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"À Paris, place au peuple !"

Le nettoyage privatisé de bibliothèques parisiennes !

 

Madame la Maire, nous apprenons que vous avez décidé unilatéralement de privatiser le nettoyage de 17 bibliothèques municipales parisiennes.

Cette décision n’a fait l’objet d’aucun débat ni échange, ni avec le C.H.S.C.T. de la DAC ou les représentants syndicaux, ni avec les directeurs et directrices d’établissement, ni au Conseil de Paris.

Les agents, directeurs et directrices des bibliothèques concernées sont vent debout contre cette décision. Ils seront d’ailleurs en grève demain pour protester.

Dans les bibliothèques dont le nettoyage va être privatisé, les agents alertent sur une baisse assurée de la qualité des prestations rendues. A la bibliothèque Italie, dans le 13e par exemple, les deux postes seraient voués à être assumés par une seule personne avec probablement un roulement de personnes interchangeables et affectées au jour le jour sans stabilité.

Cette décision va à l’encontre des engagements du référentiel “Quali Paris” dont le confort et la propreté sont des critères importants.

Dans certaines bibliothèques parisiennes, le nettoyage est déjà délégué à des entreprises privées. Le résultat est accablant, les employés sont en sous-effectif, précarisés, maltraités et mal équipés. Ils doivent enchaîner des lieux d’intervention le plus vite possible. Les termes du marché ne sont pas respectés, et ce n’est pas la première fois que l’on constate que la sous-traitance est une catastrophe pour les personnes qui travaillent pour les entreprises privées.

Nous avons soutenu, plusieurs élus dans cette Assemblée, les travailleuses et travailleurs de l’entreprise de nettoyage “OMS”, sous-traitance de “Paris Habitat”, qui travaillaient dans des conditions totalement indignes : travail non payé, absence d’équipement. Ceux d'”ONET”, sous-traitance de la S.N.C.F, qui étaient en sous-effectif, mal payés également. Ceux de “VDS”, entreprise sous-traitante de la Direction régionale des Finances publiques de la Ville de Paris, dont les contrats n’étaient pas respectés. Ceux de l’école des beaux-arts, qui portent plainte contre la hiérarchie de leur entreprise “Organet”, pour dénoncer des faits répétés de harcèlement raciste contre de nombreux salariés. Ceux de la bibliothèque François Mitterrand, et combien d’entreprises de la sous-traitance dans des hôtels de luxe, des Fastfood qui exploitaient des sans-papiers pour le ménage, qui traitaient leurs salariés de manière indigne.

La sous-traitance au privé est toujours un prétexte pour instaurer des conditions de travail dégradées, réduire le coût du travail aux dépens des droits des travailleuses et travailleurs du service public. Réduire dans quasiment tous les cas, pourtant cela ne coûte pas moins cher en argent public qu’un service internalisé lorsqu’on est respectueux des droits des agents avec des conditions de travail décentes et qu’on souhaite la qualité du service rendu.

La Ville de Paris, à l’inverse, doit continuer comme elle l’a fait par le passé, à s’engager pour la déprécarisation des agents.

Je veux rappeler le bon travail qui avait été réalisé en 2013 par la Ville de Paris, via la mise en place d’un plan de déprécarisation des agents de nettoyage pour garantir à ces agents des conditions de travail contractuelles dignes, en limitant les temps partiels imposés et avec des horaires de travail acceptables.

 

Mme Danielle SIMONNET. – Comment expliquez-vous ces décisions de sous-traiter à des entreprises privées le nettoyage des bibliothèques, qui vont à contresens des mesures ambitieuses de la Ville pour la déprécarisation des agents de ménage ?

 

Mme Danielle SIMONNET. – Comment expliquer que de telles décisions soient prises sans aucun débat au Conseil de Paris ?

 

Mme Danielle SIMONNET. – Vous êtes donc en train de m’expliquer, Monsieur l’adjoint, que cette grève est totalement inutile, sans propos et que c’est donc une erreur complète d’information de la part des agents s’ils décident de se mettre en grève vendredi pour protester contre l’externalisation du service de nettoyage d’un certain nombre d’établissements.

Si c’est cela votre regard des mobilisations sociales des agents de la Ville, je pense que le dialogue – entre guillemets car je n’aime pas tellement cette expression – ne va pas forcément bien s’améliorer.

J’aurais souhaité, en réponse, qu’au contraire, vous reconnaissiez qu’il existe un vrai malaise dans le choix qui est fait d’externaliser dans certaines bibliothèques là où, au contraire, la Ville devrait accélérer, amplifier un retour en régie directe de l’ensemble du nettoyage des établissements publics.

En effet, justement pour poursuivre le travail de dé-précarisation et pour permettre aux femmes de ménage notamment – parce que majoritairement, ce sont des femmes – de passer à temps plein, il faudrait, au contraire, faire un retour en régie directe du nettoyage partout où il est encore fait par le biais d’une entreprise privée.

En effet, Monsieur l’Adjoint au maire, j’aimerais bien que vous me citiez une seule entreprise privée de sous-traitance du nettoyage qui traite bien ses salariés. Hélas, je n’en connais pas une seule !

Je vous remercie.