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"À Paris, place au peuple !"

Vœu en faveur de la mise à l’abri des exilés de la Villette et contre le projet de loi Asile et immigration.

Mes chers collègues, la situation des migrants à la Villette comme ailleurs est la conséquence d’un manque d’anticipation de l’Etat suite à la fermeture du centre de la Chapelle. C’est le symptôme récurrent de l’échec de la politique européenne d’accueil des exilés.

Mes chers collègues, pensons à ces Soudanais exilés qui ont été expulsés par la France. Ces “Dublinés” qui ont été depuis torturés au Soudan. La grande majorité des personnes présentes dans le campement de la Villette comme ailleurs sont “dublinées”, c’est-à-dire qu’elles ont laissé leurs empreintes dans un autre pays membre de l’Union européenne avant d’arriver en France. Elles risquent par conséquent d’être reconduites dans ce pays.

Le Gouvernement, au lieu de travailler un dispositif prenant en compte l’urgence humanitaire et le respect des droits fondamentaux des exilés en proposant des mises à l’abri, il envisage l’évacuation du campement renvoyant la balle à la Mairie de Paris censée, selon lui, demander une décision de justice d’évacuation.

C’est juste une honte. C’est juste une indignité pour la République. Ce projet de loi sur l’immigration, qui va maintenant passer au Sénat, oui ce texte est un texte dangereux qui consacre un très net recul pour les droits des personnes étrangères en France.

Mes chers collègues, que prévoit ce texte ? Ce texte prévoit la réduction à six mois les délais de la demande d’asile en réduisant à 15 jours au lieu d’un mois les délais de recours ; le doublement de la durée de rétention jusqu’à 145 jours au lieu de 45 actuellement ; la facilitation des reconduites à la frontière pour les déboutés et les “Dublinés”.

Alors non, ce qu’il faut à tout prix, c’est que notre Conseil de Paris s’engage clairement pour exiger une mise à l’abri des exilés présents dans le campement de la porte de la Villette comme ailleurs. Qu’il exige de l’Etat français qui n’applique plus les Accords de Dublin, que les exilés de la Villette comme d’ailleurs puissent voir leur demande d’asile étudiée en France même s’ils ont laissé leurs empreintes dans un autre pays, que des moyens soient débloqués immédiatement pour créer les places nécessaires de mise à l’abri pour l’ensemble des exilés, parce que nous sommes face à une urgence humanitaire.

Je vous remercie.