Pages Navigation Menu

"À Paris, place au peuple !"

Fable au Conseil de Paris : stop à l’hypocrisie sur le financement des bailleurs sociaux

On va commencer par la fable racontée par la DLH 58. Donc, quelle est la fable de la DLH 58 ? Elle est la suivante : les bailleurs sociaux Paris Habitat, RIVP, Elogie-Siemp, dans lesquels la Ville est majoritaire, sont confrontés à des difficultés liées à la crise sociale liée au Covid, puisqu’ils ont dû, ces bailleurs, mener tout un tas d’actions d’accompagnement des locataires en situation de fragilité. Il y a aussi les exonérations de loyers jusqu’à 6 mois pour les locaux d’activité, l’accompagnement des ménages en situation d’impayés de loyers, d’autres accompagnements individuels de différentes natures. On ne nous dit pas quelle est la somme que tout cela a coûtée, mais donc, cela a pesé sur les finances des bailleurs, qui, je l’accorde, sont aussi contraints par les mesures gouvernementales sur les A.P.L. Et donc, du coup, on est face à une situation de danger où les bailleurs risquent de reporter à plus tard l’ensemble de leurs travaux. D’où la Ville qui vient à la rescousse des bailleurs avec un plan de soutien de 50 millions d’euros, enfin, 48 millions d’euros, d’ici fin 2022. Bon.

Mais quelle est maintenant vraiment la réalité de la situation ? D’abord, à chaque fois que l’on nous parle de réhabilitation, ne perdons pas de vue que les bailleurs ont l’obligation, en tant que bailleur, d’entretenir leur patrimoine. Franchement, il y aurait un véritable audit à faire au moins depuis 2001. Au moins depuis 2001, quel a été le bilan de l’entretien par ces trois bailleurs de l’ensemble de leur patrimoine ? Parce que nous savons, et le sujet est précédemment sur le quartier Plaine, que bon nombre d’habitats sociaux n’ont pas fait l’objet d’un entretien sérieux de la part des bailleurs. C’est le premier problème. On ne serait pas dans la même situation, même si l’on aurait tout de même à faire des travaux de réhabilitation thermique qui doivent à chaque fois prendre en compte à la fois l’hiver et l’été. Je trouve que, pour l’instant, on est surtout sur des plans de réhabilitation sur les problématiques thermiques d’hiver et pas assez sur l’été. Mais on n’aurait pas les mêmes travaux en profondeur à faire si les bailleurs avaient entretenu.

Mais surtout, qu’a fait la Ville ? Souvenez-vous, on est sous la présidence de François HOLLANDE. La politique d’austérité continue et la Ville n’exige plus, de la part de l’Etat, le remboursement de la dette de l’Etat due à la collectivité parisienne, du fait du transfert de charges non accompagnées de moyens. Et, à ce moment-là, la Ville change de braquet. Au lieu d’être dans une résistance contre ces politiques d’austérité, comme elle l’était sous la présidence SARKOZY, elle accepte, elle abandonne, elle efface la dette et elle essaie de négocier. Et que négocie-t-elle avec le Gouvernement HOLLANDE comme petite marge de respiration vu que l’austérité continue, c’est-à-dire la baisse des dotations de l’Etat ? Elle négocie qu’elle puisse encaisser des loyers capitalisés, à hauteur quand même de 1,148 milliard d’euros. Et donc, elle prélève en fait sur les recettes des bailleurs pour faire un jeu d’écritures sur les recettes en fonctionnement de la Ville de Paris pour desserrer l’étau. Moyennant quoi, là, dans un tour de passe-passe, elle va prélever sur ses capacités d’investissement, ce qui est quand même plus facile pour la Ville, sa capacité d’endettement, du coup, et renflouer les bailleurs en faisant croire à cette fable : en leur donnant les moyens pour l’investissement.

Excusez-moi, mais je trouve que, quand même, on se moque du monde à travers cela. Parce que si l’on n’avait pas ponctionné les loyers capitalisés, les bailleurs seraient dans une autre situation. Un, de non-report de leurs travaux. Deux, surtout, ils pourraient mettre d’autres mesures – mais on en parlera tout à l’heure – concernant l’ensemble des familles qui se retrouvent en situation d’impayé de loyer. J’aimerais bien, d’ailleurs, que la Ville nous donne les chiffres. C’est important que les Conseillers de Paris connaissent les chiffres du nombre de familles en impayé de loyer. On me dit : il y en aurait plus de 20.000 à Paris Habitat. C’est vrai ou ce n’est pas vrai ? Combien y en a-t-il à la RIVP ? Combien y en a-t-il à Elogie-Siemp ? Quelle est la situation de la crise sociale que subissent les familles ? Parce que, pour l’instant, ce que j’entends comme réponse, c’est simplement un étalement des dettes.

Mais quand vous avez des familles qui n’ont plus aucun revenu, quand elles vont retrouver un revenu, cela va être quoi ? Cela va être au mieux un SMIC. Vous croyez quoi ? Comment vont-elles pouvoir payer leurs arriérés de loyers ? Et l’on en reparlera puisqu’il y a une autre délibération où, cocorico, on dit : 48 millions d’euros sur le F.S.L. Moi, je calcule. Si l’on est à 50.000 familles, cela va être même pas 700 euros. Combien de mois de loyer vous avez avec 700 euros en termes d’exonération ? Que dalle. Donc, on est dans une situation de crise sociale terrible, à laquelle nous ne répondons pas par les mesures qui sont avancées. Oui, il faut engager ces travaux. Mais pourquoi se retrouve-t-on dans cette fable sur cette délibération ? Parce que le bras de fer contre le Gouvernement à partir de la présidence HOLLANDE n’a pas été mené, alors que Paris devait le mener. Parce que s’il y a bien une collectivité qui est en capacité de le faire non seulement pour elle-même mais pour l’ensemble des collectivités de France, c’est la capitale.