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"À Paris, place au peuple !"

Vœu de soutien à la péniche Demoiselle

 

4 minutes qui ne seront pas à la gloire du mécénat ni de votre bon cœur, messieurs les riches, pour financer nos politiques culturelles comme vous pouvez vous en douter.

Dans cette communication sur la culture, certains mots mis bout à bout sont parfois agréables à l’oreille. Je cite : “rendre chaque Parisien acteur de la culture plutôt que consommateur de produits culturels” belle opposition à MACRON qui vante, lui, son “chèque culture”.

L’objectif de notre politique culturelle devrait être de concourir à l’émancipation. S’émanciper, c’est s’extraire de tout déterminisme. Pour y contribuer, nous devons permettre les rencontres, les échanges, avec toutes les formes de langage au sens large, culturelles et artistiques.

Diversifier les publics qui fréquentent les lieux culturels, banaliser la culture dans tous les lieux de vie, et encourager une diversité de pratique du plus jeune âge jusqu’à celui de nos anciens, quelles que soient les situations, les origines, les situations de handicap essentielles. Accompagner les créations en soutenant les lieux et les créateurs. Décloisonner et surtout mettre en débat toute réception culturelle comme programmation culturelle.

Dans les faits, qu’en est-il ? Nos échanges d’ores et déjà resteront dans le flou, car nous ne disposons pas de bleu budgétaire culture, cela en dit long.

Depuis le début de cette mandature, il n’y a pas de PIM Culture. Fini la planification des investissements. Avons-nous pour autant rattrapé le retard de la Capitale en la matière ? Non, loin de là.

Les moyens alloués à la culture sont concentrés sur quelques gros établissements, et les travaux du patrimoine concentrés sur les églises aux dépens des petites structures. Ainsi en 2016, trois établissements, le théâtre de la Ville, le théâtre du Châtelet et le Centquatre concentraient à eux seuls près de 15 % des subventions d’équipements culturels pour un montant de 100 millions d’euros par an.

Ce déséquilibre aux dépens des structures indépendantes associatives culturelles témoigne d’une absence de réelle volonté de contribution à l’appropriation sociale de la culture par toutes et tous.

Les recours à des fonds privés se multiplient : explosion du recours au mécénat, à tous les prétextes pour financer les expositions, des rénovations d’établissements culturels, et cela continue à s’étendre avec l’idée nouvelle dans cette communication d’un fonds parisien de production pour le spectacle vivant pour regrouper fonds publics et privés.

Le financement de la culture par le privé est avant tout pour les grands mécènes un moyen de contourner l’impôt en s’achetant à peu de frais une image de généreux donateurs.

Résultat : la Ville cède aux diktats du marché de l’art. Après le faux cadeau du Jeff KOONS qui, je le répète, n’a rien à faire dans, devant, le musée d’Art moderne, la Maire et l’Etat déroulent le tapis rouge aux oligarques français de PINAULT à ARNAULT multipliant les fondations payées par nos impôts.

Le soutien aux artistes ne bénéficie qu’à trop peu face à la violence de la spéculation immobilière et l’austérité s’attaque à la culture. Quand le Gouvernement veut sacrifier “le Tarmac”, combien de lieux alternatifs avez-vous laissé s’éteindre quand vous n’êtes pas directement responsables, comme c’est le cas de “la péniche Demoiselle”, et on pourrait citer bien d’autres exemples ?

L’austérité s’incruste ici en maintenant les professeurs de la Ville de Paris en statut précaire, là en privatisant le nettoyage des bibliothèques ou en augmentant discrètement mais sûrement les tarifs des expositions des musées, loin des ambitions de gratuité des mandatures précédentes.

Le pire signe de votre mépris en faveur de la diversification des publics, c’est la fin du financement au dispositif cascade porté par l’association “Sémaphore”.

Les personnes en situation de handicap ne sont même pas citées dans cette communication. Fini les belles ambitions des mandatures précédentes en la matière.

Hélas, je terminerai en disant que je crains que MACRON ne soit pas le seul à faire des citoyens des clients pour des produits culturels choisis par l’oligarchie et en même temps – parce que avec MACRON et toute la “macronie” on a toujours droit au “en même temps” – à sacraliser la culture dominante dans son rôle de domination, balayant ainsi les droits culturels de la déclaration de Fribourg inscrits pourtant dans la loi NOTRe de 2015 garantissant liberté de création et de diversité.

Je vous remercie.

 

Mme Danielle SIMONNET. – En d’autres termes, mon vœu défend exactement la même chose, parce que la péniche Demoiselle, nous y sommes attachés, parce que c’est une péniche culturelle qui, depuis onze ans, fait un travail remarquable. Elle ne fait pas simplement un travail culturel, elle fait aussi un travail d’implication sur le quartier qui permet une appropriation sociale de la culture. C’est vraiment une structure très fortement implantée et il n’y aurait pas de sens de l’envoyer ailleurs, de façon totalement déconnectée, avec justement tous les partenariats tissés depuis longue date.

Je pense que nous devons absolument tout faire pour permettre à la péniche Demoiselle de pouvoir rester. Il y a de l’espace pour pouvoir permettre un nouvel anneau afin que la péniche Demoiselle puisse continuer ses activités sur le bassin de la Villette, le bassin élargi ou le bassin de Pantin.

Surtout, je voudrais vous dire une chose, dans l’appel à projets, parmi les onze projets qui ont été retenus dans le cadre du premier appel à candidatures, sachez que certains projets sont encore totalement fictifs, ils n’ont même pas encore acquis leur propre péniche pour pouvoir se réaliser. Ce serait quand même fort de café que cette péniche qui, depuis onze ans, fait un travail remarquable, qui n’a jamais essuyé la moindre critique négative, ne puisse être défendue. J’espère que ces deux vœux seront votés l’unanimité de ce Conseil.

Je vous remercie.