Pages Navigation Menu

"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur l’aménagement des rythmes scolaires

Mme Danielle SIMONNET. – Mes chers collègues, quel est le bilan de l’aménagement des rythmes scolaires ? Quel bilan à Paris ? Un vrai bilan avec une évaluation indépendante, qui permet à l’ensemble des acteurs de s’exprimer ? On n’en a toujours pas réellement.

On sait qu’il y a énormément de problèmes qui n’ont jamais été levés, modifiés, les années d’application de la réforme coulant les unes après les autres.

Première chose. La réforme nous avait été annoncée comme devant contribuer à lutter contre l’échec scolaire, parce qu’elle devait contribuer à lutter contre la fatigue et permettre de renforcer les apprentissages et de lutter contre les inégalités scolaires.

En quoi avez-vous pu mesurer réellement qu’il y avait une réduction des inégalités scolaires ? Qu’il y avait eu une amélioration des résultats ? Une diminution de la fatigue ? Je crois que vous ne disposez d’aucunes données fiables permettant d’évaluer cela.

Ensuite, les activités des ateliers dans le cadre de l’A.R.E. devaient encourager et faciliter la pratique aussi à l’extérieur de l’école et la pratique pérennisée dans le temps d’activités, parce que nous estimons d’ailleurs que ce n’est pas simplement lire, écrire, compter, etc., comme dit Mme LANG, mais que nous devons contribuer à la construction de la personne, à son émancipation et que l’ensemble de ces activités contribuent à l’émancipation. Je pense que Mme LANG en conviendra. Cela fait partie du rôle de l’école.

Pour autant, je pense que vous n’avez pas non plus de bilan permettant d’évaluer cela, et d’ailleurs un certain nombre de structures de l’éducation populaire, de centres d’animation, de M.J.C. ont pu constater que puisqu’il y avait les ateliers dans le cadre de l’A.R.E., il y avait eu une chute assez forte d’inscriptions dans les structures, centre d’animation ou M.J.C., parce que justement il y avait concurrence.

Donc, il va falloir avoir un bilan avec les associations, car il y a les associations qui ont pu participer à ces ateliers et par ailleurs aussi percevoir des financements et des accompagnements, et celles qui n’ont pas pu y participer. Autre chose, d’autres collègues ont soulevé le problème des locaux non adaptés.

Oui, nous avons toujours, dans de nombreuses écoles, des problèmes très concrets qui se posent, car les locaux ne sont pas adaptés, car on a toujours un retard dans les travaux des écoles et que, aussi, la vétusté, l’ancienneté et la spécificité des écoles parisiennes ne rendent pas toujours possible leur adaptation. Mais le problème le plus central, c’est toujours la confusion entre les temps. Cette confusion entre les temps et les activités est toujours présente.

Maintenant, le discours du Gouvernement qui vise à dire : “Ecoutez, finalement, à chaque collectivité de choisir de faire comme bon lui semble : 4 jours, 4 jours et demi, 5 jours. Que chacun choisisse l’aménagement de ses rythmes”, est juste une conception qui va renforcer plus encore la territorialisation de l’Education nationale et va d’autant plus renforcer les inégalités républicaines. Et surtout, les annonces que l’on nous promet cette semaine sur l’accompagnement pour les activités périscolaires gratuites, quand on sait que nous sommes à chaque fois sur des budgets contraints, que les collectivités sont asphyxiées.

Dans les faits, il y a de fait eu, dans la mise en place de l’A.R.E., des ruptures d’égalité de territoires. Un certain nombre de collectivités n’arrivent pas à faire face au coût que cela représente. On est bien sur le cœur du problème. Comment est-ce que l’on fait progresser l’école de la République de façon égalitaire sur l’ensemble du territoire ? Là, je regrette, mais nous avons toutes les raisons d’être encore plus inquiets sur les politiques du Gouvernement en la matière.

Je vous remercie.