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"À Paris, place au peuple !"

Vœu en faveur d’un réel suivi adapté pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance pour les jeunes mineurs isolés

 

Un mineur isolé, âgé de 17 ans, pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance de Paris, s’est donné la mort, le 14 février 2018. Il a été retrouvé noyé dans la Seine à Paris. Ce jeune avait été victime de tortures dans son pays d’origine et avait fui le Pakistan à l’âge de 15 ans. Il résidait en France depuis un an sous la responsabilité de l’aide sociale à l’enfance de Paris. Il bénéficiait depuis peu de la protection subsidiaire accordée par l’O.F.P.R.A.

Depuis cinq mois, il était pourtant logé seul à l’hôtel, sans encadrement adéquat et en grande détresse psychique. Il avait déjà été pris en charges à deux reprises en hôpital psychiatrique, avant que l’Aide sociale à l’enfance ne décide de le mettre à l’hôtel, faute de place adaptée en foyer.

Quelques mois après son placement à l’hôtel, il avait été sauvé d’une première tentative de suicide dans la Seine et pris en charge, pour la troisième fois, en hôpital psychiatrique. Mais à sa sortie, il a de nouveau été relogé à l’hôtel, seul face à son traumatisme.

Mes chers collègues, la seule responsable légale de ce mineur non accompagné, c’est l’Aide sociale à l’enfant qui l’a maintenu à l’hôtel, dans un environnement manifestement inadapté pour assurer sa protection et malgré les risques avérés de suicide…

 

Mme Danielle SIMONNET. – Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, nous devons être tout à fait conscients de la difficulté à laquelle nous sommes confrontés au nombre croissant de mineurs isolés étrangers.

Je tiens à signaler que nous ne pouvons que comprendre la grande souffrance au travail aussi des personnels de l’Aide sociale à l’enfance car ils sont en effectif totalement insuffisant pour assurer leur mission.

La situation est extrêmement grave. Ce drame ne doit pas se reproduire. Une enquête est en cours. Je souhaite, à travers ce vœu, que le Conseil de Paris s’engage à augmenter fortement les places en foyer afin de mettre fin au recours à l’hôtel pour l’hébergement des mineurs isolés, les hôtels étant une solution inadaptée pour des jeunes victimes de traumatisme et ayant besoin d’un réel accompagnement.

Que la Ville s’engage à augmenter les moyens alloués à la mise à l’abri des mineurs isolés et à l’accompagnement médical et psychologique des jeunes mineurs, à respecter les préconisations du Défenseur des droits quant à la présomption de minorité des jeunes, à maintenir l’hébergement des mineurs isolés à l’abri jusqu’à l’obtention d’une décision judiciaire définitive prononçant leur majorité.

Je vous remercie.