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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur la gratuité des prêts CD et DVD dans les bibliothèques

Mon intervention sur cette délibération qui ne réserve la gratuité des prêts de CD et DVD qu’aux jeunes mineurs et aux minimas, intervient juste après celle d’une conseillère de Paris de droite qui de fait s’oppose au principe de gratuité pour toutes et tous des biens que l’on considère comme devant être communs…

 

Il y a un vrai désaccord avec l’intervention précédente. La gratuité d’un bien commun n’est pas justifiée par la valeur que l’on accorde à ce bien. Evidemment que l’on accorde beaucoup de valeur à la culture et qu’il y a une valeur, y compris qu’il y a un coût. Néanmoins, on estime que c’est un bien commun qui doit sortir de la logique marchande et qui doit être accessible à toutes et à tous.

Sur un autre sujet, quand on propose et qu’on défend – et je défends – la gratuité de l’eau, l’eau a un coût avant d’arriver dans votre robinet. Pour autant, je suis pour la gratuité des premiers mètres cubes d’eau pour toutes et tous, mais je suis pour un financement de cette gratuité en distinguant les usages.

De la même manière, quand on estime qu’il faut la gratuité de la culture, qu’il s’agisse de l’accès à nos musées et pas simplement aux collections permanentes, quand je suis favorable à la gratuité de l’ensemble des emprunts dans les bibliothèques, cela ne veut pas dire que le livre, par exemple, n’a aucune valeur. Un livre a beaucoup de valeur. D’ailleurs, un livre n’a pas plus ou moins de valeur qu’un CD ou qu’un DVD. Je n’ai pas à faire de hiérarchie dans la culture entre une création à travers un ouvrage écrit, papier, ou bien un ouvrage musical ou un ouvrage de cinématographie.

Donc, nous voulons la gratuité pour les trois parce que nous souhaitons que la culture soit accessible à toutes et à tous. Ensuite, c’est par l’impôt redistributif que nous organisons financièrement cette participation de toutes et tous à l’accès de toutes et tous à ces biens communs que sont la culture.

C’est pourquoi je ne suis pas pour limiter la gratuité aux mineurs et aux minima sociaux. Maintenant, je voterai pour cette délibération parce que c’est déjà une avancée et que c’est un acquis. Néanmoins, je voudrais vous rappeler qu’il y a une mobilisation à la fois unanime de l’intersyndicale, une mobilisation des usagers en faveur de cette gratuité de l’ensemble des CD et DVD et pas uniquement pour une catégorie d’usagers.

Peut-être une prochaine fois nous continuerons la bataille. Grâce à l’expérimentation qui sera, j’espère, très positive de cette gratuité pour les mineurs et les minima sociaux, j’espère que nous arriverons par la suite à vous convaincre de l’étendre à l’ensemble des publics.

Je vous remercie.