement ou indirectement des organisations terroristes. 

La lutte contre l’islam politique est indissociable de la lutte contre tous les obscurantismes, contre toutes les formes de racisme et d’antisémitisme. Nous n’accepterons pas que cette lutte soit instrumentalisée pour attiser la stigmatisation d’une partie de nos concitoyens du fait de leur appartenance religieuse réelle ou supposée. Parce que c’est précisément un des objectifs poursuivis par l’islam politique : enclencher une guerre de tous contre tous, attiser les tensions sur un terrain communautariste et gagner de nouveaux adeptes sur le terreau des humilations infligées. Nous mettons en garde les pseudos donneur.euse.s de leçons, l’antiracisme ne doit jamais être à géométrie variable, la laïcité non plus. N’acceptons pas non plus qu’un parti politique comme LREM exploite ce terrible attentat de façon politicarde, pour à coups de diffamations haineuses et grossières discréditer leur première opposition.

Alors que l’enquête avance sur le rôle de l’islamiste Abdelhakim Sefrioui, comment se fait-il qu’au gouvernement ils feignent d’ignorer ses liaisons avec la fachospère de Dieudonné, et des membres du RN comme Frédéric Chatillon et Axel Loustan ? Comment un ministre de l’Education nationale comme Blanquer peut se prétendre deux secondes crédible dans la défense de la laïcité, lui qui, par le passé, a fait limoger le recteur de l’académie de Lyon pour s’être opposé à la création d’une école privée hors contrat liée à Al Qaïda ? Et plus récemment à soutenu la création d’écoles privées confessionnelles hors contrat derrière le dispositif « Espoirs banlieue » ? Et que dire de tous leurs silences, sur le financement de Daech par Lafarge ou l’expulsion récente de réfugié.e.s Kurdes vers la Turquie du fasciste intégriste d’Erdogan ? 

Nous sommes en Etat de droit. Les terroristes ne doivent pas marquer un point de plus. Ils cherchent à déstabiliser la République, ne les laissons pas faire. Nous disposons d’un arsenal législatif pour lutter contre le terrorisme. Les moyens humains alloués au service de renseignement doivent être augmentés car l’affaire de Conflans démontre que les alertes auraient dû occasionner la protection de l’enseignant et que de fait l’Etat a été défaillant. La sévérité contre les terroristes est une évidence. Mais elle doit se réaliser dans l’Etat de droit, sans chasse aux sorcières ou croisade nous perdant dans de terribles amalgames et en sortant de l’Etat de droit. 

Mais comme le décrit cet article de Télérama avec un humour qui fait du bien dans ce contexte sordide, le concours Lépine des idées les plus fachos semble lancé, jusqu’à l’idée de renvoyer au bagne pour délit d’opinion tout un paquet de citoyen.ne.s, et bien sûr, pour sauver la liberté d’expression…. Du Ministre de l’intérieur qui s’en prend sans peur du ridicule aux rayons hallal et casher dans les supermarchés, aux pseudos journalistes qui pensent pouvoir affirmer que les musulmans étaient absents de la place de la République comme si l’appartenance religieuse se voyait au faciès, jusqu’au Ministre de l’éducation nationale fustigeant l’Unef et la France Insoumise, responsables de l’”islamo gauchisme” qui ferait des ravages à l’université, au point d’être désavoué par la Conférence des Présidents d’Université. 

Quelle terrible “semaine noire”, comme l’a écrit Jean-Luc Mélenchon, pour la démocratie, pour la République, où le pouvoir politique et le pouvoir médiatique se sont totalement alignés sur le terrain des idées nauséabondes de l’extrême droite, à la très grande satisfaction des terroristes. Honte à eux. 

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