Pages Navigation Menu

"À Paris, place au peuple !"

Pour sortir les musées de la dépendance du mécénat

 

Je serai très rapide.

D’abord, évidemment, je me joins aux collègues pour saluer et féliciter tout le travail qui a été fait au niveau de Paris Musées, qui permet aujourd’hui d’avoir cette augmentation du nombre de visiteurs, ce qui atteste d’une programmation culturelle, notamment au niveau des expositions, qui, je pense, a fortement contribué à “déringardiser” l’image que des musées de la Ville de Paris pouvaient avoir à une autre époque . Il faut le reconnaître. Il y a tout un travail de modernisation et de popularisation de la richesse qu’il peut y avoir dans l’ensemble des musées parisiens. Il est important de saluer le travail des agents qui a été fait en la matière.

Maintenant, ce qui me pose un vrai problème dans cette délibération, dans l’argumentation de la délibération, c’est que l’on se vante de contribuer à une logique d’autofinancement de manière progressive. Cet autofinancement serait aujourd’hui de 30 %, donc en forte augmentation par rapport aux années précédentes. Je souhaiterais vous poser des questions pour avoir une précision de votre part.

Dans cette évolution de l’autofinancement, quelle est la part due à une augmentation des prix des entrées des expositions temporaires ? Sur les deux premières mandatures, après 2001, on était dans une logique de la gratuité des collections permanentes pour contribuer, à travers la gratuité, à une certaine appropriation sociale de la culture, à une démocratisation dans l’accès de toutes et tous à la culture, avec également une volonté de renforcer la participation des publics scolaires mais aussi de nombreux publics fréquentant les centres sociaux dans leur accès au musée. L’idée à l’époque était de commencer par les collections permanentes mais, par la suite, d’aller aussi sur les expositions temporaires. Or, finalement, rétropédalage : pour les expositions temporaires, les tarifs augmentent pour contribuer à l’autofinancement de Paris Musées. Cela me semble problématique.

Deuxième chose : quelle est la part due, dans cette démarche d’autofinancement, au mécénat ? Je vous le dis et vous le redis : attention, ne faisons pas dépendre nos politiques publiques du mécénat ! Ce sont en grande partie les contribuables qui paient le mécénat, du fait des avantages fiscaux de la loi AILLAGON totalement inacceptables. En plus, on permet à de grandes entreprises de redorer leur image de marque en se donnant le beau rôle de donateur. Surtout, vous commencez par accepter le logo des partenaires privés sur la petite plaquette d’une présentation d’une exposition temporaire ; ensuite, c’est sur le cartel des œuvres au musée car tel partenaire privé a participé à la rénovation d’une œuvre ; vous finissez par avoir carrément un panneau dans une salle d’exposition. Demain, vous aurez des tampons sur les tableaux. Attention ! Faisons attention jusqu’où cette logique du mécénat va. Evidemment, je caricature mais ne faisons pas dépendre nos politiques culturels du mécénat privé, ou alors que nos parlementaires posent enfin la question de la révolution fiscale pour que les grosses entreprises soient bien plus portées à contribution de l’effort national en faveur de la culture, comme de toute autre politique publique qui relève de l’intérêt général.

Dernière chose, vous insistez sur la poursuite de l’accessibilité. Oui, pensons bien que l’accessibilité des musées n’est pas simplement une problématique de l’accessibilité aux personnes en situation de handicap moteur, mais à l’ensemble des situations de handicap. Je le redis, comme je l’avais dit dans la conclusion de mon intervention sur la communication culture hier : depuis 2014, début de mandature, vous avez abandonné le financement au dispositif C.A.S.C.A.D.E., porté par l’association “Sémaphore” située dans le 20e arrondissement, qui travaillait aussi très fortement dans le 12e et rayonnait bien au-delà. Cette association travaillait sur la question de l’accessibilité de toutes les personnes en situation de perte d’autonomie et en situation de handicap, tout handicap confondu pour faire un travail en direction des structures. Je trouve vraiment inacceptable que vous ayez abandonné ce dispositif.

Sur la question de “Paris Musées”, il y aura une mobilisation, une grève dans les Catacombes. Visiblement, des désaccords et des changements de directeurs se font de manière très brutale et il y a un vécu. Pouvez-vous nous préciser ce qu’il se passe dans ce pilotage des ressources humaines s’agissant de “Paris Musées” car il y a, pour le moins, une forte incompréhension à ce sujet ?

Enfin, je souhaiterais savoir si ce que nous avons entendu s’agissant de la privatisation de l’externalisation du nettoyage des bibliothèques aura aussi lieu concernant les musées. Quelle est la part du nettoyage public et privé s’agissant des musées ?

Ces questions sont aussi extrêmement importantes.

Je vous remercie.