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"À Paris, place au peuple !"

Conseil scientifique parisien : Hidalgo reprend mes propositions avec 6 mois de retard…

Merci, Madame la Maire.

Ecoutez, on reparlera des kiosques parce que je ne pense pas qu’ils soient si magnifiques esthétiquement, et ils posent plein de problèmes. D’un point de vue fonctionnel, ils sont déjà dans un sale état.

Madame la Maire, j’en arrive à ma question d’actualité qui est relative à la création du conseil scientifique parisien. Madame la Maire, nous avons appris par les médias votre volonté de créer un conseil scientifique citoyen et économique, non pas pour se substituer à l’Etat, mais pour faciliter une adaptation plus territoriale des consignes sanitaires. Et je m’en réjouis et je voudrais vous féliciter de cette initiative. J’avais d’ailleurs fait cette proposition dès avril 2020. C’était la première des 75 propositions élaborées dans le cadre de “Décidons Paris” pour une planification sanitaire et sociale dans la lutte contre la pandémie, et je l’avais d’ailleurs défendue dès le premier Conseil de Paris post-confinement.

Je souhaiterais avoir communication de pas mal d’informations suivantes. Quelle sera, d’abord, la composition ? Quelle implication, notamment d’experts pluridisciplinaires ? J’imagine de l’INSERM, du C.N.R.S., de l’Institut Pasteur, évidemment de l’A.R.S., bien sûr de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, mais aussi des représentants des EHPAD, d’Airparif, de représentants syndicaux, associatifs. Je pense qu’il faut bien avoir conscience qu’il n’y a pas de vérités scientifiques, mais il faut pouvoir croiser les connaissances et les hypothèses du moment dans une approche pluridisciplinaire et s’assurer de l’indépendance des experts de tout lobby pharmaceutique ou autres, parce qu’on l’a vu, le problème est posé dans le cadre du Conseil scientifique national mis en place par le Président MACRON.

Quel sera ensuite son domaine de compétences ? Parce qu’il me semble notamment pertinent d’y inclure une réflexion en plus de l’enjeu posé par la crise sanitaire actuelle, qui peut durer, comme vous l’avez dit précédemment encore au moins une année, et qui, d’ailleurs, peut aussi revenir sous d’autres formes de virus, mais son croisement avec la problématique de santé environnementale, de l’impact de la pollution sur la diffusion du ou des virus.

Autre question : quelle implication citoyenne ? Il est en effet souhaitable qu’une telle institution soit un outil permettant l’organisation en y apportant un avis éclairé d’experts, de scientifiques, de vrais débats publics sur les politiques publiques appliquées en réponse à la crise sanitaire et à leur planification. Il serait également souhaitable que ce Conseil puisse effectuer des points réguliers dans les séances du Conseil de Paris afin d’éclairer nos débats et de formuler des propositions. Et d’ailleurs, si, dès avril, nous avions constitué une telle structure, nous aurions pu bien mieux anticiper nombre de problèmes. Je ne pourrai pas tous les exposer.

Je parlerai, par exemple, que l’on aurait pu mieux anticiper les problématiques de rentrée scolaire, quand on découvre que 40 % des “clusters” sont en milieu scolaire universitaire. Face à l’embouteillage des tests et leur attente si longue pour les résultats en laboratoire, même si nous pouvons saluer le dispositif mis en place par la Ville pour tenter de mettre en place des caravanes de tests, notamment dans les quartiers les plus populaires, comme cela a été dit précédemment, parce que les populations les plus précaires sont les plus vulnérables, prenons conscience que pour désengorger la problématique des laboratoires et ne pas dépendre des laboratoires privés, nous aurions bien mieux fait, pendant les mandatures précédentes, de ne pas liquider nos propres laboratoires d’analyses. Et je m’arrêterai là car j’ai dépassé mon temps, il me semble important de prendre conscience que la Ville doit reprendre sa compétence justement en matière de laboratoire d’analyse médicale.

Je vous remercie.

Mme Danielle SIMONNET.- Est-ce qu’il faut entendre et comprendre un rétropédalage par rapport aux annonces faites dans la presse puisque, dans la presse, on entendait bien qu’il s’agissait d’un conseil, donc d’une instance ? Par contre, je vous suis tout à fait sur le fait que, dans ce conseil, il ne doit pas y avoir simplement des scientifiques et des chercheurs, mais aussi des représentants professionnels dans leur diversité, des syndicalistes, des associatifs, des usagers. D’ailleurs, à ce propos, nous avons tous fait le constat, pendant le grand pic de la crise du printemps dernier, que la situation des EHPAD était extrêmement problématique et qu’il y avait souvent une difficulté pour avoir accès à l’ensemble des informations et des regards. Il faudra bien penser aussi à mettre en place une instance démocratique avec les usagers des EHPAD publics et privés, et notamment aussi avec les familles de celles et ceux qui bénéficient des accompagnements de personnel à domicile, parce que là, on est aussi face à un public vulnérable, un besoin aussi de pilotage, d’anticipation et de planification que, pour l’instant, je ne vois pas, parce que, sur les EHPAD parisiens, je n’ai pas le sentiment qu’il y ait eu plus d’effectif. Mais je m’égare.

Donc, je terminerai sur : est-ce que c’est un rétropédalage ou pas ? Ce que je trouverais dommage. Marseille s’est engagée et je trouve cela plutôt une bonne chose.

En tous les cas, sur la démarche en permanence, oui. Mais il va falloir aussi qu’elle puisse déboucher sur des interpellations très concrètes. Vous dites, depuis le début de ce Conseil, que vous serez au conseil de surveillance vendredi prochain. Est-ce que vous allez taper du poing sur la table sur la crise absolue qu’il y a à l’hôpital public, et notamment à l’AP-HP, avec, y compris l’ensemble des problèmes liés au personnel et à l’absence des mesures du Gouvernement pour y répondre ?